Réussir son compostage à la ferme (Part.1)

compostage

Lorsque le compost est épandu sur une terre agricole, il augmente le contenu en matière organique et bonifie les propriétés physiques et chimiques du sol, ce qui améliore l’état d’ameublissement, la teneur en éléments nutritifs et le pH.

Le compost peut également constituer un excellent ingrédient dans les substrats de culture pour la production en serre, car il retient l’humidité ainsi que les éléments nutritifs.

Cet article présente les informations, les méthodes et les recommandations pertinentes à l’intention des agriculteurs qui s’intéressent au compostage à la ferme.

Toutes les matières organiques comme le fumier, le foin, la paille, les feuilles, l’écorce, la sciure, le bois de taille, les déchets d’arrachage des cultures, les déchets de poissons et de fruits de mer peuvent servir de matière première pour fabriquer du compost. Ces matières sont mélangées et mises en tas ou en andain dans les proportions spécifiques pour que le rapport carbone sur azote (C/N) soit optimal. Après le mélange des matières premières, on ajoute de l’eau, au besoin. Avec la bonne teneur en humidité, les microorganismes contenus dans les matières premières s’activent et font chauffer le tas. Lorsquele tas/l’andain chauffe à une température optimale, on le retourne. Cette action permet d’incorporer de l’oxygène dans les matières premières, ce qui a pour conséquence de refroidir le tas. Après le retournement, la décomposition microbienne des matières premières fait de nouveau chauffer le tas/l’andain et le retournement continue jusqu’à ce que les matières premières d’origine aient été suffisamment assimilées par les microbes et que la température se stabilise.

 

La méthode consistant à retourner fréquemment le compost au cours du processus du compostage pour assurer une bonne circulation de l’air dans le tas, s’appelle le compostage en aérobie. Elle permet une décomposition microbienne plus efficace et les matières premières se transforment plus facilement en compost. Donc, contrairement à ce que font beaucoup de gens, il ne faut pas couvrir le tas pour accélérer le processus de compostage.

Lorsque le compost est obtenu en plaçant la matière dans de grands andains, sans retournements fréquents, on parle de compostage anaérobique, étant donné que très peu d’air pénètre dans le tas. Par conséquent, le processus de dégradation microbienne est plus lent.

Donc, contrairement à ce que font beaucoup de gens, il ne faut pas couvrir le tas pour accélérer le processus de compostage. 


Conditions essentielles pour produire du compost

Afin que les activités biologiques nécessaires se produisent, certaines conditions essentielles sont requises, dont :

1. l’apport en nutriments (carbone et azote);

2. l’humidité;

3. l’oxygène;

4. la chaleur.


1. Apport en nutriments

Les microorganismes se nourrissent, entre autres, d’un mélange de sources de carbone (C) et d’azote (N). En règle générale, au début du processus de compostage, le rapport C/N doit se situer dans la fourchette de 20/1 à 40/1, le rapport optimal se situant entre 25/1 et 30/1. Si le rapport est inférieur à 25/1, la perte d’azote sera plus importante. S’il est supérieur à 35/1, il faudra plus de temps pour que le compost arrive à maturité.

 

Afin de déterminer le mélange adéquat de sources de carbone et d’azote dans une recette de compost équilibrée, il est utile de faire analyser les matières premières contenues dans le compost afin de vérifier leur concentration en carbone et en azote. Ou bien se baser sur des valeurs moyennes données par la bibliographie, comme le tableau ci-dessous.



2. Humidité

La teneur en humidité généralement acceptée afin de produire du compost se situe entre 40 et 65 %, la teneur optimale étant de 50 à 60 %. Selon la matière première utilisée, il faudra peut-être ajouter de l’eau au cours des phases actives ou thermophiles (pendant lesquelles la chaleur augmente beaucoup), surtout si le compostage est effectué durant la période estivale. En cas de fortes chaleurs, la respiration qui se produit au cours du processus de compostage aura tendance à faire baisser l’humidité en dessous du niveau optimal.

Au cours des phases de séchage ou mésophiles et au cours des mois humides et froids, il faudra éliminer l’excès d’humidité dans le compost. Une bâche permettra de mettre le compost à l’abri des conditions indésirables.

 

Si le taux d’humidité du tas dépasse 65 %, le processus de compostage tend à devenir anaérobique, ce qui crée des problèmes tels que des odeurs désagréables. Cela peut également avoir un effet négatif sur les concentrations d’oxygène et ralentir le processus de compostage.


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