Pourquoi les Etats-Unis ont-ils levé la suspension imposée aux agrumes en provenance du Maroc ?

Cette fois-ci, c’est la clémentine de Berkane, suspendue d’exportation depuis le 23 décembre 2016, qui a récupéré son passeport  après un audit réalisé par des spécialistes américains, du 16 au 20 octobre 2017, dans la capitale de la clémentine. Détails avec Abdelmoumen Guennouni, Ingénieur agronome.

LesEco: Comment pourriez-vous expliquer le refus des agrumes marocains par les Etats-Unis ?

Abdelmoumen Guennouni: Les États-Unis sont très sensibles aux maladies qui affectent les agrumes, dont la cératite (insecte répandu dans le bassin méditerranéen) est une des causes principales au Maroc. Cela dit, la sélection des produits se fait de manière très pointue. Faut-il le rappeler ? L’exportation aux Etats-Unis des agrumes du terroir marocain n’est pas récente. Et cette opération n’a jamais été autorisée qu’après des études sur plusieurs régions du royaume. Cependant, la découverte – il y a quelques années – de larves de cératites a poussé les Etats-Unis à bloquer les importations des agrumes dont la clémentine de Berkane. Une réaction qui a obligé les agriculteurs comme les experts marocains de la profession à se mobiliser en déployant des mesures très strictes pour pallier cette menace.

Quid de la régularité dans la mise en œuvre des moyens nécessaires pour éviter ce problème dans le futur ?

Il faut avouer que la lutte contre la cératite, ou ce qu’on appelle la « mouche méditerranéenne », n’est pas facile. Certains produits chimiques pour assurer cette lutte ne sont pas toujours autorisés. Il y a également les « limites maximales de résidus » (LMR) dont le taux de concentration dans les agrumes ne doit pas dépasser un seuil bien déterminé afin de ne pas impacter le consommateur.

On recourt donc à un ensemble de méthodes de lutte que l’agriculteur doit combiner pour éradiquer cette maladie des agrumes. À titre d’exemple, nous citons, entre autres méthodes, « la lutte intégrée », dans laquelle il y a les mesures préventives, « la lutte chimique », « la lutte biologique » qui consiste quant à elle à utiliser des insectes qui contrent la cératite.

Par ailleurs, en dépit de ces mécanismes de prévention, la régularité dans le contrôle des produits par les producteurs est cruciale. Car, in fine, les Etats-Unis ne procèdent pas par élimination du lot affecté seulement, mais ce lot tranche sur le sort de tout le reste de l’exportation qui devient inconsommable !

Votre perception sur l’avenir des agrumes marocains dans le circuit des exportations

Les agrumes marocains s’exportent bien. Toutefois, il faut dire que ce n’est pas la première fois que le Maroc voit ses agrumes interdits d’exportation vers les Etats-Unis. Le 23 décembre 2016, le problème a seulement refait surface avant que le pays importateur ne (ré)autorise au Maroc l’exportation de ses produits ; toujours après une opération d’audit. Cela nécessitera le déploiement davantage d’efforts pour éviter que cela ne se reproduise, ce qui pourrait très probablement provoquer une interdiction des exportations durable des agrumes du Maroc vers les Etats-Unis et par conséquent, perdre un grand marché.

Source : http://www.leseco.ma/

 

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