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Le Sahara marocain poursuit sa transformation agricole. À Dakhla, un nouveau programme prévoit l’aménagement de plus de 1 090 hectares de terres irriguées, grâce à l’utilisation d’eau de mer dessalée et de systèmes d’irrigation localisée. L’objectif est d’attirer des investisseurs tout en consolidant un modèle agricole adapté aux contraintes hydriques des régions arides.
Selon les informations publiées récemment, 35 exploitations agricoles seront créées et proposées sous forme de baux de longue durée de 25 ans, pouvant être portés à 40 ans lorsque les projets intégreront également une activité de transformation agroalimentaire. Les bénéficiaires devront exploiter directement les parcelles, sans possibilité de les céder sans autorisation.
Une agriculture rendue possible par le dessalement
Le projet repose sur une usine de dessalement alimentant un réseau d’irrigation au goutte-à-goutte. Cette approche vise à produire dans une région où la disponibilité en eau constituait jusqu’à présent le principal facteur limitant du développement agricole.
Les cahiers des charges prévoient que 70 à 75 % des superficies soient consacrées aux cultures maraîchères, en particulier les productions sous serre à forte valeur ajoutée. Le coût de l’eau dessalée, des raccordements et des loyers fera partie des paramètres économiques que devront intégrer les investisseurs.
Un projet qui s’inscrit dans une stratégie nationale
Cette initiative s’inscrit dans la politique marocaine visant à sécuriser l’approvisionnement en eau agricole grâce au dessalement. Le Royaume multiplie les investissements dans les stations de dessalement afin de réduire la pression sur les nappes phréatiques et de maintenir la compétitivité de son agriculture d’exportation.
Le projet de Dakhla constitue également une nouvelle étape d’un programme plus vaste lancé dans la région de Dakhla-Oued Eddahab, où plusieurs milliers d’hectares sont progressivement développés autour d’infrastructures de dessalement alimentées en partie par les énergies renouvelables.
Une opportunité… mais aussi des défis
Sur le plan technique, l’eau dessalée offre une solution durable face au stress hydrique chronique. Toutefois, sa réussite dépendra de plusieurs facteurs :
la maîtrise du coût énergétique de la production d’eau ;
une gestion rigoureuse de la fertilisation, l’eau dessalée étant très pauvre en éléments minéraux ;
le maintien d’une irrigation de précision afin de préserver la rentabilité des exploitations.
Pour les productions horticoles à haute valeur ajoutée — tomates, fruits rouges, melons ou primeurs — le modèle apparaît particulièrement pertinent. En revanche, son intérêt économique reste plus limité pour les cultures à faible valeur marchande.
Une nouvelle frontière pour l’horticulture marocaine
Le projet de Dakhla illustre l’évolution de l’agriculture marocaine vers des systèmes de production moins dépendants des ressources hydriques conventionnelles. En associant dessalement, irrigation de précision et investissements privés, le Royaume cherche à transformer des zones désertiques en nouveaux pôles de production horticole.
Si les performances techniques et économiques sont au rendez-vous, ce modèle pourrait devenir une référence pour d’autres régions côtières confrontées à la raréfaction de l’eau, aussi bien au Maroc qu’à l’international.




