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Ces derniers jours, des informations contradictoires ont circulé concernant une éventuelle suspension des exportations de tomates marocaines. Entre inquiétudes sur le marché local et réactions des professionnels, la réalité apparaît plus nuancée : il ne s’agit pas d’un arrêt généralisé, mais d’ajustements ciblés dans un contexte de forte tension sur l’offre.
Pas de suspension globale des exportations
Contrairement aux rumeurs largement relayées, le Maroc n’a pas suspendu ses exportations de tomates vers l’Europe. Les professionnels du secteur démentent clairement toute décision en ce sens et confirment la continuité des flux vers les marchés traditionnels.
Le marché reste donc alimenté normalement, et les exportations continuent de jouer leur rôle central dans l’équilibre économique de la filière.
Des restrictions limitées et ciblées
Les ajustements évoqués concernent en réalité un segment bien précis :
- les tomates industrielles
- destinées à certains marchés d’Afrique subsaharienne
Ces mesures ponctuelles ne remettent pas en cause la stratégie globale d’export du Maroc, mais traduisent plutôt une gestion fine des flux en période de tension sur l’offre.
Une flambée des prix liée à la production
La hausse des prix observée sur le marché local — atteignant jusqu’à 17 à 20 dirhams/kg — s’explique avant tout par une baisse de la production.
Plusieurs facteurs ont fortement impacté la campagne :
- maladies cryptogamiques (mildiou, botrytis)
- propagation de virus
- intempéries ayant endommagé des serres
- hausse des coûts de production (intrants, énergie)
Autrement dit, la tension actuelle provient davantage d’un choc d’offre que d’un problème d’exportation.
L’export, un pilier économique pour la filière
Contrairement à certaines idées reçues, les professionnels insistent sur un point clé :
👉 l’export n’est pas la cause de la hausse des prix
Au contraire, il constitue un levier essentiel pour la rentabilité des producteurs. Sans les revenus générés à l’international, une partie importante de la production serait déficitaire, ce qui pourrait aggraver encore la situation sur le marché local.
Une filière sous pression entre marché local et engagements internationaux
La situation actuelle met en évidence un équilibre fragile :
- d’un côté, la nécessité d’approvisionner le marché local à des prix accessibles
- de l’autre, l’obligation de respecter les engagements commerciaux à l’export
Toute perturbation prolongée des flux pourrait fragiliser la position du Maroc sur certains marchés, notamment en Afrique, où la concurrence internationale reste forte.
Perspective : vers une gestion plus stratégique des flux
Cette séquence souligne un enjeu majeur pour la filière tomate marocaine :
passer d’une logique de volume à une logique de pilotage stratégique
Cela implique :
- une meilleure anticipation des risques climatiques
- une gestion plus fine des marchés de destination
- et une optimisation de la chaîne de distribution locale
Dans un contexte de volatilité accrue, la compétitivité ne repose plus uniquement sur la production, mais sur la capacité à arbitrer intelligemment entre marché local et export.




