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Tomates turques : la Russie ouvre enfin ses portes, mais à quel prix ? Après des années de tensions et de restrictions, la Russie a officiellement annoncé qu’elle autorisera l’entrée d’une quantité limitée de tomates d’origine turque, plafonnée à 50 000 tonnes. Cette décision, bien que saluée par les exportateurs, représente une fraction infime des volumes exportés par la Turquie avant la crise diplomatique de 2015, qui atteignaient près de 346 000 tonnes. Néanmoins, le gouvernement turc se montre optimiste, y voyant un premier pas encourageant vers une normalisation progressive des échanges commerciaux. La Russie, de son côté, affirme soutenir activement ses producteurs nationaux de tomates, les incitant à accroître leur production ces dernières années, allant jusqu’à envoyer une délégation pour inspecter les conditions de culture en Turquie. La tomate constitue un pilier de l’économie d’exportation turque, et la Russie fut historiquement l’un de ses principaux marchés. L’évolution de cette situation est donc à suivre de près, car elle pourrait avoir des répercussions significatives sur le marché mondial des fruits et légumes.
Les enjeux du marché mondial pour les tomates turques
L’annonce de l’ouverture partielle du marché russe aux tomates turques met en lumière les pressions économiques et géopolitiques qui façonnent le commerce agricole mondial. La Turquie, forte de son climat favorable et de son expertise agricole, est un acteur majeur sur la scène internationale des fruits et légumes. Ses productions, et notamment les tomates, sont très demandées sur de nombreux marchés. Cependant, les relations commerciales internationales sont souvent fragiles et sujettes à des aléas politiques. La fermeture du marché russe en 2015 a eu des conséquences considérables pour les producteurs turcs, les forçant à chercher de nouveaux débouchés et à s’adapter aux nouvelles réalités du marché. Cette nouvelle ouverture, bien que symbolique par son quota, offre un espoir de reconquête d’un marché important. Elle s’inscrit dans un contexte global où la demande alimentaire ne cesse de croître, notamment celle émanant de pays comme la Russie qui cherchent à diversifier leurs sources d’approvisionnement tout en soutenant leur production nationale. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne régulièrement l’importance de la diversification des sources d’approvisionnement pour assurer la sécurité alimentaire mondiale, un principe qui semble ici trouver une illustration concrète.
Défis agronomiques et économiques derrière la production de tomates turques
Derrière l’image de fruits gorgés de soleil, la production de tomates turques, comme celle de nombreux autres produits agricoles, est confrontée à des défis agronomiques et économiques de taille. La gestion de l’eau est une préoccupation constante dans de nombreuses régions productrices, où le stress hydrique peut affecter la qualité et le rendement des cultures. Les coûts des intrants, tels que les engrais, les pesticides et l’énergie nécessaire au chauffage des serres, ont connu une augmentation significative ces dernières années. Ces facteurs, combinés aux fluctuations des taux de change, exercent une pression considérable sur la rentabilité des exploitations. Les producteurs doivent constamment optimiser leurs pratiques culturales pour rester compétitifs. Cela implique une recherche d’efficacité accrue, l’adoption de nouvelles technologies et une meilleure gestion des risques. L’investissement dans des systèmes d’irrigation plus efficaces, l’utilisation de variétés plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques difficiles, ainsi que la transition vers des pratiques agricoles durables sont autant de stratégies mises en œuvre pour répondre à ces défis.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est au cœur des préoccupations des producteurs de tomates turques. Le coût de production comprend toutes les dépenses engagées pour amener le produit sur le marché : semences, engrais, eau, énergie, main-d’œuvre, transport, conditionnement, et même les coûts liés au respect des normes sanitaires et environnementales. Les prix de vente, quant à eux, sont déterminés par une multitude de facteurs : l’offre et la demande sur les marchés locaux et internationaux, la qualité du produit, les coûts logistiques, la concurrence d’autres pays producteurs, et bien sûr, les conditions d’accès aux marchés, comme l’ouverture ou la fermeture des frontières russes. Une marge bénéficiaire saine est essentielle pour la pérennité des exploitations, leur permettant d’investir dans de nouvelles technologies, de former leur personnel et de faire face aux imprévus. Lorsque les coûts de production augmentent plus rapidement que les prix de vente, la rentabilité s’érode, mettant en péril la survie de nombreuses exploitations. C’est dans ce contexte que l’accès à des marchés d’exportation stables et rémunérateurs, comme le marché russe, devient crucial pour les producteurs de tomates turques.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux fluctuations des marchés d’exportation, les producteurs de tomates turques explorent activement diverses stratégies pour diversifier leurs revenus et sécuriser leurs activités. L’un des axes majeurs concerne le développement de marchés domestiques plus solides. En améliorant la qualité, la présentation et la logistique de leurs produits, les producteurs turcs visent à capter une plus grande part du marché intérieur, qui représente un volume considérable. Parallèlement, de nouvelles orientations s’ouvrent vers des marchés émergents en Afrique et en Asie, où la demande de produits frais est en constante augmentation. L’agriculture contractuelle, qui consiste à produire selon les spécifications et les garanties d’achat de grandes chaînes de distribution ou d’entreprises agroalimentaires, offre également une stabilité bienvenue. L’innovation variétale, avec le développement de nouvelles variétés de tomates résistantes aux maladies, mieux adaptées aux conditions climatiques locales ou présentant des qualités gustatives et nutritionnelles améliorées, constitue une autre voie prometteuse. Enfin, l’agrotourisme, qui permet de valoriser le patrimoine agricole et d’offrir une expérience unique aux visiteurs, se développe dans certaines régions et représente une source de revenus complémentaire non négligeable.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate turque fluctue-t-il autant ?
Le prix de la tomate turque est influencé par une combinaison de facteurs, notamment les coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), les conditions météorologiques, l’offre et la demande sur les marchés nationaux et internationaux, ainsi que les politiques commerciales et les accords d’importation et d’exportation, comme la récente ouverture du marché russe.
Quelles sont les implications de l’ouverture partielle du marché russe pour les producteurs turcs ?
L’ouverture, même partielle, du marché russe est une nouvelle positive qui offre une opportunité de retrouver un débouché important. Cependant, le quota limité à 50 000 tonnes est bien inférieur aux volumes exportés avant 2015, ce qui signifie que la plupart des producteurs devront toujours compter sur d’autres marchés pour écouler leur production. Cela marque un début de normalisation, mais le chemin est encore long pour retrouver les niveaux d’exportation d’antan.
La Turquie peut-elle compenser la perte de marché russe par d’autres exportations ?
Oui, la Turquie a réussi à diversifier ses marchés d’exportation ces dernières années. Elle exporte aujourd’hui ses tomates vers de nombreux pays en Europe, au Moyen-Orient et dans d’autres régions. Cependant, le marché russe représentait un volume très significatif, et sa reconquête, même partielle, est importante pour l’économie agricole du pays.
Quelles sont les perspectives d’avenir pour les exportations de tomates turques vers la Russie ?
Les perspectives sont prudentes mais optimistes. Le gouvernement turc considère cette ouverture comme un premier pas vers une reprise plus complète. Les futures évolutions dépendront des relations diplomatiques entre les deux pays, de la capacité de la Russie à soutenir sa propre production tout en répondant à la demande, et de la compétitivité des tomates turques sur le marché russe.
Pour plus d’informations sur les marchés agricoles mondiaux, vous pouvez consulter les publications de Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. L’actualité du secteur horticole est également disponible sur HortiTecNews.




