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Tomate Marocaine : La presse espagnole continue de focaliser son attention sur les exportations de tomates marocaines, alimentant un débat intense quant à leur impact sur les marchés européens, notamment celui des îles Canaries. Récemment, le site des îles Canaries, canarias7.es, a publié un article au titre évocateur : « La tomate marocaine a inondé l’Europe et a asphyxié les îles Canaries ». Cette formulation souligne une perception croissante de saturation du marché, engendrée par l’afflux de produits agricoles du royaume chérifien.
L’article d’origine détaille une préoccupation majeure pour le secteur agricole des Canaries : l’entrée jugée « incontrôlée » de tomates marocaines dans l’Union Européenne. Les producteurs canariens s’insurgent, affirmant que le volume des arrivées en provenance du pays voisin a doublé les quotas établis au cours des premières semaines de la campagne d’exportation. Cette situation met en lumière les tensions commerciales et les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs européens face à une concurrence internationale accrue.
La Tomate Marocaine et l’Enjeu des Quotas Européens
Roberto Goiriz, président de l’Association professionnelle des agriculteurs, Asaja de Las Palmas, a tiré la sonnette d’alarme. Il a spécifiquement mis en avant la situation des îles Canaries, considérées comme l’un des marchés les plus durement touchés par ce que certains décrivent comme une « inondation des tomates marocaines sur le marché européen ». Les chiffres avancés par canarias7.es sont éloquents : depuis le début de la campagne d’exportation le 14 octobre dernier, le Maroc aurait exporté 24 000 tonnes de tomates vers l’Europe. Ce volume dépasse significativement le quota de 10 600 tonnes convenu dans le cadre d’un accord commercial bilatéral. Ce dépassement, estimé à environ 56% du quota, soulève des questions quant au respect des accords et à leur application par les autorités européennes et marocaines.
Ces données ont suscité une vive inquiétude au sein du secteur primaire des îles Canaries. Le président de l’Asaja de Las Palmas insiste sur la « grande préoccupation » que suscite la saturation du marché. Il explique que cette surabondance de tomates a entraîné une désorganisation du marché et, par conséquent, une « chute brutale des prix ». Cette baisse des prix affecte directement la rentabilité des producteurs locaux, qui peinent à écouler leur production dans des conditions équitables. La dynamique entre les coûts de production et les prix de vente devient alors un équilibre précaire, menaçant la viabilité de nombreuses exploitations.
La pression exercée sur le marché européen par la Tomate Marocaine s’inscrit dans un contexte global de globalisation des échanges agricoles. De nombreux pays producteurs, bénéficiant de conditions climatiques favorables et de coûts de main-d’œuvre plus bas, sont en mesure de proposer des prix plus compétitifs sur les marchés internationaux. Les accords commerciaux, tels que celui passé avec le Maroc, visent à réguler ces flux et à protéger les productions locales. Cependant, le respect de ces accords et leur efficacité sont constamment remis en question lorsque les volumes exportés dépassent les seuils convenus, comme semble l’indiquer la situation actuelle.
Les Défis Agronomiques et Économiques de la Production
Au-delà des aspects purement commerciaux et des quotas, la production de tomates, qu’elle soit marocaine ou européenne, est confrontée à des défis agronomiques et économiques considérables. La culture de la tomate, particulièrement exigeante, requiert des ressources hydriques importantes, une gestion rigoureuse des intrants (engrais, produits phytosanitaires) et une main-d’œuvre qualifiée. Dans de nombreuses régions, le stress hydrique est devenu une préoccupation majeure, obligeant les producteurs à adopter des techniques d’irrigation plus efficientes et à rechercher des variétés plus résistantes à la sécheresse. Les coûts des intrants, quant à eux, fluctuent en fonction des marchés mondiaux des matières premières, ajoutant une couche d’incertitude à la rentabilité des exploitations.
La dynamique entre le “coût de revient” et le “prix de vente” est au cœur de la problématique de la Tomate Marocaine, comme pour toute production agricole. Le coût de revient englobe l’ensemble des dépenses engagées pour produire une quantité donnée de tomates : semences, eau, fertilisants, énergie, main-d’œuvre, amortissement du matériel, etc. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur le marché. Lorsque l’offre est excédentaire, comme le suggèrent les rapports sur la Tomate Marocaine excédant les quotas, les prix tendent à baisser. Si cette baisse est trop prononcée, le prix de vente peut tomber en dessous du coût de revient, entraînant des pertes financières pour les producteurs. Cette situation peut les contraindre à réduire leurs surfaces cultivées, à abandonner certaines productions, ou à chercher des débouchés alternatifs, parfois à l’aide de structures comme la HortiTecNews, qui diffuse des informations et des analyses sectorielles.
L’Impact sur les Producteurs et les Alternatives Envisageables
L’augmentation des exportations de Tomate Marocaine, au-delà des quotas convenus, a des répercussions directes sur les producteurs locaux européens. La chute des prix rend difficile pour eux la couverture de leurs coûts de production, menaçant ainsi leur activité. Pour faire face à cette situation, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. D’une part, il est crucial de renforcer le contrôle de l’application des accords commerciaux et de veiller au respect des quotas établis par l’Union Européenne. D’autre part, les producteurs peuvent chercher à se différencier par la qualité, l’origine, ou des labels spécifiques (bio, produits de montagne, etc.), qui peuvent justifier des prix plus élevés. L’investissement dans des technologies de production plus efficientes et durables peut également contribuer à réduire les coûts de revient.
Il est également essentiel de considérer le rôle des organismes internationaux comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui œuvre à la promotion d’une agriculture durable et à la sécurité alimentaire mondiale. La FAO soutient les pays dans l’élaboration de politiques agricoles cohérentes et dans la gestion des ressources naturelles. En parallèle, des acteurs comme le Ministère de l’Agriculture (ou l’équivalent dans chaque pays, par exemple en Tunisie, le Ministère de l’Agriculture) jouent un rôle déterminant dans la définition des politiques de soutien aux agriculteurs et dans la régulation des marchés agricoles nationaux.
La Tomate Marocaine : Questions Fréquentes
Pourquoi le prix de la Tomate Marocaine semble-t-il baisser sur le marché européen ?
La baisse du prix de la Tomate Marocaine sur le marché européen est principalement due à une offre excédentaire. Lorsque les volumes exportés dépassent les quotas convenus dans les accords commerciaux, le marché se retrouve saturé. Cette abondance de tomates, combinée à une demande relativement stable, exerce une pression à la baisse sur les prix. Les producteurs locaux se retrouvent alors en concurrence avec des produits potentiellement moins chers, ce qui accentue la chute des prix.
Quels sont les mécanismes mis en place pour réguler les importations de Tomate Marocaine ?
L’Union Européenne a mis en place des accords commerciaux avec des pays tiers, dont le Maroc, qui incluent des quotas d’importation pour certains produits agricoles, tels que les tomates. Ces quotas visent à limiter les volumes importés et à protéger les producteurs européens d’une concurrence jugée déloyale ou excessive. Les tarifs douaniers sont également un outil de régulation, souvent plus bas lorsque les importations respectent les quotas convenus.
Comment les producteurs canariens réagissent-ils à cette situation ?
Les producteurs des îles Canaries, à travers leurs associations professionnelles comme Asaja de Las Palmas, expriment une profonde préoccupation. Ils alertent sur la chute des prix, la désorganisation du marché et la menace que représente cet afflux de tomates marocaines pour leur propre activité économique. Ils appellent à une application plus stricte des accords commerciaux et à des mesures de soutien pour pallier les pertes subies.
La Tomate Marocaine est-elle la seule cause des difficultés des producteurs européens ?
Bien que l’augmentation des importations de Tomate Marocaine au-delà des quotas soit un facteur important mentionné dans les médias espagnols, les difficultés des producteurs européens sont souvent multifactorielles. Elles peuvent inclure des conditions climatiques défavorables, des coûts de production élevés (énergie, intrants), la concurrence d’autres pays producteurs hors UE, des changements dans les habitudes de consommation, ou encore des réglementations environnementales plus strictes.




