Xylella fastidiosa : L’Espagne accusait le Maroc, la Commission européenne épingle l’Italie

Après les accusations des associations et des producteurs espagnols contre le Maroc, qui selon eux, ne respecte pas les dispositions et les mesures concernant l’éradication de la xylella fastidiosa, la Commission européenne vient d’épingler l’Italie.

La Commission européenne a décidé de traduire l’Italie devant la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), «pour ne pas avoir empêché de manière adéquate la propagation de l’organisme nuisible dit xylella fastidiosa».

Ces accusations portent sur les territoires des Pouilles, dans le sud d’Italie, où durant le mois d’octobre 2013, la bactérie a été détectée. La commission a estimé que les autorités italiennes n’étaient pas conformes aux règlements de l’UE, concernant les organismes nuisibles aux végétaux ou aux produits dérivés.

Parmi ces mesures, il fallait impérativement délimiter les zones où la bactérie est aperçue, éradiquer toutes les plantes infectées, effectuer un échantillonnage et un suivi régulier. Dans ce sens, le programme fourni par l’Italie a été jugé inefficace face à la menace. L’arrachage n’aurait pas eu lieu et n’était pas programmé. Par conséquent, l’absence de cette action a augmenté le risque de propagation.

L’Italie ne se serait pas conformée aux dispositions européennes

Pourtant, la Commission a demandé à plusieurs reprises à l’Italie de se conformer aux dispositions. Une première lettre et une lettre de mise en demeure complémentaire ont été envoyées en décembre 2015 et en juillet 2016, suivies d’un avis motivé en juillet 2017.

L’association Coldiretti Puglia estime que près de 10 millions de plantes sont touchées par cette maladie dans la région. Pour son président, Gianni Cantele, il y a eu des «erreurs et incertitudes», qui ont favorisé les propagation de la bactérie au cours des cinq dernières années, rapporte le site Mercacei.

Pour sa part, la Confédération italienne des agriculteurs (CIA) a estimé que la question devait être une priorité pour le prochain gouvernement italien. Et d’ajouter que l’UE doit prendre en compte que la région, les municipalités et, surtout, les agriculteurs font ce qu’ils peuvent avec des ressources «clairement insuffisantes», note la même source.

Pas de xylella au Maroc, mais un scénario italien pourrait se reproduire

Pour rappel, il y a moins d’un mois, des agriculteurs et des associations locales avaient accusé le Maroc de ne pas garantir les conditions de sécurité et de contrôle établies en Europe et, par conséquent, développer une concurrence déloyale à l’égard du produit local (européen).

Cependant, il semble que la bactérie n’a toujours pas été détectée au Maroc, même si la xylella fastidiosa représente «un danger potentiel pour le Maroc», selon les affirmations de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) en 2017.

Ceci dit, l’ONSSA confesse dans son rapport qu’au Maroc, l’impact économique, social et environnemental serait d’une grande ampleur. Principalement à cause de «l’absence de moyens de lutte efficace», mais aussi à cause du coût supplémentaire engendré pour les opérations d’intervention. Par ailleurs, à cause de cette bactérie qui affecte plus de 350 espèces végétales, notamment le chêne, l’olivier et les agrumes, le Maroc qui ambitionne d’exporter un million de tonnes en 2022 pourrait perdre gros.

Source: https://www.yabiladi.com

 

 

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