Drosophile suzukii : La lutte insecticide peu efficace

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L’an dernier, le pyrèthre et le spinosad appliqués contre la drosophile en Suisse n’ont pas permis de réduire les attaques de pourriture acide.

Face à l’importance des attaques de la drosophile suzukii l’an dernier, la Suisse a autorisé exceptionnellement l’acetamiprid, la kaolinite, le pyrèthre et le spinosad. Le bilan de ces deux derniers insecticides est mitigé, souligne le chercheur suisse Christian Linder (Agroscope Changins) : “Le spinosad et le pyrèthre ont une bonne efficacité sur la ponte des drosophiles, qu’ils diminuent de 60 à 70 %. Mais leur persistance n’est que de cinq à sept jours et il n’y a pas d’effet spectaculaire sur le taux de pourriture acide. ”

Agroscope a réalisé deux essais avec la kaolinite. L’un a permis de réduire la fréquence et l’intensité des attaques de pourriture grise, mais pas l’autre.

L’expert a tiré deux enseignements de ces résultats de lutte directe :

  • la stratégie curative n’est pas à préconiser, mieux vaut miser sur des mesures préventives. Agroscope conseille d’adapter ses pratiques culturales afin d’augmenter la luminosité et réduire l’humidité au niveau de la grappe (effeuiller pour aérer, piloter les rendements…) ;
  • l’insecte joue certainement un rôle dans l’expression de la pourriture acide, mais ce n’en est peut-être pas la cause première. “Il y a tellement de facteurs qu’il est difficile de placer le curseur des responsabilités “, explique Christian Linder.

L’Agroscope a également testé la chaux, de poudres de roche et de talc, obtenant des résultats contrastés en 2014 avec ces produits. Christian Linder n’exclut pas que “les applications ont pu être trop tardives “. Il souhaite également déterminer l’influence de ces “emplâtres “ sur la maturation des raisins, voire sur les vinifications, la chaux ayant un pouvoir désacidifiant.

Ses équipes devraient également se pencher sur l’étude des filets anti-grêles, des pièges massifs ainsi que des guêpes parasitoïdes, antagonistes naturels aux drosophiles indigènes.

Mais encore faut-il que les conditions du millésime 2015 permettent d’observer les drosophiles et la pourriture acide. C’est une autre incertitude pour Christian Linder : “S’il n’y a pas de grands froids en février, il devrait y avoir un bon taux de survie hivernale de l’insecte. Mais pour le reste du cycle, cela dépendra de l’offre en nectar… Il n’est pas sûr que l’on parle de Drosophila suzukii en 2015 !“

Source : lavigne-mag.fr

 

 

 

 

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