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Après plusieurs années de forte croissance, la filière égyptienne de la fraise s‘apprête à changer de cap. Les producteurs réduisent leurs superficies pour la campagne 2026/2027 afin de rééquilibrer un marché fortement perturbé par la surproduction, la hausse des coûts et les difficultés commerciales rencontrées lors de la saison précédente.
Une expansion qui s’est retournée contre les producteurs
Portée par des exportations record en 2025, la culture de la fraise avait attiré de nombreux nouveaux investisseurs. Les surfaces avaient fortement progressé, entraînant une offre largement supérieure à la demande.
Cette augmentation de la production a provoqué :
une baisse des prix sur les marchés internationaux ;
une augmentation du coût des intrants, de la main-d’œuvre et des loyers agricoles ;
des problèmes de qualité des plants ;
des rendements inférieurs aux attentes dans plusieurs exploitations.
Selon plusieurs producteurs, certaines fermes ont enregistré jusqu’à 15 % de perte de rendement, tandis que leurs coûts de production ont augmenté d’environ 20 %, réduisant fortement leur rentabilité.
Des superficies en baisse pour retrouver l’équilibre
Face à cette situation, de nombreux producteurs ont décidé de revenir à leurs surfaces historiques, tandis que certains nouveaux entrants quittent totalement la filière.
L’objectif est simple : réduire les volumes afin de rétablir un meilleur équilibre entre l’offre et la demande et permettre une remontée des prix dès la prochaine campagne. Plusieurs acteurs du secteur considèrent cette réduction comme indispensable pour restaurer la rentabilité de la production égyptienne.
Les résidus de pesticides sous surveillance
La saison écoulée a également été marquée par une dégradation de l’image de certaines exportations égyptiennes.
Depuis le 18 février 2026, l’Union européenne a placé les fraises égyptiennes sous un régime de contrôles renforcés concernant les résidus de pesticides. Cette décision concerne principalement les producteurs ne maîtrisant pas correctement les limites maximales de résidus (LMR), tandis que les exploitations respectant les bonnes pratiques continuent d’exporter normalement, malgré des procédures plus lourdes.
Une diversification vers la fraise séchée
Pour améliorer leurs marges, plusieurs producteurs orientent désormais une partie de leur production vers la transformation, notamment la fraise séchée, un marché en pleine croissance.
Certains producteurs choisissent également de produire selon les exigences de la FDA américaine, dont les cahiers des charges permettent d’obtenir des prix pouvant être supérieurs d’environ 100 dollars par tonne par rapport à certains débouchés européens.
Le climat reste la principale inconnue
Malgré la réduction des superficies, les professionnels estiment que le principal facteur de risque demeure le climat. Les épisodes de chaleur, les variations de température et les conditions météorologiques imprévisibles continueront de peser sur les rendements et la qualité des fruits lors de la prochaine campagne.
Quels enseignements pour le Maroc ?
Cette évolution constitue un signal intéressant pour les producteurs marocains. La réduction de l’offre égyptienne pourrait atténuer une partie de la concurrence sur certains marchés d’exportation, notamment en Europe et au Moyen-Orient.
Cependant, la compétitivité reposera plus que jamais sur :
la qualité des plants ;
le respect strict des limites de résidus de pesticides ;
la maîtrise des coûts de production ;
l’adaptation aux aléas climatiques.
Dans un contexte où les marchés deviennent de plus en plus exigeants, la qualité et la conformité réglementaire s’imposent comme les principaux leviers de différenciation.


