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Dans un contexte de tensions géopolitiques et de perturbations majeures sur les marchés agricoles mondiaux, une requête émanant de l’Association des agriculteurs de Valence (AVA-ASAJA) soulève une question cruciale pour le secteur : la fermeture temporaire des frontières de l’Union Européenne aux produits agricoles de pays tiers. Cette proposition, motivée par les effets dévastateurs de l’embargo russe sur les exportations européennes, vise à rétablir la préférence communautaire et à protéger les producteurs européens face à une concurrence jugée déloyale. L’impact potentiel sur les échanges commerciaux, et notamment sur les importations de produits marocains, mérite une analyse approfondie.
L’embargo russe, catalyseur d’une demande européenne
L’origine de cette demande audacieuse réside dans la réaction en chaîne déclenchée par l’embargo russe. En réponse aux sanctions occidentales, la Russie a interdit l’importation de nombreux produits agricoles européens. Cette mesure a créé un excédent de production sur le marché de l’UE, les agriculteurs européens se retrouvant dans l’obligation de chercher de nouveaux débouchés pour leurs marchandises, souvent à prix cassés, afin d’éviter des pertes catastrophiques.
C’est dans ce paysage économique déstabilisé qu’AVA-ASAJA a formulé sa requête auprès de la Commission Européenne. L’organisation espagnole plaide pour un “sauvetage du concept de la préférence communautaire”, arguant que la seule solution réellement efficace pour atténuer les conséquences de l’embargo est de limiter l’afflux de produits provenant de pays tiers. Ces pays, bénéficiant d’accords préférentiels avec l’UE, se retrouvent dans une position avantageuse pour capter les marchés que les producteurs européens ont perdus, notamment le marché russe, et pour inonder les marchés européens avec des productions à bas coûts.
Le Maroc, l’Égypte, la Turquie et d’autres pays tiers sous le feu des projecteurs
La proposition d’AVA-ASAJA cible spécifiquement les produits agricoles sur lesquels la Russie a appliqué son embargo. L’organisation souhaite que l’UE adopte des mesures restrictives similaires envers les pays tiers qui profitent de la situation actuelle pour gagner des parts de marché, tant en Russie qu’en Europe.
Dans le secteur de l’horticulture, le Maroc, l’Égypte et la Turquie sont nommément cités comme des concurrents directs qui bénéficient de ces accords préférentiels. L’Afrique du Sud et l’Argentine sont également mentionnées dans cette analyse des flux commerciaux. L’AVA-ASAJA dénonce une concurrence accrue qui, couplée à l’excédent de production européenne, risque d’entraîner un “effondrement des prix” et une situation intenable pour les agriculteurs européens.
“Malheureusement, nous vivons une situation exceptionnelle et dans des situations exceptionnelles, comme celle générée par l’embargo russe, des réponses exceptionnelles sont nécessaires”, a souligné Cristóbal Aguado, président de AVA-ASAJA. Il ajoute : “Toutes les marchandises en provenance des pays de l’UE ne seront pas en mesure d’entrer en Russie à la suite de l’embargo. Nous sommes dans l’obligation de trouver un emplacement commercial sur les marchés traditionnels qui ont déjà une offre très généreuse et une concurrence dans le type produit agricole qui sont expédiés en vrac par des pays tiers. Cette situation va conduire à une offre excédentaire et très probablement l’effondrement des prix.”
Une requête politique pour un problème politique
Face à cette crise, AVA-ASAJA appelle la Commission Européenne à agir avec la même gravité que le problème qu’elle rencontre. L’organisation demande la mise en œuvre de “formules qui limitent la concurrence par les pays tiers jusqu’à ce que le différend avec la Russie soit résolu d’une façon satisfaisante.”
Pour le président de AVA-ASAJA, la solution ne réside pas dans des mesures cosmétiques : “Nous sommes confrontés à un conflit politique qui exige des solutions politiques et non pas seulement du rafistolage.” Cette déclaration met en lumière la complexité de la situation, où les enjeux économiques sont intrinsèquement liés à des dynamiques géopolitiques.
L’application de telles mesures aurait des répercussions significatives sur les échanges commerciaux entre l’Union Européenne et le Maroc, un partenaire agricole de premier plan. Les volumes exportés par le Maroc vers l’UE pourraient être affectés, entraînant potentiellement une réorientation des flux commerciaux ou une pression accrue sur les prix au Maroc même. La réaction de la Commission Européenne sera déterminante pour l’avenir de ces relations et pour la stabilité du marché agricole européen.
Cette situation souligne l’importance de la coopération internationale et de la régulation des marchés agricoles, des sujets régulièrement abordés par des organisations telles que la FAO. Les producteurs et exportateurs européens, tout comme leurs homologues des pays tiers, sont pris dans un étau complexe où les décisions politiques ont un impact direct sur leur activité. Il sera crucial de suivre les décisions qui seront prises par les instances européennes pour comprendre les répercussions futures sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement agricole. Pour plus d’informations sur les enjeux du secteur horticole, consultez HortiTecNews. Les autorités marocaines, notamment le Ministère de l’Agriculture et l’ONSSA, suivront probablement de près ces développements et leurs implications pour le secteur agroalimentaire marocain.




