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Anciennes variétés : seulement cinq variétés principales de pomme dominent environ 80 pour cent du commerce international de ce produit. Il est donc évident qu’il y a beaucoup de place pour de nouvelles variétés qui offriront au marché quelque chose de nouveau et d’unique.
Mais où peut-on trouver ces nouveaux cultivars ? Au cours des dernières décennies, les chercheurs avaient tendance à favoriser les croisements comme un moyen de développer de nouveaux types de pommes qui répondent plus aux goûts des consommateurs modernes. Cependant, est-il possible que certaines variétés existantes mais oubliées méritent d’être revues et réintroduites sur le marché ? Le succès rencontré par des anciennes variétés de pomme telles que Bramley, Reinette du Canada, Annurca et Kronprinz Rudolf a prouvé cette hypothèse. Cela a poussé Walter Guerra, chef du département de pomologie au Centre de recherche forestière des terres à Laimburg (Italie), à croire que d’autres fruits oubliés pourraient certainement avoir une place sur le marché d’aujourd’hui.
« Les anciennes variétés varient considérablement en termes de teneur en sucre et de saveur, mais ont tendance à avoir plus de pectines, polyphénols ainsi que d’autres contenus très bénéfiques », a expliqué Guerra. « De ce fait, je pense que dans l’avenir, nous devrions réintroduire la plupart de ces anciennes variétés. »
L’impact de la globalisation sur les anciennes variétés
La domination de quelques variétés sur le marché mondial n’est pas un hasard. Elle est le résultat de décennies de sélection axée sur des critères spécifiques tels que la durée de conservation, la résistance au transport, l’uniformité de la taille et de la couleur, et une saveur jugée “agréable” par le plus grand nombre. Cette standardisation a répondu aux exigences de la grande distribution et des marchés internationaux, souvent au détriment de la diversité génétique et de la richesse organoleptique. Les anciennes variétés, avec leurs caractéristiques parfois moins prévisibles ou plus spécifiques, ont eu du mal à trouver leur place dans ce modèle économique. Elles étaient souvent considérées comme moins rentables, plus fragiles, et moins adaptées aux contraintes logistiques modernes. La pression du marché mondial a donc conduit à une homogénéisation de l’offre, négligeant ainsi un patrimoine fruitier d’une grande valeur. La réintroduction des anciennes variétés représente donc un défi, mais aussi une opportunité de redécouvrir des saveurs oubliées et de diversifier notre alimentation. Ce mouvement s’inscrit dans une prise de conscience globale de l’importance de la biodiversité, comme le souligne l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui milite pour la préservation des ressources génétiques agricoles.
Défis agronomiques et économiques pour les anciennes variétés
La culture des anciennes variétés présente des défis agronomiques spécifiques qui expliquent en partie leur déclin face aux variétés modernes plus uniformes et souvent plus résistantes. Les contraintes liées au stress hydrique, par exemple, peuvent être plus marquées chez certaines variétés anciennes qui n’ont pas été sélectionnées pour leur tolérance à la sécheresse. De même, l’augmentation des coûts des intrants (engrais, produits phytosanitaires) pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations, rendant plus difficile la culture de variétés qui pourraient nécessiter des traitements plus fréquents ou des conditions de culture plus exigeantes. Les agriculteurs sont constamment confrontés à un dilemme : augmenter leur rendement pour compenser la baisse des prix, ou se spécialiser dans des productions à plus forte valeur ajoutée. Dans ce contexte, le “Coût Prix” est le coût total de production d’une pomme, incluant la main-d’œuvre, les intrants, l’entretien du verger, et l’amortissement du matériel. Le “Prix de Vente” est le prix auquel le producteur vend sa récolte. La marge bénéficiaire est la différence entre ces deux prix. Pour les variétés moins communes, le coût de production peut être plus élevé en raison de techniques culturales spécifiques ou d’une moindre efficacité des traitements standards. Si le prix de vente ne suit pas cette augmentation des coûts, la marge devient faible, voire négative, ce qui décourage la production. Il est donc essentiel que la valorisation des anciennes variétés tienne compte de ces coûts de production spécifiques pour assurer une rémunération juste aux producteurs. Des initiatives de promotion et de labellisation peuvent aider à justifier un prix de vente plus élevé, reflétant la qualité gustative, la valeur nutritionnelle et l’intérêt patrimonial de ces fruits. Pour les producteurs désireux d’explorer de nouvelles pistes, HortiTecNews propose une veille constante sur les innovations et les opportunités du secteur horticole.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux pressions du marché conventionnel, de nombreux producteurs explorent des alternatives pour valoriser la richesse de la biodiversité fruitière. La réintroduction des anciennes variétés s’inscrit dans cette démarche, offrant la possibilité de se différencier par l’originalité et la qualité. Cela peut passer par la mise en place de vergers conservatoires, la production de jus, de compotes ou de produits transformés qui mettent en avant les saveurs uniques de ces variétés. Le développement de circuits courts et la vente directe aux consommateurs permettent également de mieux capter la valeur ajoutée et d’établir une relation de confiance. L’agriculture biologique ou la biodynamie sont également des voies privilégiées, car elles s’alignent sur les valeurs de respect de l’environnement et de préservation des ressources naturelles souvent associées aux variétés traditionnelles. Les producteurs peuvent également se rapprocher des institutions agricoles pour obtenir des conseils et des soutiens. Par exemple, en Tunisie, le Ministère de l’Agriculture joue un rôle clé dans l’orientation des pratiques agricoles et la promotion de la diversité des cultures. Ce type de soutien institutionnel est crucial pour encourager l’adoption de pratiques plus durables et la préservation du patrimoine agricole.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des anciennes variétés tend-il à augmenter ?
Le prix des anciennes variétés peut augmenter pour plusieurs raisons. Premièrement, leur production est souvent plus limitée, ce qui crée une rareté. Deuxièmement, leur culture peut être plus coûteuse en raison de besoins spécifiques en matière de soins ou de récolte moins mécanisable. Enfin, leur valeur gustative, nutritionnelle et patrimoniale est de plus en plus reconnue par les consommateurs, qui sont prêts à payer un prix plus élevé pour des produits uniques et de qualité.
Les anciennes variétés sont-elles moins résistantes aux maladies ?
Certaines anciennes variétés peuvent être plus sensibles à certaines maladies que les variétés modernes qui ont été sélectionnées pour leur résistance génétique. Cependant, d’autres anciennes variétés peuvent présenter des résistances intéressantes, parfois oubliées. Une bonne gestion agronomique, le choix de porte-greffes adaptés et le maintien d’une biodiversité dans le verger contribuent à limiter les risques.
Comment les anciennes variétés peuvent-elles s’intégrer dans une production commerciale ?
L’intégration des anciennes variétés dans une production commerciale réussie repose sur une stratégie de différenciation. Il s’agit de mettre en avant leurs atouts spécifiques : saveur unique, histoire, bienfaits nutritionnels, ou origine locale. Le développement de marchés de niche, la vente directe, la transformation des fruits et la labellisation peuvent permettre de valoriser ces variétés et d’atteindre une clientèle prête à payer pour ces qualités.




