
Quelles sont les cultures les plus adaptées à l’agriculture verticale ?
31 August 2022
Un maraîcher revendique le record du plus grand nombre de tomates sur un seul plant au Royaume uni
31 August 2022
culture durable des fraises : une filière sous tension face aux défis économiques et climatiques. Les gros titres alarmistes sur les récoltes de fraises sacrifiées résonnent avec une réalité complexe pour les producteurs. Cette situation, loin d’être anecdotique, met en lumière les fragilités d’un secteur confronté à des pressions croissantes, tant sur le plan des coûts que de la main-d’œuvre et des aléas climatiques. Alors, comment repenser la culture durable des fraises pour garantir sa viabilité et son attrait futur ?
Les multiples facettes de la crise dans la culture durable des fraises
La baisse du nombre d’exploitations consacrées à la culture de fraises en plein champ en Allemagne depuis 2017, comme l’indique Simon Schumacher de la VSSE, est un symptôme préoccupant. Cette tendance s’explique par plusieurs facteurs interconnectés. Premièrement, la diminution générale du nombre d’exploitations agricoles, qui contraint certains agriculteurs à se réorienter vers des cultures plus extensives ou moins exigeantes en main-d’œuvre et en logistique de récolte, comme les grandes cultures. La culture de la fraise, par sa nature délicate et sa saisonnalité, demande une organisation sans faille pour la cueillette et la commercialisation, des aspects qui peuvent décourager face à des alternatives plus stables.
La pénurie de main-d’œuvre saisonnière, exacerbée par des crises mondiales telles que la pandémie de COVID-19 ou le conflit en Ukraine, constitue un autre défi majeur. En Allemagne, l’estimation de 77 000 aides nécessaires annuellement pour acheminer les fraises des champs aux consommateurs souligne l’ampleur du besoin. La difficulté de trouver et de retenir cette main-d’œuvre, souvent étrangère, rend la gestion des exploitations particulièrement ardue et coûteuse. Les coûts liés au recrutement, au transport, à l’hébergement et aux exigences réglementaires se multiplient, grevant davantage la rentabilité des producteurs.
Face à ces contraintes, une évolution notable s’observe : l’augmentation de la culture protégée. Cette transition répond à une volonté de mieux maîtriser les conditions de production, de réduire les risques liés aux intempéries et d’optimiser l’utilisation des ressources. L’entretien et la gestion des serres, bien qu’impliquant des investissements initiaux importants, peuvent offrir une meilleure prévisibilité des rendements et une qualité constante, éléments cruciaux pour répondre aux exigences des distributeurs et des consommateurs attentifs à la culture durable des fraises.
La recherche et l’innovation au service de la culture durable des fraises
Pour comprendre les contours de la culture durable des fraises de demain, il est essentiel de se pencher sur les initiatives de recherche et développement. Bart Jongelen, membre de l’équipe du Delphy Innovative Soft Fruit Center (ISFC) aux Pays-Bas, partage ses perspectives sur les innovations visant à rendre cette culture plus attractive pour les agriculteurs. Le centre de recherche explore activement de nouvelles techniques, qu’il s’agisse de systèmes de culture hydroponique, d’automatisation accrue pour les tâches répétitives, de variétés plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques, ou encore de méthodes de lutte intégrée contre les ravageurs pour minimiser l’usage des pesticides. Ces avancées technologiques sont essentielles pour réduire les coûts de production, améliorer l’efficacité et, in fine, garantir la pérennité de la culture durable des fraises.
La transition vers la culture protégée, bien que coûteuse à l’origine, permet de répondre à plusieurs enjeux cruciaux pour la culture durable des fraises. Elle offre une protection contre les conditions météorologiques imprévisibles, telles que les fortes pluies, la grêle ou les gelées tardives, qui peuvent anéantir des récoltes entières en quelques heures. De plus, la culture en environnement contrôlé permet une gestion plus précise de l’irrigation et de la fertilisation, optimisant ainsi l’usage de ressources précieuses et réduisant le gaspillage. L’utilisation de substrats inertes et la recirculation de l’eau dans les systèmes hydroponiques contribuent également à une utilisation plus efficiente des ressources, un aspect fondamental de la durabilité. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) promeut de telles approches pour une agriculture plus résiliente et respectueuse de l’environnement.
Les enjeux économiques et le prix de la fraise
La dynamique entre le prix de revient et le prix de vente est au cœur des difficultés rencontrées par les producteurs de fraises. Les coûts de production, qu’il s’agisse des intrants (engrais, produits phytosanitaires, substrats), de la main-d’œuvre, de l’énergie pour le chauffage des serres ou encore de l’amortissement des infrastructures, sont en constante augmentation. Ces coûts sont souvent supportés par les agriculteurs de manière isolée, tandis que les prix de vente sont négociés en grande partie avec la grande distribution, qui cherche à proposer des prix attractifs aux consommateurs. Ce déséquilibre peut mener à des situations où le prix de vente ne couvre même pas les coûts de production, rendant la culture non rentable et conduisant à la destruction des récoltes, comme cela a été observé.
Dans un contexte où la demande pour des produits issus de l’agriculture locale et durable est croissante, il est paradoxal de constater que les producteurs peinent à valoriser leur travail. Les consommateurs souhaitent des fraises fraîches, gustatives et produites dans le respect de l’environnement, mais la perception du prix juste reste un frein. La sensibilisation à la valeur ajoutée de la culture durable des fraises, impliquant des méthodes de production plus coûteuses mais plus respectueuses, est donc primordiale. Il est également crucial de repenser les circuits de distribution pour permettre aux producteurs de capter une plus grande part de la valeur, par exemple via des circuits courts, des groupements de producteurs ou des partenariats directs avec les consommateurs.
La recherche de modèles économiques plus équitables pour la culture durable des fraises est donc une priorité. L’exploration de nouvelles formes de commercialisation, la valorisation des labels de qualité, et l’accompagnement des producteurs dans la transition vers des pratiques plus durables sont autant de pistes à explorer. Le lien avec le Ministère de l’Agriculture ou des organisations professionnelles agricoles locales peut également offrir des leviers d’action et des soutiens précieux pour surmonter ces défis.
FAQ sur la crise actuelle de la culture durable des fraises
Pourquoi le prix de la culture durable des fraises augmente-t-il ?
Le prix de la culture durable des fraises augmente principalement en raison de l’augmentation des coûts de production. Cela inclut les coûts de main-d’œuvre, les intrants (engrais, produits de protection des cultures), l’énergie pour les serres, et les investissements nécessaires pour adopter des pratiques durables et des technologies innovantes. La recherche de qualité et de traçabilité a également un coût qui se répercute sur le prix final.
La culture en serre est-elle la seule solution pour la culture durable des fraises ?
Non, la culture en serre n’est pas la seule solution, mais elle est de plus en plus adoptée pour garantir une production stable et protéger les cultures des aléas climatiques. La culture en plein champ, pratiquée de manière durable avec des méthodes d’agriculture biologique ou raisonnée, reste une option viable, à condition de mettre en place des stratégies adaptées pour faire face aux défis mentionnés. L’innovation dans les systèmes de culture, qu’ils soient sous abri ou en plein champ, est clé pour une culture durable des fraises.
Quel est le rôle des consommateurs dans le soutien à la culture durable des fraises ?
Les consommateurs ont un rôle essentiel en soutenant la culture durable des fraises par leurs choix d’achat. Privilégier les produits locaux, de saison, issus de producteurs engagés dans des pratiques durables, et être prêt à payer un prix juste pour garantir la rentabilité des agriculteurs, sont des actions concrètes. S’informer sur les méthodes de production et la provenance des fraises permet également de faire des choix éclairés.
En conclusion, la culture durable des fraises est à la croisée des chemins. Face aux pressions économiques et environnementales, l’innovation, la recherche de modèles économiques plus équitables et une meilleure valorisation du travail des producteurs sont indispensables. Les avancées technologiques et les pratiques culturales optimisées, telles que celles explorées par des centres comme Delphy, offrent des perspectives prometteuses. Pour que la fraise de demain continue de ravir nos palais, une collaboration accrue entre agriculteurs, chercheurs, distributeurs et consommateurs est nécessaire. Pour plus d’informations sur les pratiques agricoles durables, vous pouvez consulter le site de HortiTecNews.




