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tomate marocaine : L’Union européenne met un coup de projecteur sur les prix d’entrée, soulevant des questions cruciales pour le marché. La Commission européenne, à travers son groupe de travail des prévisions de tomate, a tenu une réunion essentielle le 1er juin à Bruxelles. Composé d’experts issus des États membres et de responsables de la Commission, ce groupe s’est penché sur la situation actuelle du marché, les perspectives pour la prochaine saison, et surtout, le régime des prix d’entrée des tomates importées par l’UE, avec un focus particulier sur la tomate marocaine.
L’impact de la tomate marocaine sur le marché européen
Selon les estimations de FEPEX, une organisation influente dans le secteur, la volatilité actuelle du marché est largement attribuée à une augmentation substantielle des importations de tomates provenant du Maroc. Cette montée en puissance s’est particulièrement manifestée durant la période s’étalant d’octobre à avril, coïncidant avec la campagne de production espagnole. Les données révélées par le groupe d’experts européens sont édifiantes : les importations de tomates marocaines ont connu une croissance exponentielle. En octobre 2000/2001, l’UE importait 4 903 tonnes de tomates du Maroc. Douze ans plus tard, en octobre 2015-2016, ce chiffre a bondi à 32 655 tonnes. De même, les importations de novembre sont passées de 16 387 tonnes à 52 749 tonnes sur la même période. Cette tendance haussière de la tomate marocaine exerce une pression significative sur les prix et les volumes disponibles sur le marché européen.
Cette envolée des importations de tomate marocaine ne se produit pas en vase clos. Elle intervient parallèlement à une expansion notable de la production aux Pays-Bas. En effet, la superficie consacrée à la culture de tomates aux Pays-Bas a grimpé de 1 133 hectares en 2000 à 1 770 hectares en 2016, entraînant une augmentation de la production de 520 000 tonnes à 900 000 tonnes sur la même période. Cette double pression – celle exercée par l’accroissement des importations de tomate marocaine et celle de la production néerlandaise – pose un défi complexe pour les producteurs européens, notamment espagnols, qui voient leurs parts de marché et leurs marges réduites.
Les défis agronomiques et économiques de la tomate marocaine
Derrière les chiffres impressionnants de production et d’exportation de la tomate marocaine se cachent des réalités agronomiques et économiques non négligeables. La production de tomates, particulièrement dans des régions sujettes au stress hydrique, comme c’est souvent le cas au Maroc, nécessite une gestion rigoureuse des ressources en eau. L’irrigation, souvent coûteuse, représente un poste de dépense majeur pour les agriculteurs. De plus, l’augmentation des coûts des intrants agricoles – engrais, produits phytosanitaires, énergie – pèse également sur la rentabilité. Le système de prix d’entrée mis en place par l’UE vise à réguler ces fluctuations et à garantir une concurrence loyale. Cependant, l’efficacité de ce système est remise en question face à l’ampleur des volumes importés.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est au cœur des préoccupations. Pour les producteurs marocains, il s’agit de couvrir les dépenses liées à la culture, à la récolte, au conditionnement et au transport, tout en dégageant une marge bénéficiaire. Lorsque les prix d’entrée sur le marché européen sont trop bas, cela peut entraîner une érosion des marges, voire des pertes, si le prix de vente est inférieur au coût de production. C’est dans ce contexte que FEPEX demande le rétablissement de l’efficacité du système des prix d’entrée. Il s’agit de s’assurer que les tomates importées, y compris la tomate marocaine, respectent des standards de prix qui ne pénalisent pas les producteurs européens. L’amélioration des mesures de gestion des crises du marché et une distinction claire entre les différents types de tomates (rondes, cerises, etc.) sont également réclamées pour affiner la régulation.
Vers une régulation plus efficace et une agriculture durable
FEPEX insiste sur l’application rigoureuse de l’accord de partenariat entre l’Union européenne et le Maroc. Cet accord, censé encadrer les échanges commerciaux, doit être un outil de stabilité et non de perturbation du marché. Une application adéquate permettrait d’éviter les situations de dumping et de garantir une concurrence plus équilibrée. L’organisation plaide également pour une distinction plus précise entre les différentes variétés de tomates, car leurs caractéristiques, leurs coûts de production et leurs débouchés peuvent varier considérablement. Cette nuance est essentielle pour une régulation juste et efficace. L’implication de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans le suivi des marchés agricoles mondiaux est primordiale pour partager des données fiables et promouvoir des pratiques durables.
Pour les producteurs européens, la recherche d’alternatives et l’amélioration des techniques culturales deviennent des priorités. Cela peut passer par l’investissement dans des serres plus performantes, l’optimisation de l’usage de l’eau grâce à des systèmes d’irrigation goutte à goutte, ou encore le développement de variétés plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques. La diversification des cultures et la recherche de marchés de niche moins sensibles à la concurrence directe sont également des stratégies à explorer. Le lien avec des plateformes d’information spécialisées comme HortiTecNews permet de rester informé des dernières innovations et des tendances du marché.
FAQ sur la crise actuelle de la tomate
Pourquoi le prix de la tomate marocaine semble-t-il si compétitif ?
La compétitivité du prix de la tomate marocaine peut s’expliquer par plusieurs facteurs : des coûts de main-d’œuvre potentiellement plus bas, des réglementations environnementales moins contraignantes dans certains cas, ou encore des aides gouvernementales à la production. La concentration sur des variétés spécifiques et une logistique optimisée pour les marchés d’exportation jouent également un rôle.
Comment l’Union européenne régule-t-elle les prix des tomates importées ?
L’UE dispose d’un système de “prix d’entrée” pour les fruits et légumes importés de pays tiers. Ce système établit un prix minimum auquel les produits doivent entrer sur le marché européen. Si le prix déclaré est inférieur à ce prix d’entrée, des droits de douane supplémentaires sont appliqués pour compenser. Le groupe de travail de la Commission européenne analyse l’efficacité de ce mécanisme.
Quelles sont les conséquences de cette situation pour les consommateurs ?
À court terme, une augmentation des importations à bas prix peut se traduire par des prix plus bas pour le consommateur final. Cependant, si cette situation entraîne une fragilisation des producteurs européens et une réduction de la production locale, cela pourrait, à terme, mener à une dépendance accrue vis-à-vis des importations et potentiellement à une hausse des prix si l’offre se raréfie ou si les conditions d’importation changent. Une production locale diversifiée et résiliente assure une meilleure sécurité alimentaire.
Quelles actions FEPEX préconise-t-elle concrètement ?
FEPEX demande le rétablissement de l’efficacité du système des prix d’entrée, l’amélioration des mesures de gestion des crises du marché, une distinction plus précise entre les différentes catégories de tomates, et une application rigoureuse de l’accord de partenariat UE-Maroc pour éviter les perturbations du marché et assurer une concurrence plus juste.





2 Comments
lllooooolllllll
Très bon site. Je vous remercie. Bisous.
Babette