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La Drosophila suzukii, également appelée drosophile à ailes tachetées, est devenue en quelques années l’un des ravageurs majeurs des petits fruits (fraise, framboise, myrtille, cerise). Introduite en Europe à la fin des années 2000, cette mouche invasive provoque des pertes économiques importantes et reste difficile à maîtriser avec les méthodes classiques.
Face aux limites des solutions chimiques, la recherche explore aujourd’hui de nouvelles stratégies de lutte durable. Parmi les pistes les plus étudiées figurent l’introduction du parasitoïde Ganaspis brasiliensis et la technique de l’insecte stérile (TIS).
Un parasitoïde spécifique : Ganaspis brasiliensis
Originaire d’Asie, Ganaspis brasiliensis est une petite guêpe parasitoïde qui cible spécifiquement les larves de Drosophila suzukii. La femelle pond ses œufs dans les larves présentes dans les fruits, et le développement de la guêpe entraîne la mort de la drosophile.
Cette espèce est considérée comme l’ennemi naturel le plus spécifique de la mouche. Des programmes de lutte biologique ont déjà été lancés dans plusieurs pays européens, notamment en Italie, en France et en Suisse, avec des lâchers expérimentaux dans des zones agricoles et naturelles.
L’objectif est d’installer durablement ce parasitoïde dans l’environnement afin de réduire naturellement les populations de drosophiles sur le long terme.
La technique de l’insecte stérile (TIS)
La technique de l’insecte stérile (TIS) repose sur un principe simple :
produire massivement des insectes en laboratoire
stériliser les mâles par irradiation
les relâcher dans les zones infestées
Les femelles sauvages qui s’accouplent avec ces mâles ne produisent pas de descendance, ce qui entraîne une diminution progressive de la population.
Cette méthode a déjà été utilisée avec succès contre plusieurs mouches des fruits dans le monde et fait aujourd’hui l’objet d’essais pour Drosophila suzukii, notamment dans les cultures de fraises et de framboises.
Vers une lutte intégrée contre la drosophile
Les chercheurs s’orientent désormais vers des stratégies combinées, associant :
lutte biologique (parasitoïdes)
TIS
piégeage de masse
filets anti-insectes
gestion des fruits non récoltés
Dans ce contexte, Ganaspis brasiliensis et la TIS pourraient devenir deux outils complémentaires dans la lutte intégrée contre ce ravageur particulièrement destructeur.
Un enjeu majeur pour la filière petits fruits
Avec l’augmentation des surfaces de fruits rouges et de cerises, la pression de Drosophila suzukii reste élevée dans de nombreuses régions de production.
Le développement de solutions biologiques et biotechnologiques constitue donc une priorité pour sécuriser les récoltes tout en réduisant l’usage des insecticides.
Les prochaines années permettront de confirmer l’efficacité de ces approches et leur intégration dans les stratégies de protection des cultures.




