Agrumes : Les producteurs marocains ont pu convaincre la Chine

Un nouveau marché et non des moindres vient de s’ouvrir pour les agrumes marocains. Connu pour ses hautes normes d’exigence, le marché chinois a goûté en fin de 2016, en guise de test, au fruit marocain. Au terme d’un long processus de mise en conformité au protocole d’exportation, des opérateurs de la région de Souss-Massa s’apprêtent cette année à exporter plusieurs variétés des oranges pour l’empire du milieu.

Pour Miloud Echaoui, responsable au sein d’une coopérative nationale installée dans le Souss-Massa et qui était la première à envoyer sa production en Chine, avoue  que leurs clients chinois sont impressionnés par le goût des agrumes marocains mais qu’en contrepartie la barre des exigences est très haute par rapport aux autres clients.

« En tant que producteur et conditionneur, je peux affirmer qu’avec les clients chinois sont moins souples sur certains détails que les russes, les américains ou les européens. Le protocole évoque, par exemple, 8 insectes, dont certains n’existent pas au Maroc et exige que la partie externe comme interne soit parfaite», souligne Echaoui qui demeure convaincu que la qualité de la production marocaine finira par tisser un lien de confiance avec les importateurs chinois. Ce responsable assure que pour la saison 2016-2017, la coopérative a pu exporter 960 tonnes avec 42 conteneurs d’agrumes.

Une réalité que souhaite réaliser Majid Ilaraki, trésorier et président de la commission commerciale d’une grande coopérative de Souss qui déclare « il a fallu toute une série de papiers à livrer et de conditions à remplir, nous espérons commencer l’exportation cette année-là, à partir du mois de novembre. On va dans un premier temps exporter 4.000 à 5.ooo tonne, composés de trois variétés d’orange ». En ce qui concerne les exigences des clients chinois,  Ilaraki déclare que « le cahier de charge contient, les traitements utilisés, les analyses au niveau des fermes et des stations… Une traçabilité sur le fruit de l’amont à l’aval ».

Ces producteurs s’accordent à dire que ces exigences sont moins outrageuse que la concurrence déloyale qui affectent le secteur.

En effet, Nasser Bouchiba, un acteur de médiation et de conseil entre les producteurs marocains et des importateurs chinois, estime qu’il est crucial de protéger les producteurs marocains de la concurrence sud-africaine, égyptienne et espagnole par une stratégie d’exportation bien ficelée. Et de dévoiler que l’année dernière un commerçant égyptien est venu s’approvisionner dans la région de Marrakech pour vendre la marchandise en Chine. Ceci dit, le transport demeure une pierre sur le chemin des producteurs d’agrumes marocains voulant exporter pour la Chine. « Il n’existe pas de ligne direct entre le port de Casablanca, d’Agadir et la Chine. La marchandise voyage de 28 à 36 jours avant d’arriver à bon port, chose qui affecte parfois les fruits ».

La nouvelle classe moyenne émergeante en Chine est constituée d’environ 100 millions de consommateurs, soit 7 à 8% de la population, cette classe qui a un fort pouvoir d’achat aime acheter les produits importés. Une porte d’entrée pour les fruits marocains qui séduisent.

Source: http://www.2m.ma

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