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La tomate passe 9 dirhams : une augmentation qui suscite l’inquiétude des consommateurs marocains durant le mois sacré du Ramadan. Ce qui était redouté s’est finalement produit. Des produits fortement consommés par les Marocains durant le mois de ramadan connaissent une flambée de leur prix de vente, avec en tête, la tomate, qui atteint désormais des sommets inégalés. La situation, qui met à mal le budget des ménages, soulève de nombreuses questions quant aux mécanismes du marché et aux responsabilités de chacun.
Pourquoi la tomate passe 9 dirhams : entre spéculation et réalités agronomiques
C’est ce qu’a constaté le journal *Assabah* sur les principaux marchés à Casablanca. Ainsi, le kilo de tomate qui coûtait il y a quelques jours à peine 4 dirhams se vend aujourd’hui près de 9 dirhams. Cette augmentation vertigineuse n’est pas un cas isolé. D’autres produits essentiels à la table marocaine durant le Ramadan ont également connu la même hausse, notamment les pommes de terre, les aubergines ou encore les carottes. Ce phénomène met en lumière une vulnérabilité structurelle de notre système d’approvisionnement alimentaire, particulièrement en période de forte demande.
Pourtant, le ministère de tutelle avait pris les devants. Des avertissements avaient été lancés, menaçant d’une forte amende les commerçants qui augmenteraient artificiellement les prix de certains aliments très prisés pendant le ramadan. Une liste officielle de prix qui devait être respectée par les commerçants avait même été établie. Cette mesure, bien qu’intentionnée, semble avoir été contournée, voire ignorée, par certains acteurs du marché, laissant le consommateur final face à une réalité économique difficile.
L’augmentation du prix de la tomate, qui pousse le kilo à 9 dirhams, ne peut être attribuée à une seule cause. Les défis agronomiques jouent un rôle non négligeable. La production de tomates est sensible aux conditions climatiques. Le stress hydrique, de plus en plus présent dans de nombreuses régions agricoles, impacte directement les rendements et la qualité des fruits. De plus, les coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et l’énergie nécessaire pour le chauffage des serres en cas de besoin, ont connu une augmentation significative sur les marchés mondiaux. Ces facteurs augmentent le coût de production pour les agriculteurs, qui se répercute inévitablement sur le prix de vente. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a d’ailleurs maintes fois alerté sur les pressions croissantes qui pèsent sur les systèmes agricoles mondiaux, exacerbées par les changements climatiques et les tensions géopolitiques.
La dynamique du “coût prix” vs “prix de vente” : le rôle des intermédiaires et la cupidité
Interrogé par le journal *Assabah*, un représentant de l’Association marocaine du commerce et des services du marché de gros des fruits et légumes à Casablanca impute cette augmentation à l’absence totale de contrôle et la cupidité de certains commerçants qui profitent de cette période de forte demande pour augmenter leurs marges. Cette explication pointe du doigt la chaîne d’approvisionnement et le rôle souvent opaque des intermédiaires. Cela est d’autant plus étrange selon lui qu’à leur sortie des marchés de gros, les prix sont assez bas. L’écart entre le prix auquel les produits sont vendus aux grossistes et le prix auquel ils parviennent au consommateur final est souvent considérable.
Le responsable vise en premier lieu les intermédiaires, qu’ils soient grossistes, semi-grossistes ou détaillants, qui n’hésitent pas à multiplier les prix par trois pour maximiser leurs bénéfices au détriment, bien sûr, du consommateur final. Cette chaîne de valeur complexe permet à certains acteurs d’exercer un pouvoir de fixation des prix qui ne reflète pas nécessairement les coûts réels de production ou de distribution. Lorsque la demande explose, comme c’est le cas pendant le Ramadan, cette dynamique est amplifiée, rendant la tomate passe 9 dirhams une réalité amère pour de nombreuses familles. La régulation des prix, pour être efficace, doit donc s’attaquer à tous les maillons de cette chaîne pour éviter que la spéculation ne prenne le pas sur l’approvisionnement équitable.
Il est crucial de comprendre la différence entre le “coût prix” et le “prix de vente”. Le coût prix inclut tous les éléments qui entrent dans la production d’un bien : les matières premières, la main-d’œuvre, l’énergie, le transport, les taxes, et une marge bénéficiaire raisonnable pour le producteur. Le prix de vente, quant à lui, est le montant final auquel le produit est proposé au consommateur. Dans le cas de la tomate passe 9 dirhams, l’écart entre ces deux valeurs semble excessivement large, suggérant des marges bénéficiaires démesurées prélevées par les différents intermédiaires. Cette situation crée une distorsion du marché où le consommateur paie un prix gonflé qui ne profite pas équitablement à l’ensemble de la filière, et notamment aux producteurs qui assument les risques de la production.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces fluctuations de prix et aux pressions économiques, les producteurs cherchent des solutions pour stabiliser leurs revenus et améliorer leur résilience. L’investissement dans des techniques agricoles plus efficientes, notamment en matière de gestion de l’eau, est primordial. Le développement de l’agriculture sous serre, bien que coûteux initialement, permet de mieux contrôler les conditions de production et de réduire la dépendance aux aléas climatiques. L’accès à des formations sur les bonnes pratiques agricoles et la gestion économique de leur exploitation est également essentiel. De plus, la diversification des cultures et la recherche de circuits de commercialisation plus courts, en direct avec les consommateurs ou via des coopératives, peuvent aider à réduire la dépendance aux intermédiaires et à capter une plus grande partie de la valeur ajoutée. Les plateformes comme HortiTecNews offrent des ressources précieuses pour les professionnels cherchant à se tenir informés des innovations et des bonnes pratiques du secteur.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la tomate passe 9 dirhams augmente-t-il pendant le Ramadan ?
L’augmentation du prix de la tomate pendant le Ramadan est principalement due à une combinaison de facteurs : une demande accrue durant ce mois de jeûne, des coûts de production qui ont augmenté (intrants, eau, énergie), et des pratiques spéculatives de certains intermédiaires qui profitent de cette forte demande pour gonfler les prix. L’absence d’un contrôle strict du marché et la cupidité peuvent amplifier ce phénomène.
Quels sont les autres produits impactés par cette flambée des prix ?
Outre la tomate, d’autres légumes de consommation courante durant le Ramadan ont vu leurs prix augmenter, tels que les pommes de terre, les aubergines et les carottes. Cette hausse touche plusieurs produits de base, rendant le panier de la ménagère plus coûteux.
Quelles mesures les autorités marocaines ont-elles prises pour contrer cette hausse ?
Le ministère de tutelle avait prévenu les commerçants et menacé d’amendes ceux qui augmenteraient artificiellement les prix. Une liste officielle de prix devait être respectée. Cependant, ces mesures semblent avoir eu un impact limité, car la hausse des prix persiste.
Quel est le rôle des intermédiaires dans cette augmentation du prix de la tomate passe 9 dirhams ?
Les intermédiaires, qui relient les producteurs aux consommateurs, sont souvent pointés du doigt. Selon certains acteurs du marché, ils peuvent multiplier le prix des produits par trois, voire plus, réalisant des marges bénéficiaires importantes au détriment du consommateur final. L’absence de transparence et de contrôle sur leur marge est un problème majeur.
Quelles sont les causes profondes de l’augmentation des coûts de production agricole ?
L’augmentation des coûts de production agricole est multifactorielle. Elle inclut la hausse des prix des engrais, des semences, de l’eau (en raison du stress hydrique), de l’énergie (pour le transport et, dans certains cas, le chauffage des serres), et parfois une main-d’œuvre plus coûteuse. Ces facteurs globaux affectent la rentabilité des exploitations agricoles.




