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Tomates marocaines : Au cœur d’une controverse sur le marché international, le marché de gros de Saint Charles à Perpignan a tenu à rectifier le tir suite à des déclarations émanant de producteurs espagnols, relayées par le Professeur en économie agricole à l’Université d’Almeria, Juan Carlos Pérez Mesa. Ce dernier avait avancé que les tomates marocaines auraient conquis une part de marché dépassant les 70%. Une affirmation qui suscite une vive réaction de la part du géant de la distribution basé à Perpignan.
Controverse sur la part de marché des Tomates marocaines
Anne Florin, représentante du marché international de Saint Charles, a tenu à apporter un éclaircissement crucial : “Nos chiffres montrent des résultats différents et, comme nous le savons tous, Perpignan constitue la principale porte d’entrée des tomates marocaines en France.” Cette déclaration vient contredire les chiffres avancés par le professeur d’Almeria, instaurant un débat sur la véritable pénétration des produits agricoles du Royaume sur le marché européen.
Le marché français de la tomate est un écosystème complexe. La production nationale s’élève à environ 775 000 tonnes, dont une part non négligeable de 215 000 tonnes est dédiée à l’industrie de transformation. La tomate, considérée comme le “légume” le plus populaire en France, satisfait une demande intérieure colossale, avec les foyers français consommant 850 000 tonnes par an. Les exportations françaises de tomates se chiffrent à 242 000 tonnes. Parallèlement, les importations jouent un rôle prépondérant pour combler le déficit de production et répondre à la demande constante. Les principales origines de ces importations sont le Maroc et l’Espagne. Pour le Maroc, l’essentiel transite par le marché international de Saint Charles, représentant 312 959 tonnes. L’Espagne, quant à elle, fournit 139 835 tonnes.
“Si nous utilisons ces chiffres,” précise Anne Florin, “la tomate marocaine représente 37% du marché, ce qui représente une part importante, mais n’atteint pas les 70%. Il faut également considérer que certaines de ces tomates sont réexportées.” Cette nuance est essentielle pour comprendre la dynamique des flux commerciaux et la recomposition des parts de marché. L’analyse des données actuelles suggère donc une réalité plus nuancée que celle initialement présentée, remettant en question l’ampleur supposée de la domination des tomates marocaines.
Pression sur le marché international et défis agronomiques
La question des tomates marocaines sur le marché international ne se limite pas à une simple question de chiffres. Elle s’inscrit dans un contexte global de pression accrue sur les approvisionnements, où la compétitivité des origines s’évalue à l’aune de nombreux facteurs. Les coûts de production, les conditions climatiques, les politiques agricoles et les accords commerciaux façonnent en permanence la physionomie des échanges. La place prépondérante que tendent à occuper certains pays producteurs comme le Maroc est le reflet de leurs efforts en matière de modernisation des exploitations, d’optimisation des rendements et de respect des normes internationales, souvent soutenus par des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Cependant, cette expansion n’est pas exempte de défis. Les producteurs de tomates marocaines, comme ceux d’autres régions confrontées à des conditions environnementales difficiles, doivent faire face à des contraintes agronomiques majeures. Le stress hydrique, exacerbé par le changement climatique, représente un enjeu crucial. La gestion de l’eau dans des zones parfois arides ou semi-arides demande des investissements considérables dans des techniques d’irrigation économes, telles que le goutte-à-goutte. De plus, l’augmentation des coûts des intrants agricoles – engrais, produits phytosanitaires, énergie – impacte directement la rentabilité des exploitations. Maintenir une production compétitive tout en assurant la durabilité environnementale et économique est une équation complexe pour de nombreux agriculteurs.
Analyse économique : Prix de revient et prix de vente
La dynamique entre le prix de revient et le prix de vente est au cœur de la compétitivité des tomates marocaines. Le prix de revient englobe l’ensemble des dépenses engagées par le producteur : coûts de semences, d’engrais, de traitements, d’eau, d’énergie, main-d’œuvre, amortissement des équipements, et frais de transport jusqu’au point de vente. Ces coûts sont influencés par la disponibilité et le coût des ressources, ainsi que par les pratiques culturales adoptées. Dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et des intrants, le prix de revient tend à augmenter, comprimant les marges.
Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés de gros et de détail, ainsi que par la concurrence d’autres origines. Les volumes importés, la qualité des produits, la période de l’année et les stratégies commerciales des distributeurs jouent un rôle déterminant. Lorsque l’offre est abondante, les prix ont tendance à baisser, mettant sous pression les producteurs dont les coûts de production sont élevés. Inversement, une offre plus limitée ou une demande soutenue peuvent permettre d’obtenir des prix de vente plus favorables. L’équilibre délicat entre ces deux composantes est ce qui permet, ou non, aux producteurs de tomates marocaines de maintenir leur compétitivité sur les marchés internationaux, en assurant une rémunération juste de leur travail.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces pressions, les producteurs de tomates marocaines explorent diverses stratégies pour renforcer leur résilience et leur compétitivité. L’investissement dans des technologies de production plus efficaces, comme les serres modernes et les systèmes d’irrigation intelligents, permet de mieux maîtriser les coûts et d’optimiser l’utilisation des ressources, notamment l’eau. La diversification des variétés de tomates cultivées, en proposant des produits à plus forte valeur ajoutée ou répondant à des demandes spécifiques des consommateurs, peut également ouvrir de nouveaux marchés. Le recours à des labels de qualité et à la certification garantissant des pratiques durables et respectueuses de l’environnement renforce l’image et l’attractivité des produits.
Le développement de circuits de distribution courts et la vente directe, lorsqu’elle est possible, permettent de réduire les intermédiaires et d’améliorer la marge du producteur. La collaboration au sein de coopératives ou de groupements de producteurs facilite également l’accès aux marchés, le partage des connaissances et la mutualisation des moyens pour négocier de meilleurs prix et accéder à des financements. L’innovation constante, qu’elle soit agronomique, technique ou commerciale, est la clé pour naviguer dans un marché globalisé et en constante évolution. HortiTecNews suit de près ces développements.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate marocaine peut-il varier ?
Le prix de la tomate marocaine, comme pour tout produit agricole, est soumis à de nombreux facteurs : la loi de l’offre et de la demande sur les marchés internationaux, les coûts de production (engrais, eau, énergie, main-d’œuvre), les conditions climatiques affectant les récoltes, les coûts de transport, et la concurrence d’autres pays producteurs.
Quels sont les principaux marchés d’exportation pour les tomates marocaines ?
Les principaux marchés d’exportation pour les tomates marocaines sont l’Europe, avec la France, l’Espagne, le Royaume-Uni et les pays d’Europe de l’Est comme destinations majeures. L’Afrique subsaharienne constitue également un débouché important.
Comment le Maroc assure-t-il la qualité de ses tomates ?
Le Maroc investit dans la modernisation de ses infrastructures agricoles, l’adoption de techniques de production avancées (agriculture sous serre, irrigation goutte-à-goutte), et le respect des normes sanitaires et phytosanitaires internationales. Des contrôles sont effectués à différentes étapes de la chaîne de production et d’exportation.
Quels sont les défis auxquels sont confrontés les producteurs de tomates marocaines ?
Les principaux défis incluent la gestion de la rareté de l’eau, la hausse des coûts des intrants agricoles, la concurrence internationale, les fluctuations des marchés, et l’adaptation aux exigences croissantes en matière de durabilité environnementale et sociale.




