
Maroc, premier fournisseur de l’Espagne en tomates et haricots verts
1 June 2015
Affaire Monsanto- Syngenta : BASF entre en ligne
4 June 2015
tomate marocaine : FEPEX appelle à un contrôle renforcé face aux pressions du marché.
Le marché européen de la tomate est en ébullition, et le rôle de la tomate marocaine dans cette dynamique suscite une attention particulière. Le groupe de travail des prévisions de tomate, une instance regroupant des experts des pays membres de l’Union européenne et des fonctionnaires de la Commission européenne, s’est réuni pour évaluer la situation actuelle des marchés de la tomate, avec un accent mis sur les prix d’entrée des importations en provenance du Maroc. Cette rencontre revêt une importance capitale pour les producteurs européens, confrontés à une concurrence internationale accrue.
La problématique des prix d’entrée de la tomate marocaine sous le feu des critiques
La Fédération espagnole des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (FEPEX) a exprimé de vives préoccupations quant à l’analyse comparative des valeurs d’importation de la saison dernière et de la campagne en cours. Selon FEPEX, les données actuelles ne reflètent pas fidèlement la réalité complexe du marché. L’organisation déplore l’utilisation d’une valeur d’importation unique pour l’ensemble des types de tomates, y compris les variétés plus délicates comme la tomate cerise. Cette approche globale, estime FEPEX, rend difficile un suivi précis de la situation du marché et entrave l’application des mesures de protection prévues par l’accord de partenariat UE-Maroc. Cette absence de granularité dans l’évaluation des prix d’entrée de la tomate marocaine peut masquer des dumping de prix sur certaines catégories de produits, déséquilibrant ainsi la concurrence.
Le contexte mondial actuel met une pression considérable sur les marchés agricoles, et la tomate marocaine, reconnue pour sa compétitivité, se retrouve au cœur des débats. Les avancées technologiques et les conditions climatiques favorables au Maroc permettent souvent une production à des coûts inférieurs, ce qui se répercute sur les prix à l’exportation. Les producteurs européens, quant à eux, doivent composer avec des contraintes plus strictes en matière environnementale, sanitaire et sociale, qui engendrent des coûts de production plus élevés. Il est donc crucial d’établir des mécanismes de contrôle robustes pour garantir une concurrence équitable et éviter que le marché ne soit inondé de produits sous-évalués, mettant en péril la viabilité des exploitations locales.
La tomate cerise marocaine : un segment spécifique nécessitant une attention particulière
Face à cette situation, FEPEX compte proposer à la Commission européenne l’instauration d’un prix de retrait spécifique pour la tomate cerise. Actuellement, ce segment bénéficie d’une contribution communautaire de 18,30 euros pour cent kilos, dont 50% sont financés par les organisations de producteurs. FEPEX juge ce montant nettement insuffisant pour faire face aux situations de crise qui affectent ce marché particulier. La forte concurrence des importations, notamment en provenance du Maroc, pèse lourdement sur les producteurs de tomate cerise en Europe. En conséquence, en 2014, le prix de départ des tomates des producteurs espagnols a subi une baisse significative de 14,5% par rapport à l’année précédente, illustrant la fragilité de ce segment face aux pressions externes. Il est impératif de prendre en compte les spécificités de chaque variété pour une régulation efficace du marché de la tomate marocaine et des autres origines.
Au-delà des aspects tarifaires, la réunion abordera également les pratiques commerciales déloyales dans la chaîne alimentaire. Ces pratiques, qui peuvent inclure des marges excessives appliquées par certains intermédiaires ou des pressions indues sur les prix payés aux producteurs, constituent un autre frein à la rentabilité des exploitations agricoles. La transparence et l’équité à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement sont essentielles pour assurer la pérennité du secteur et la juste rémunération des agriculteurs.
Les défis agronomiques et économiques derrière la compétitivité de la tomate marocaine
La compétitivité de la tomate marocaine repose en partie sur des facteurs agronomiques et des coûts de production spécifiques. Les régions marocaines productrices de tomates bénéficient souvent de conditions climatiques avantageuses, permettant des cycles de production plus longs et une moindre dépendance aux intrants énergétiques pour le chauffage des serres. Cependant, cette production n’est pas exempte de défis. Le stress hydrique, particulièrement dans les zones arides et semi-arides, représente un enjeu majeur. L’optimisation de l’irrigation et l’adoption de techniques économes en eau sont des priorités pour assurer la durabilité de ces cultures. De plus, l’augmentation des coûts des intrants tels que les engrais et les matériaux de production a également un impact sur les marges des producteurs marocains, bien que souvent dans une moindre mesure qu’en Europe.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est au cœur des préoccupations de FEPEX. Le “coût de revient” d’une tomate inclut tous les frais engagés pour sa production : semences, fertilisants, eau, énergie, main-d’œuvre, amortissement des équipements, etc. Le “prix de vente” est le montant auquel le produit est effectivement vendu sur le marché, que ce soit au producteur, à l’exportateur ou au distributeur. Lorsque le prix de vente, influencé par la concurrence internationale comme celle de la tomate marocaine, descend en dessous du coût de revient, les producteurs se retrouvent en situation de perte. C’est précisément cette situation que FEPEX cherche à prévenir en plaidant pour des prix d’entrée plus justes et un contrôle effectif des importations. Le manque de transparence dans la fixation des prix d’entrée, comme mentionné précédemment, peut masquer des distorsions qui pénalisent injustement les producteurs européens.
FAQ sur la crise actuelle concernant la tomate marocaine
Pourquoi le prix de la tomate marocaine suscite-t-il des inquiétudes ?
Les inquiétudes proviennent de la perception que les prix d’entrée de la tomate marocaine ne reflètent pas toujours la valeur réelle du marché, créant une concurrence potentiellement déloyale pour les producteurs européens qui font face à des coûts de production plus élevés. La FEPEX demande un contrôle plus strict pour garantir une concurrence équitable.
Qu’est-ce que le prix d’entrée dans le contexte des importations de tomates ?
Le prix d’entrée est le prix auquel les produits importés sont déclarés à la douane. Il est utilisé par la Commission européenne pour déterminer si des mesures de sauvegarde, comme des droits de douane supplémentaires, doivent être appliquées afin de protéger le marché intérieur contre les importations à des prix anormalement bas.
Quelles sont les spécificités du marché de la tomate cerise ?
La tomate cerise est une variété plus petite et souvent plus coûteuse à produire. Elle est particulièrement sensible à la concurrence des importations en raison de son prix de vente généralement plus élevé et de la demande spécifique du marché. La FEPEX estime que les mesures de soutien actuelles sont insuffisantes pour ce segment.
Quelles actions FEPEX propose-t-elle pour remédier à la situation ?
FEPEX propose une révision de la méthode d’évaluation des prix d’entrée afin de mieux refléter la valeur des différentes variétés de tomates, et demande l’instauration d’un prix de retrait spécifique pour la tomate cerise afin de mieux gérer les crises sur ce segment. La Fédération plaide également pour une lutte accrue contre les pratiques commerciales déloyales.
Quelle est l’importance de l’accord de partenariat entre l’UE et le Maroc ?
Cet accord vise à faciliter les échanges commerciaux tout en prévoyant des mécanismes de protection pour le marché européen. Le respect de ces clauses est essentiel pour garantir un équilibre entre l’ouverture du marché et la protection des producteurs européens. L’tomate marocaine est un des produits clés de cet accord.
Pour plus d’informations sur les marchés agricoles internationaux, vous pouvez consulter les travaux de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Les politiques agricoles nationales jouent également un rôle crucial, comme celles menées par le Ministère de l’Agriculture tunisien, qui illustrent les défis communs aux pays de la région méditerranéenne.
Restez informés sur les dernières actualités du secteur sur HortiTecNews.




