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Après une campagne record dépassant les 100 000 tonnes, la filière marocaine de l’avocat enregistre un net recul, pénalisée par des aléas climatiques majeurs et des tensions sur le marché.
La campagne marocaine d’exportation d’avocats 2025-2026 s’est achevée sur une forte contraction des volumes, avec 58 000 tonnes exportées, contre plus de 100 000 tonnes la saison précédente. Une rupture brutale de dynamique pour une filière en pleine croissance ces dernières années.
Selon les données relayées par des sources professionnelles, cette campagne s’est déroulée dans un contexte particulièrement difficile, combinant stress climatique, tensions commerciales et contraintes logistiques.
Une offre fortement réduite dès le départ
La baisse des volumes trouve son origine dans des conditions climatiques extrêmes survenues en amont de la campagne. Des vagues de chaleur intenses ont fortement impacté la production, entraînant des pertes estimées à près de 50 % des volumes initialement attendus.
Cette chute brutale de l’offre a désorganisé la filière dès les premières phases de récolte, avec une disponibilité limitée du produit sur le marché.
Des prix élevés… mais un marché compliqué
Dans ce contexte de rareté, les prix se sont maintenus à des niveaux élevés. Mais contrairement à ce que l’on pourrait attendre, cette situation n’a pas profité pleinement aux opérateurs.
Des prix élevés dans un marché concurrentiel ne garantissent pas la fluidité commerciale.
Face à une offre marocaine réduite, les marchés européens ont été largement approvisionnés par d’autres origines, ce qui a limité la capacité du produit marocain à s’imposer. Résultat : des difficultés de commercialisation tout au long de la campagne.
Des tensions au sein de la filière
La combinaison d’une offre limitée et de conditions de marché complexes a généré des tensions entre producteurs et exportateurs.
Des divergences sont apparues sur les niveaux de prix et les stratégies de commercialisation, allant jusqu’à provoquer, dans certains cas, des suspensions temporaires de récolte.
Ce type de situation reflète un point critique pour la filière :
l’absence d’alignement entre production et marché peut amplifier les effets d’une crise.
Des contraintes logistiques pénalisantes
Aux difficultés agricoles et commerciales se sont ajoutés des problèmes logistiques importants. Des fermetures portuaires liées aux conditions climatiques, un manque de moyens de transport et des délais prolongés ont affecté la chaîne d’export.
Ces perturbations ont eu un impact direct sur la qualité des fruits en fin de campagne, réduisant encore la valorisation des volumes disponibles.
Une fin de campagne sous pression
La situation ne s’est pas améliorée en fin de saison. De nouveaux épisodes climatiques, marqués par des inondations et des vents violents dans les régions du Loukkos et du Gharb, ont entraîné des pertes supplémentaires dans les principaux bassins de production du nord.
Une campagne jugée décevante
Au final, le bilan dressé par les opérateurs reste mitigé. Malgré les efforts déployés pour honorer les engagements commerciaux, les résultats sont jugés globalement insatisfaisants.
Cette campagne met en évidence plusieurs fragilités structurelles :
forte dépendance aux conditions climatiques
sensibilité aux équilibres du marché international
vulnérabilité logistique
tensions internes dans la filière
Un avertissement pour une filière en croissance
Après plusieurs années de forte expansion, la campagne 2025-2026 agit comme un signal d’alerte pour la filière marocaine de l’avocat.
La croissance future ne pourra être durable sans :
– une meilleure gestion des risques climatiques
– une coordination renforcée entre acteurs
– une stratégie commerciale plus agile face à la concurrence
– et une maîtrise accrue de la logistique




