
Pastèques : le marché européen sature et freine les exportations marocaines
2 July 2026
Au Maroc, un nombre croissant de producteurs de tomates réorientent une partie de leurs superficies vers le poivron. Une évolution qui pourrait entraîner une hausse sensible des volumes au cours de la nouvelle campagne et renforcer le positionnement du Royaume sur les marchés internationaux.
Le paysage maraîcher marocain est en train d’évoluer. Alors que la tomate demeure l’une des principales cultures d’exportation du Royaume, certains producteurs choisissent désormais de diversifier leur production en se tournant vers le poivron.
Cette tendance est particulièrement observée dans les grandes zones de production maraîchère. Des exploitations historiquement spécialisées dans la tomate consacrent une partie de leurs serres au poivron, laissant entrevoir une progression de l’offre marocaine au cours des prochains mois.
Des producteurs de tomates en quête de diversification
Cette évolution intervient dans un contexte devenu plus complexe pour les producteurs de tomates. Les coûts de production, les contraintes phytosanitaires et la pression commerciale sur les marchés d’exportation poussent certaines exploitations à revoir leurs stratégies culturales.
Le poivron apparaît ainsi comme une option de diversification pour des producteurs disposant déjà des infrastructures nécessaires à la production sous serre et d’une expérience dans les cultures maraîchères destinées à l’export.
La transition concerne notamment les poivrons doux ainsi que le type Kapia, dont les débouchés commerciaux restent dynamiques sur plusieurs marchés.
Une hausse des volumes attendue
L’arrivée de nouveaux producteurs devrait se traduire par une augmentation de la production marocaine de poivrons.
Selon les données de l’Association marocaine des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL), le Maroc a exporté entre 80 000 et 90 000 tonnes de poivrons doux et de piments au cours de chacune des campagnes 2024-2025 et 2025-2026.
La part du poivron doux aurait par ailleurs légèrement progressé lors de la dernière campagne.
La nouvelle dynamique observée dans les zones de production pourrait donc permettre au Maroc d’accroître encore ses volumes disponibles pour l’export.
La demande internationale pourrait absorber les nouveaux volumes
Malgré l’augmentation attendue de l’offre, les professionnels du secteur restent confiants quant aux capacités du marché à absorber les volumes supplémentaires.
La diversification des destinations constitue un atout important pour les exportateurs marocains. Le poivron marocain est déjà présent sur plusieurs marchés européens et poursuit son développement sur certaines destinations.
Les exportations vers la Norvège ont notamment fortement progressé au cours de la campagne 2025-2026, illustrant les possibilités de développement sur des marchés européens encore en croissance.
Cette dynamique commerciale pourrait faciliter l’intégration de nouveaux producteurs dans la filière.
Le défi phytosanitaire reste majeur
La conversion d’une serre de tomate vers le poivron ne garantit toutefois pas automatiquement de meilleurs résultats économiques.
La maîtrise sanitaire des cultures restera l’un des principaux défis de la campagne. Le développement des superficies peut également favoriser une augmentation de la pression de certains ravageurs et maladies si les stratégies de protection ne sont pas correctement adaptées.
Les producteurs devront notamment renforcer le monitoring des parcelles et adapter leurs programmes de protection intégrée aux spécificités du poivron.
La qualité des fruits, la régularité des volumes et le respect des exigences des marchés d’exportation seront également déterminants.
Vers un nouvel équilibre du maraîchage sous serre ?
La progression du poivron ne signifie pas nécessairement un recul structurel de la tomate marocaine. Cette dernière reste un pilier majeur des exportations agricoles du Royaume.
La tendance actuelle montre cependant que les producteurs cherchent davantage à diversifier leurs cultures et à répartir les risques économiques.
Si l’augmentation annoncée des volumes de poivrons se confirme, la campagne 2026-2027 pourrait marquer une nouvelle étape dans l’évolution du maraîchage sous serre marocain.
Pour les opérateurs de la filière, l’enjeu sera désormais d’éviter qu’une hausse rapide de l’offre ne se transforme en pression sur les prix. La capacité à diversifier les marchés et à maintenir un haut niveau de qualité sera déterminante pour assurer la rentabilité de cette nouvelle dynamique.



