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Tunisie : les Tomates Kébili sous serre face à un déclin préoccupant
La région de Kébili, traditionnellement reconnue pour sa production de tomates sous serre, connaît actuellement un recul significatif de cette culture pour la saison en cours. Cette tendance, qualifiée de “fort recul” par les observateurs du secteur, risque d’impacter négativement la contribution de Kébili à l’approvisionnement national en cette catégorie de légumes maraîchers à haute valeur ajoutée.
Prévisions de production en chute libre
Les services techniques du Commissariat Régional au Développement Agricole (CRDA) de Kébili tirent la sonnette d’alarme. Les prévisions pour la saison actuelle tablent sur une production de seulement 500 tonnes de tomates sous serre, un chiffre dramatiquement bas comparé aux 1.500 tonnes enregistrées lors de la saison précédente. Cette diminution drastique soulève de sérieuses interrogations quant à la pérennité et à la compétitivité de ce secteur agricole clé pour la région.
Les causes multiples d’un désamour pour la tomate Kébili
Plusieurs facteurs expliquent ce désaffection des agriculteurs de Kébili pour la culture des tomates sous serre. Selon le président du Groupement des Cultures sous Serres de la zone de Lemgaiess (délégation de Kébili Sud), le recul est principalement attribué à deux problématiques majeures :
- Les maladies phytosanitaires : Ces maladies affectent la qualité des fruits, les rendant inexportables et entraînant des pertes économiques substantielles pour les producteurs. Bien que la recherche agricole ait progressé et offre des solutions pour lutter contre ces affections, leur impact reste prégnant.
- La rentabilité économique : Le coût de production des tomates sous serre est significativement plus élevé, plus du double de celui des cucurbitacées comme les concombres et les courges. Or, les prix de vente des tomates sur les marchés ont connu une baisse l’année dernière. Cette combinaison d’augmentation des coûts et de baisse des prix rend la culture de la tomate moins attractive économiquement par rapport à d’autres productions sous serre.
La stratégie de diversification : un risque pour la terre ?
Face à ces difficultés, de nombreux agriculteurs de Kébili se réorientent vers la production de concombres. Si cette diversification peut sembler une solution à court terme pour pallier les pertes liées à la tomate, elle pose un problème majeur à long terme : l’épuisement des sols. L’absence d’une véritable alternance agricole, avec la monoculture répétée de certaines espèces, fragilise la structure et la fertilité des terres. Cette pratique, mise en lumière par les experts de la FAO, est préjudiciable à la durabilité des exploitations agricoles.
Cette réorientation vers d’autres cultures maraîchères a d’ores et déjà une conséquence visible : une diminution du nombre de serres dans le gouvernorat de Kébili. On dénombre actuellement 1.500 serres, contre 1.800 il y a deux ans, témoignant d’un repli généralisé de l’activité des cultures sous serre traditionnellement axée sur la tomate.
Une analyse affinée par le CRDA
Ahmed Abdedaïem, chef du service des cultures géocaloriques au CRDA de Kébili, confirme la tendance à la baisse, estimant que les prévisions indiquent une diminution des deux tiers de la production de tomates dans les projets de cultures sous serres. Il précise que si les maladies ont un rôle, elles ne sont pas la seule cause, soulignant davantage l’impact des facteurs économiques.
Pour une vision plus globale de la gestion des cultures et des sols en Tunisie, il est essentiel de se référer aux recommandations des instances nationales comme le Ministère de l’Agriculture, du Développement Rural et des Pêches Maritimes (via l’ONSSA pour les aspects sanitaires et phytosanitaires) et le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche, qui œuvrent pour une agriculture plus résiliente et durable.
Perspectives et enjeux pour la filière
Ce déclin de la production de tomates Kébili sous serre soulève des questions cruciales pour l’avenir de la filière. Les agriculteurs de la région sont confrontés à un arbitrage complexe entre les risques sanitaires, les coûts de production élevés, la volatilité des prix du marché et la nécessité d’une gestion durable de leurs terres. Il est impératif de mettre en place des stratégies d’accompagnement et de soutien pour les producteurs, favorisant l’innovation, la diversification raisonnée et le renforcement de la compétitivité de la production tunisienne.
Les acteurs de la filière agricole, y compris les importateurs et exportateurs, suivront avec attention l’évolution de cette situation. Un retour à la croissance pour les tomates Kébili nécessitera une réponse coordonnée, impliquant la recherche, les pouvoirs publics et les agriculteurs eux-mêmes, afin de garantir la prospérité et la durabilité de ce secteur emblématique. Pour approfondir vos connaissances sur les innovations et les bonnes pratiques dans le domaine horticole, nous vous invitons à consulter HortiTecNews.




