Pesticides au Sénégal : la contamination est menaçante…

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Ils sont devenus quasi-indispensables dans la production agricole. La croisade contre  les organismes considérés comme nuisibles pour l’agriculture  ne se fait plus sans eux.  Ils ne laissent  aucune chance de survie aux  insectes ravageurs, aux champignons, aux  mauvaises herbes, mais aussi aux  parasites.  Ils,  ce sont les pesticides. 

Ils auraient bien mérité des acclamations s’ils ne s’arrêtaient qu’à traquer ces organismes dits nuisibles pour la production agricole. Malheureusement, tel n’est pas le cas.  Ces  substances chimiques, à priori utiles,  n’en demeurent pas moins toxiques. Elles n’épargnent ni mère nature, ni l’espèce humaine… Focus sur des substances toxiques, invisibles et omniprésentes qui cohabitent pourtant avec nous.

 Les pesticides causent des dégâts  incommensurables

On ne s’en doute pas peut-être pas,   ou à la limite  on minimise les dangers auxquels nous sommes exposés avec la présence des  pesticides dans notre environnement. Pourtant, les dégâts causés par ces derniers sont incommensurables.  97 % des aliments que  nous consommons  contiennent  des résidus de pesticides,  les enfants sont  exposés à près de 130 polluants chimiques chaque jour. Tels sont, entre autres, les conclusions d’une enquête menée par “Cash Investigation”.

Le Sénégal n’est pas épargné

Le Sénégal n’est pas épargné par le danger des pesticides. C’est du moins ce que révèlent  des  enquêtes menées à ce propos. Ces investigations  pointent du doigt les actions peu responsables de certains  producteurs qui n’ont cure de la santé publique. Ainsi, s’adonnant à une utilisation abusive des pesticides, ces derniers sacrifient  la santé publique et la protection de l’environnement sous l’autel de la  productivité sauvage.

On en voudra pour preuve, les études faites par l’ISRA dans la zone des Niayes. Les révélations de cette enquête ne rassurent guère,  et feront trembler,  à coup  sûr,  les zélés de la nature.  A en croire cette enquête, les  risques  d’exposition  aux résidus  de  pesticides  au  Sénégal  à  travers  les nappes  et  les  produits  agricoles sont énormes.

L’enquête de  l’ISRA dans la zone des Niayes révele: “la contamination est menaçante car les pesticides ont été détectés également dans les prélèvements effectués au niveau des marchés de produits alimentaires. Les mêmes analyses effectuées sur les puits situés dans la zone ont révélé la présence des pesticides cibles dans  tous les échantillons d’eau collectés avec des teneurs moyennes cumulées par puits comprises entre 0.53 et 46.20 μg/l”.

Poursuivant l’enquête livre: “Trente neuf sur les quarante cinq puits prospectés ont été contaminés par les résidus de pesticides dont les concentrations sont supérieures aux normes de l’OMS”.

Une hausse des cancers infantiles du fait de l’exposition aux pesticides

Il n’y pas au Sénégal,  du moins en notre  en notre connaissance,  une étude sur le lien entre cancer et pesticide. Cependant, en France, depuis les années 80, les cancers infantiles connaissent une hausse  de 1% chaque année, soit environ 2 500 cas supplémentaires annuellement.  C’est la deuxième cause de mortalité chez l’enfant. Et de l’avis de nombreux spécialistes de ce domaine, le  lien entre ces maladies et l’exposition aux pesticides est clairement établi.

Une absence de  politique de gestion des pesticides au Sénégal

Le constat inquiétant livré par l’enquête  de l’ISRA dans la zone des Niayes pose avec acuité  le problème de  l’absence d’une politique de gestion des pesticides au Sénégal. Ainsi, afin de  préserver la santé  des populations, il urge de mettre en place un système de  contrôle des produits phytosanitaires en circulation et surtout de leurs pratiques d’utilisation chez les maraîchers. Ces recommandations venant d’experts de ce domaine seront, sans doute, d’une utilité pour limiter les dangers liés à l’utilisation des pesticides.

Source : senenews.com

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