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La campagne d’exportation des oranges égyptiennes vers l’Asie en 2025/2026 laisse un goût mitigé. Malgré une position dominante sur le marché mondial, les performances commerciales sur le continent asiatique ont été inférieures aux attentes, dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques, des coûts logistiques élevés et une demande fragile.
Une campagne sous pression dès le départ
La saison a débuté dans un environnement concurrentiel intense, notamment face à la production chinoise, particulièrement présente sur les marchés asiatiques. Cette pression s’est manifestée dès la campagne des Navel, avant de se prolonger avec les Valencia, pourtant habituellement plus dynamiques.
Contrairement à la saison précédente, caractérisée par des prix très élevés à l’origine, les exportateurs ont cette année bénéficié d’une certaine stabilité des prix. Cette situation a permis de prolonger les expéditions dans le temps, mais sans pour autant améliorer les marges, qui restent sous tension.
Logistique et géopolitique : les vrais freins
Le principal facteur de perturbation reste logistique. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont entraîné une hausse significative des coûts du transport maritime et terrestre. Plusieurs compagnies maritimes ont dû modifier leurs routes, notamment en contournant la mer Rouge, ce qui a rallongé les délais et augmenté les coûts.
À cela s’ajoutent des frais supplémentaires, comme les primes de risque liées aux zones de conflit, qui se répercutent directement sur les prix de vente finaux. Résultat : une partie des marchés asiatiques peine à absorber ces hausses, freinant la demande.
Une demande asiatique globalement faible
Sur le plan commercial, les performances en Asie sont jugées décevantes. Le marché chinois, en particulier, s’est montré difficile, avec des prix de vente sous pression tout au long de la campagne Valencia.
Les niveaux de prix observés témoignent de cette tension : les oranges de bonne qualité se négocient autour de 110 à 120 RMB, tandis que les calibres inférieurs descendent entre 80 et 100 RMB, confirmant une demande prudente et peu dynamique.
Un paradoxe pour un leader mondial
Cette contre-performance est d’autant plus notable que l’Égypte reste le premier exportateur mondial d’oranges, avec plus de 2 millions de tonnes exportées en 2025.
Le pays bénéficie d’atouts solides : volumes importants, compétitivité prix et présence sur de nombreux marchés internationaux. Cependant, cette campagne souligne la dépendance croissante du secteur aux conditions logistiques et géopolitiques, qui peuvent rapidement impacter la rentabilité des exportations.
Perspectives : vigilance pour les prochaines campagnes
La campagne actuelle met en évidence un point clé : la performance commerciale ne dépend plus uniquement de la production ou des prix à l’origine, mais aussi de la maîtrise des flux logistiques et de la stabilité géopolitique.
Pour les exportateurs égyptiens, l’enjeu sera désormais de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement, tout en diversifiant les marchés et en améliorant la valeur ajoutée des produits pour mieux résister aux fluctuations internationales.




