
Maroc, Coup d’envoie de la campagne d’exportation des agrumes, entretien avec M. Hicham Sabri (Zaouia)
13 October 2014
Signature d’un arrangement bilatéral entre le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime et le CIHEAM
16 October 2014
La saison des tomates marocaines s’apprête à battre son plein. Si certaines enseignes ont déjà garni les étals des supermarchés européens, le véritable lancement de la campagne s’effectue cette semaine, marquant le début d’une période cruciale pour le secteur agroalimentaire du Royaume.
Tomates Marocaines : Une Nouvelle Campagne Sous le Signe du Changement Réglementaire et d’un Contexte International Incertain
Les premières observations de la nouvelle campagne de tomates marocaines indiquent une légère augmentation des surfaces dédiées à la production, particulièrement pour les petits fruits. Cependant, le changement le plus significatif et potentiellement impactant réside dans l’entrée en vigueur de nouvelles modalités de dédouanement. À compter du 1er octobre 2014, l’importation de fruits et légumes en provenance de pays tiers, dont le Maroc, est désormais soumise à une méthode déductive basée sur la valeur d’importation standard (VFI) et non plus sur la méthode de consignation déductive. Cette modification du calcul, qui prend désormais en compte une moyenne pondérée sur l’ensemble des segments, y compris les petits fruits, soulève de nombreuses interrogations parmi les exportateurs.
L’impact précis de ces nouvelles règles douanières sur la fluidité et la compétitivité des exportations marocaines reste à déterminer. Les professionnels du secteur naviguent dans l’incertitude quant à la manière dont cette campagne va se dérouler. À cette donne réglementaire s’ajoute le contexte international complexe, marqué par l’embargo russe sur les produits européens. Si cette situation risque, d’une part, d’influencer à la baisse la demande et les prix sur le marché européen, elle pourrait, d’autre part, ouvrir des opportunités de bons prix sur le marché russe pour les produits qui y étaient initialement destinés.
Au-delà des considérations réglementaires et géopolitiques, le secteur doit également composer avec les critiques émanant d’organisations telles que Fairfood, qui appellent à une plus grande transparence et à des pratiques commerciales plus équitables. Face à cet ensemble de défis – changement réglementaire, volatilité des marchés internationaux et pression médiatique – les professionnels du secteur des tomates marocaines se trouvent dans une position d’attente, espérant néanmoins pouvoir optimiser leurs performances et tirer leur épingle du jeu.
Dans ce contexte, l’EACCE (Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires) est appelé à jouer un rôle de coordination déterminant. L’Office s’est engagé à piloter activement les exportations via son comité de contrôle, avec pour objectif une gestion rigoureuse des flux sortants. La surveillance attentive de l’évolution de cette nouvelle “Valeur Fiscale d’Importation” (VFI) sera primordiale pour assurer une transition en douceur et une gestion efficace des exportations.
Enjeux de Contrôle et Ressources : L’ONSSA à l’Épreuve
Une interrogation majeure subsiste quant aux ressources dont dispose l’ONSSA pour mener à bien cette mission de coordination et de contrôle renforcé. Il est légitime de se demander si l’Office dispose des moyens humains et matériels suffisants pour assumer cette tâche supplémentaire, surtout dans une période où le contrôle sur l’exportation des agrumes a déjà connu un renforcement sans précédent. Les premières semaines de la campagne, tant pour les agrumes que pour les tomates, devraient apporter des éléments de réponse concrets quant à la capacité de l’ONSSA à relever ces défis et à garantir la qualité et la conformité des produits marocains à l’export.
Pour les importateurs et distributeurs européens, la campagne des tomates marocaines représente une opportunité clé pour diversifier leurs approvisionnements et offrir des produits de qualité à leurs clients. La fiabilité des exportations marocaines, assurée par un cadre réglementaire clair et un contrôle efficace, sera un facteur déterminant dans le maintien et le développement de ces relations commerciales. Les acteurs de la chaîne d’approvisionnement attendent avec intérêt les premiers bilans de cette nouvelle saison pour ajuster leurs stratégies.
La stratégie marocaine vise à consolider sa position sur les marchés internationaux en s’appuyant sur la qualité de ses productions et une adaptation continue aux exigences réglementaires. Le Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts, à travers ses différents organismes, travaille de concert avec les professionnels pour assurer la compétitivité du secteur. Il est essentiel de suivre de près les évolutions de cette campagne pour anticiper les tendances du marché et les opportunités futures.
L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) souligne régulièrement l’importance des filières fruitières et légumières pour la sécurité alimentaire mondiale et le développement économique des pays producteurs. Le Maroc, en tant qu’acteur majeur sur le marché européen des tomates, contribue significativement à cet enjeu. Les efforts déployés par le Royaume pour maintenir un haut niveau de qualité et de conformité sanitaire sont donc essentiels pour le maintien de sa réputation et de sa compétitivité à l’échelle internationale.
Pour plus d’informations sur les normes et réglementations phytosanitaires, il est conseillé de consulter le site de l’Office National de Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA) et les directives du Ministère de l’Agriculture. Les actualités du secteur sont également disponibles sur des plateformes spécialisées comme HortiTecNews.




