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Une délégation de l’Union européenne s’est récemment rendue à Dakhla pour évaluer les retombées des accords de partenariat entre le Maroc et l’UE dans les secteurs agricole et halieutique. Cette visite, hautement symbolique, intervient dans un contexte où les relations commerciales entre Rabat et Bruxelles connaissent une phase de recomposition stratégique, notamment autour des provinces du Sud.
Selon le Centre régional d’investissement (CRI) de Dakhla-Oued Eddahab, les échanges ont porté sur l’impact socio-économique des accords, particulièrement en matière d’emploi, d’investissement et de développement des filières productives locales.
Dakhla s’impose comme plateforme agricole et halieutique stratégique
Depuis plusieurs années, Dakhla-Oued Eddahab est devenue une région clé pour :
l’agriculture sous serre,
les cultures maraîchères à haute valeur ajoutée,
l’aquaculture,
les produits de la mer,
et les investissements liés aux énergies renouvelables.
Les autorités marocaines présentent désormais la région comme un véritable hub économique africain tourné vers l’export. Lors de cette rencontre, les responsables du CRI ont mis en avant les investissements réalisés dans les infrastructures logistiques, la pêche maritime, l’agriculture intensive et l’export agroalimentaire.
La participation de Morocco Foodex à cette réunion illustre également l’importance croissante accordée au contrôle qualité et à la conformité des exportations agricoles et maritimes vers le marché européen.
Un contexte juridique et politique sensible
Cette visite européenne intervient après plusieurs années de débats juridiques et politiques autour des accords commerciaux entre le Maroc et l’Union européenne concernant les provinces du Sud.
En octobre 2025, Rabat et Bruxelles avaient signé un amendement à leur accord agricole confirmant que les produits provenant de Dakhla-Oued Eddahab et Laâyoune-Sakia El Hamra continueraient à bénéficier des tarifs préférentiels accordés aux produits marocains exportés vers l’UE.
Quelques semaines plus tard, le Parlement européen rejetait une tentative de blocage de cet accord, consolidant ainsi le maintien du cadre commercial préférentiel entre les deux parties.
Toutefois, le sujet reste politiquement sensible au sein des institutions européennes, certains groupes contestant toujours l’application des accords aux provinces du Sud.
L’agriculture marocaine sous observation européenne
Au-delà de la dimension diplomatique, cette mission reflète aussi la volonté européenne d’évaluer :
les systèmes de contrôle sanitaire,
la traçabilité,
les procédures d’exportation,
et les standards appliqués aux produits agricoles destinés au marché européen.
Des médias spécialisés évoquent même des audits techniques menés à Dakhla concernant les dispositifs sanitaires de l’ONSSA et les mécanismes de contrôle des exportations horticoles.
Pour les producteurs marocains, notamment dans les filières fruits et légumes, ces évaluations sont stratégiques car elles conditionnent la fluidité des exportations vers l’Europe.
Une relation Maroc–UE toujours stratégique
Malgré les tensions ponctuelles et les débats juridiques, l’Union européenne demeure de loin le premier partenaire commercial du Maroc.
Les deux parties ont récemment réaffirmé leur volonté de renforcer leur partenariat stratégique, notamment dans :
l’agriculture durable,
la sécurité alimentaire,
la recherche agronomique,
l’innovation,
et la transition verte.
Dans ce contexte, Dakhla apparaît de plus en plus comme un territoire test pour les futures dynamiques agricoles et commerciales entre le Maroc et l’Europe.
Un signal fort pour les investisseurs agricoles
Cette visite européenne envoie également un message important aux investisseurs internationaux.
Le maintien des préférences tarifaires européennes, combiné aux investissements massifs réalisés dans la région, renforce l’attractivité de Dakhla pour :
les projets horticoles,
l’aquaculture,
les infrastructures logistiques,
et les industries agroalimentaires exportatrices.
Pour les opérateurs marocains, la stabilité des accords commerciaux avec l’UE reste un enjeu majeur, particulièrement dans un contexte international marqué par une concurrence croissante et des exigences réglementaires toujours plus strictes.




