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Tunisie : Le synagri plaide pour un accord sur un prix référentiel de la tomate destinée à la transformation
La filière tomate en Tunisie traverse une période de turbulences. Le Syndicat des Agriculteurs de Tunisie (SYNAGRI) a récemment exprimé une préoccupation majeure concernant la volatilité des prix de la tomate destinée à la transformation. Face à cette instabilité, le SYNAGRI plaide activement pour l’instauration d’un consensus sur un prix référentiel à la production, un prix que toutes les parties prenantes du secteur s’engageraient à respecter. Cette démarche vise à apporter une stabilité tant attendue aux producteurs, confrontés à des coûts de production croissants et à une incertitude quant à la rentabilité de leurs exploitations. Le Tomato Price est au cœur de ces discussions, car il détermine directement la viabilité économique de nombreux agriculteurs tunisiens.
Le prix référentiel de la tomate : un appel à la stabilité
Dans un communiqué publié mercredi dernier, le SYNAGRI a clairement défini ses attentes. Le syndicat a insisté sur le fait que le seuil minimum de ce Tomato Price, hors taxe, devrait se situer aux alentours de 150 millimes le kilogramme à la production. Cette revendication est d’autant plus urgente que la décision du ministre de l’agriculture, prise le 25 octobre 2012, et qui stipulait une augmentation du prix de cette denrée, n’est pas encore entrée en application. Cette application tardive accentue la pression sur les agriculteurs, qui voient leurs marges se réduire. Le manque de clarté sur le Tomato Price actuel rend la planification des investissements agricoles extrêmement difficile. Les producteurs ont besoin de visibilité pour assurer la pérennité de leurs activités et pour continuer à approvisionner l’industrie de transformation. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne l’importance de prix stables et équitables pour le développement du secteur agricole mondial, un principe qui trouve ici toute sa résonance.
Le SYNAGRI a ainsi lancé un avertissement clair : si leurs revendications légales ne sont pas satisfaites avant le 5 décembre 2014, le syndicat n’hésitera pas à appeler les agriculteurs à cesser la production de tomates. Une telle décision entraînerait un réorientation vers des cultures alternatives, ce qui pourrait avoir des conséquences significatives sur l’approvisionnement de l’industrie nationale en matière première. Ce scénario est loin d’être souhaitable, tant pour les producteurs que pour les transformateurs. La fixation d’un Tomato Price juste et rémunérateur est donc un impératif pour éviter une telle situation.
Au-delà de la fixation d’un prix minimum, le SYNAGRI a également appelé à l’instauration d’un système de paiement graduel, directement lié à la qualité des produits. Cette approche reconnaît la diversité des qualités de tomates produites et vise à récompenser les efforts des agriculteurs qui investissent dans l’amélioration de leurs cultures. Cependant, cette condition est soumise à la réunion de toutes les conditions favorables nécessaires pour garantir les droits de tous les intervenants dans le secteur. Il est crucial que ce système de paiement soit transparent et équitable pour toutes les parties. Le Tomato Price doit refléter non seulement la quantité, mais aussi la qualité.
Les défis agronomiques et économiques de la filière tomate
La production de tomate, bien qu’essentielle pour l’économie tunisienne, fait face à des défis agronomiques considérables. Les agriculteurs sont confrontés à un stress hydrique croissant, une problématique majeure dans de nombreuses régions du pays. L’irrigation représente une part importante des coûts de production, et la gestion de cette ressource précieuse est un enjeu crucial. Parallèlement, le coût des intrants agricoles, tels que les engrais, les pesticides et les semences, a connu une augmentation significative ces dernières années. Ces éléments, combinés à la nécessité d’investir dans des techniques de culture modernes pour améliorer le rendement et la qualité, pèsent lourdement sur la rentabilité. Dans ce contexte, un Tomato Price trop bas ne permet pas de couvrir ces coûts de production croissants, rendant l’activité agricole de moins en moins attractive. L’impact de ces coûts se répercute directement sur le Tomato Price final.
La dynamique entre le “coût de production” et le “prix de vente” est au cœur de la crise que traverse la filière tomate. Le coût de production englobe toutes les dépenses engagées par l’agriculteur : achat de semences, fertilisation, irrigation, main-d’œuvre, protection des cultures, et récolte. S’y ajoutent les coûts indirects comme l’amortissement du matériel et les frais administratifs. Le prix de vente, quant à lui, est le montant auquel l’agriculteur cède sa production. Idéalement, le prix de vente doit être supérieur au coût de production pour assurer une marge bénéficiaire. Cependant, dans le cas de la tomate destinée à la transformation, ce rapport est souvent déséquilibré. Les négociations entre producteurs, collecteurs et industriels déterminent le Tomato Price, et lorsque la demande est faible ou que les transformateurs exercent une pression à la baisse, les agriculteurs se retrouvent avec un prix de vente insuffisant pour couvrir leurs investissements. Ce déséquilibre peut conduire à des pertes financières, voire à l’abandon des exploitations, menaçant ainsi la sécurité alimentaire et l’emploi dans le secteur.
Les recommandations du SYNAGRI et les perspectives
Pour sortir de cette impasse, le SYNAGRI a recommandé la tenue, durant la semaine suivant la publication du communiqué, d’une réunion consultative. Cette rencontre devait rassembler les représentants des agriculteurs, des collecteurs et des industriels. L’objectif était de créer un espace de dialogue constructif pour aborder les problèmes et trouver des solutions concertées. Le syndicat a également exhorté toutes les parties officielles de l’agriculture, de l’industrie et du commerce à assumer leurs responsabilités dans la résolution des problèmes qui menacent la pérennité de cette filière stratégique. Il est essentiel que les pouvoirs publics interviennent activement pour faciliter ce dialogue et mettre en place les mécanismes nécessaires à la stabilisation du Tomato Price. Le Ministère de l’Agriculture tunisien, en tant qu’acteur clé, doit jouer un rôle proactif dans la médiation et la définition de politiques agricoles favorables.
Ces revendications ne sont pas nées de nulle part. Elles ont été formulées à l’issue de la dernière réunion tenue le 17 novembre 2014 à Kairouan. Cet événement a rassemblé un nombre important d’agriculteurs et de collecteurs venus de différentes régions du pays, témoignant de l’ampleur des préoccupations partagées au sein de la communauté agricole. La discussion autour du Tomato Price est donc un enjeu qui concerne l’ensemble du territoire. Les perspectives de la filière tomate en Tunisie dépendront largement de la capacité des différents acteurs à trouver un terrain d’entente et à mettre en œuvre des politiques agricoles durables, qui garantissent un Tomato Price juste et rémunérateur pour les producteurs.
La nécessité d’une filière tomate tunisienne robuste et compétitive est également soulignée par le secteur privé. Les professionnels de l’horticulture, tels que ceux représentés par HortiTecNews, jouent un rôle essentiel dans l’échange d’informations et la promotion des bonnes pratiques. Une filière bien structurée contribue à l’économie nationale et à l’emploi.
FAQ sur la crise actuelle du Tomato Price
Pourquoi le prix de la tomate destinée à la transformation est-il si instable en Tunisie ?
L’instabilité du Tomato Price est due à plusieurs facteurs : la volatilité des coûts de production (intrants, eau, main-d’œuvre), une offre qui peut dépasser la demande à certains moments, et une négociation des prix souvent déséquilibrée entre les producteurs et les transformateurs. L’absence d’un prix référentiel clairement défini et respecté par tous aggrave cette situation.
Quelles sont les conséquences d’un Tomato Price trop bas pour les agriculteurs ?
Un Tomato Price insuffisant ne permet pas aux agriculteurs de couvrir leurs coûts de production. Cela entraîne des pertes financières, une incapacité à réinvestir dans leurs exploitations, et peut les pousser à abandonner la culture de la tomate pour se tourner vers d’autres productions, voire à quitter le secteur agricole. Cela menace la capacité de la Tunisie à produire localement cette matière première essentielle pour l’industrie agroalimentaire.
Comment un système de paiement graduel basé sur la qualité pourrait-il améliorer la situation ?
Un système de paiement graduel permettrait de différencier le Tomato Price en fonction de la qualité de la tomate livrée. Les agriculteurs qui produisent des tomates de meilleure qualité, grâce à des investissements dans leurs pratiques culturales et leurs variétés, seraient mieux rémunérés. Cela inciterait l’ensemble des producteurs à améliorer la qualité de leurs productions, bénéficiant ainsi à toute la chaîne de valeur, de l’agriculteur au consommateur final.
Quelle est la différence entre le prix de la tomate de table et celui de la tomate destinée à la transformation ?
La tomate de table est destinée à la consommation fraîche et est généralement vendue directement aux consommateurs ou aux marchés de gros. Son prix est plus sensible aux fluctuations de la demande de détail et aux conditions saisonnières. La tomate destinée à la transformation, quant à elle, est utilisée pour fabriquer des produits comme le concentré de tomate, les sauces ou les conserves. Son Tomato Price est le fruit de négociations entre les agriculteurs et les industriels, et est souvent soumis à des contrats annuels ou pluriannuels, bien que l’instabilité actuelle montre que ces contrats ne suffisent pas toujours à garantir une rémunération équitable.




