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Le sud du Maroc se prépare à tourner une page importante de son histoire hydraulique avec l’achèvement du barrage de Fask, situé dans la région de Guelmim-Oued Noun. Ce projet, lancé en 2018 et bientôt opérationnel, représente un investissement de 1,5 milliard de dirhams, financé en partie par le Qatar.
Avec une capacité de stockage de près de 80 millions de mètres cubes, le barrage est présenté comme le plus grand ouvrage hydraulique du Sud marocain. Sa construction intervient dans un contexte marqué par les inondations meurtrières de 2014, qui avaient causé 47 morts dans les régions de Sidi Ifni et Guelmim. Le nouvel ouvrage devrait ainsi jouer un rôle crucial de protection contre les crues et de régulation des débits, afin d’éviter la répétition de telles catastrophes.
Un moteur pour l’agriculture locale
Au-delà de la sécurité contre les crues, le barrage de Fask constitue un levier pour le développement agricole. Grâce à ses retenues, il permettra d’irriguer entre 10.000 et 20.000 hectares de périmètres agricoles situés en aval. Plusieurs communes, dont Fask, Asrir, Assrir-Laksabi et Oulad Ghanim, bénéficieront directement de ce projet. Une première phase prévoit déjà l’irrigation d’environ 8.600 hectares.
Cette ressource précieuse contribuera à améliorer les rendements, sécuriser les revenus des agriculteurs et renforcer la recharge de la nappe phréatique locale, aujourd’hui soumise à une forte pression.
Réponse aux besoins en eau potable
Le barrage de Fask répond également aux enjeux croissants de l’approvisionnement en eau potable. Les lâchers d’eau permettront de satisfaire les besoins des populations locales tout en sécurisant la nappe jusqu’en 2040. Selon les prévisions, la demande en eau potable atteindra près de 8,7 millions de m³ par an d’ici 2040.
Retombées socio-économiques
Le projet ne se limite pas à l’ouvrage hydraulique : il inclut aussi l’aménagement des routes menant au barrage, déjà finalisées, améliorant ainsi la mobilité et le désenclavement de plusieurs zones rurales.
Pour Imane Nachat, ingénieure en charge du chantier, le barrage de Fask « aura des retombées socio-économiques considérables », non seulement par la protection des habitants contre les crues, mais aussi par la création de nouvelles opportunités agricoles et le renforcement de la sécurité hydrique.
Un projet structurant pour la région
S’inscrivant dans le cadre du programme de développement intégré de la région Guelmim-Oued Noun, signé devant le roi Mohammed VI en 2016 à Dakhla, le barrage de Fask symbolise la volonté de l’État de doter le Sud d’infrastructures stratégiques. À la fois outil de protection, d’irrigation et d’alimentation en eau potable, il est appelé à transformer durablement le visage de cette région.




