Maroc: agrumes, une semaine après le début… quel constat ?

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Les paramètres sur lesquels la profession (représenté par Maroc Citrus) et l’EACCE (Etablissement Autonome de Contrôle et de Coordination des Exportations) se sont mis d’accord pour s’assurer de la qualité du produit, se sont avérés difficile à  respecter. En effet, à part le rapport E/A (Extrait sec/Acidité), tous les autres paramètres donnent du fil à retordre aux agrumiculteurs.

Rappelons que cette année l’établissement et la profession ont décidé de renforcer le contrôle et se sont mis d’accord sur les paramètres suivants : les fruits ne doivent pas dépasser 5 jours au déverdissage, un de Brix de 10 degrés, un taux de calice de 95% après déverdissage…    

Au Souss, l’EACCE, qui a renforcé son contrôle comme convenu avec la profession, a refusé plusieurs lots. Il semble que l’établissement prend très au sérieux son travail en ce début de campagne. Les contrôles sont effectués au niveau des vergers, au niveau des stations avant et après le déverdissage et après le conditionnement. Les causes  de refus diffèrent selon les lots.

Dans cet article on va s’intéresser à un seul paramètre, le Brix qui est la mesure du niveau des sucres solubles.

Avant même la récolte, plusieurs agrumiculteurs se sont rendu compte que leurs fruits n’arrivent pas à répondre au Brix demandé (10°), et même  après un léger assouplissement, le °Brix de 9,5 reste difficile à atteindre ! Une   question s’impose, comment ça se fait que le E/A exigé (et qui était le seul critère sur lequel on se basait les années passées) est conforme mais le Brix ne l’ai pas? en fait, aussi bien le niveau d’acide que celui du sucre sont faibles. En d’autre terme, les fruits sont fades. Une deuxième question vient à l’esprit, est ce que toutes les parcelles sont concernées par ce problème?  Non, ce sont surtout les variétés greffées sur Macrophylla (Citrus Macrophylla) ou Volkmeriana (Citrus Volkameriana) qui s’avèrent moins performantes pour ce paramètre. Afin de palier à ce problème, certains  responsables techniques n’hésitent pas à faire subir aux arbres un stress hydrique de  4 ou 5 jours pour rehausser légèrement le niveau de brix. Mais ceci risque d’avoir de mauvaises conséquences sur les autres paramètres lors du déverdissage, surtout le taux de chute de calice qui doit être inférieur à 5, mission impossible.!? 

Le porte-greffe Macrophylla :

Introduit depuis une vingtaine d’année au Maroc, aujourd’hui il reste le porte-greffe le plus utilisé dans les nouvelles plantations chez nous. Son succès, il le doit à ses performances indiscutables en termes de précocité, vigueur, rendement,  profils de calibres,  tolérance à l’exocortis, résistance au phytophtora… difficile de résister devant autant de qualités.

Mais ses points faibles ne sont pas à négliger non plus. En effet, en plus de donner des fruits  fades (chez la plupart des producteurs mais pas tous) ces fruits sont fragiles en comparaison avec Bigaradier et Citrange par exemple; Ce qui se traduit par des fruits qui ne supportent pas les longues durées de conservation et/ou de transport.

Actuellement, certains clients ont déjà commencé à exiger, clairement, les fruits de variétés greffées sur les autres porte-greffes que le Macrophylla ou Volkameriana. Heureusement qu’il y’a certains producteurs qui n’ont pas tout misé sur ce porte-greffe, mais ils ne sont pas nombreux. D’autres, ce sont retrouvés dans l’obligation d’arracher des parcelles à cause de ce porte greffe. 

Est-ce une erreur d’avoir utilisé ce porte-greffe ? 

Pas vraiment,  mais sur de grande superficie, comme notre cas au Maroc, c’en est une. Et ce qui aggrave encore la situation, c’est le manque de technicité et de connaissances sur la conduite à suivre pour pallier à ces problèmes. Ainsi, par exemple, la plupart des plantations sont conduites  avec de forte densité (dépassant les 800 pieds/ha), un élément connu pour produire des fruits fragile avec moins de gout à cause de l’ombrage.

Ceci dit, comme nos principaux marchés sont lointains (Russie, USA, Canada), ce choix pourrait s’avérer fatal. 

Bien entendu, ce n’est  pas le seul facteur derrière la faible performance de nos vergers. De grosses erreurs sont encore souvent commises au niveau des choix de densité, des pratiques de la taille et de la gestion de l’irrigation. 

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