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tomate : Le marché européen sous pression, l’Espagne en première ligne face à la concurrence marocaine et turque.
La fin de saison des tomates espagnoles est marquée par un effondrement des prix, une situation préoccupante pour les producteurs de la péninsule ibérique. Selon l’observatoire des prix et des marchés du gouvernement de l’Andalousie, cette déroute commerciale est largement attribuable à la concurrence accrue des pays tiers, au premier rang desquels figurent le Maroc et la Turquie. L’offre pléthorique et les prix agressifs de ces pays mettent à mal la rentabilité des exploitations espagnoles, soulevant des questions sur l’avenir de ce secteur agricole clé.
L’essor des exportations marocaines de tomate
Le Maroc s’affirme de plus en plus comme un acteur majeur sur le marché européen de la tomate. Les données récentes illustrent cette montée en puissance : durant la semaine 11, le contingent des exportations de tomates marocaines vers l’Union européenne s’est élevé à 7,92 millions de kilos. Ce chiffre a encore progressé à 9,79 millions de kilos durant la semaine 12, représentant une augmentation de 12% par rapport à la même période de l’année précédente. Au 27 mars, le quota mensuel consommé atteignait 34,64 millions de kilos, soit 80% du volume total autorisé pour le mois. Sur l’ensemble de la campagne 2015-2016, le contingent total exporté par le Maroc se chiffre à environ 197,28 millions de kilos, représentant approximativement 70% du volume global autorisé.
Cette capacité d’exportation soutenue du Maroc exerce une pression significative sur les prix pratiqués sur le marché européen. Les producteurs espagnols, confrontés à des coûts de production souvent plus élevés et à des cycles de culture parfois moins optimisés pour répondre aux fluctuations rapides de la demande, peinent à rivaliser. La régularité et le volume des arrivages marocains contribuent à saturer l’offre, entraînant mécaniquement une baisse des prix, au détriment des marges des agriculteurs européens.
La Turquie, un concurrent inévitable pour la tomate européenne
Parallèlement, l’offre turque de tomates continue d’envahir le marché de l’Union Européenne. Suite à la fermeture de la frontière russe, les exportateurs turcs ont redirigé une partie significative de leurs volumes vers l’Europe. Cette réorientation stratégique ajoute une pression supplémentaire sur le marché, déjà saturé par les importations d’autres origines. La compétitivité des tomates turques, souvent associée à des coûts de production plus bas et à une grande flexibilité logistique, renforce le défi auquel sont confrontés les producteurs espagnols et, plus largement, européens.
Il est également à noter que d’autres pays comme la Hollande et la Belgique ont vu leur part de marché s’accroître, notamment pour les variétés de tomates grappes et de tomates cerises. Cette diversification des origines d’approvisionnement sur le marché européen rend le paysage concurrentiel encore plus complexe pour les producteurs espagnols qui voient leur position traditionnelle remise en question. La demande pour la tomate est forte, mais la chaîne d’approvisionnement est désormais segmentée et soumise à une concurrence internationale accrue.
Pressions mondiales sur le marché de la tomate
La situation actuelle de la tomate espagnole n’est que le reflet d’une tendance plus globale dans le secteur des fruits et légumes. Les marchés agricoles sont de plus en plus interconnectés et soumis à des pressions multiples. Les changements climatiques, qui affectent les rendements et la qualité des cultures partout dans le monde, jouent un rôle non négligeable. De plus, l’évolution des accords commerciaux internationaux et les politiques agricoles des différents pays créent des avantages compétitifs qui peuvent rapidement remodeler les flux commerciaux. La recherche d’une tomate de qualité à un prix abordable par les consommateurs européens pousse les distributeurs à privilégier les sources d’approvisionnement les plus compétitives, même si cela se fait au détriment des producteurs locaux dans certaines régions.
Le marché mondial de la tomate est dynamique. Les avancées technologiques en matière de production sous serre, de gestion de l’eau et de sélection de variétés plus résistantes permettent à certains pays d’accroître leur productivité et leur compétitivité. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces évolutions et publie régulièrement des rapports sur l’état du marché mondial des produits agricoles, soulignant l’importance de la diversification des sources d’approvisionnement tout en veillant à l’équité pour les producteurs.
Défis agronomiques et économiques pour la production de tomate
Les producteurs de tomate sont confrontés à des défis agronomiques et économiques majeurs. La gestion de la ressource en eau est de plus en plus critique, particulièrement dans les régions méditerranéennes sujettes à la sécheresse. Les coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et l’énergie, ont également connu une augmentation significative ces dernières années. Ces facteurs augmentent les coûts de production, rendant la marge de manœuvre des agriculteurs encore plus étroite face à la pression sur les prix de vente. L’optimisation des techniques de culture, le recours à des solutions innovantes pour réduire la consommation d’eau et d’énergie, ainsi qu’une meilleure gestion des risques sont devenus essentiels pour la survie des exploitations.
La dynamique entre le prix de revient et le prix de vente est au cœur de la problématique. Le prix de revient inclut tous les coûts engagés pour produire une tonne de tomates : main-d’œuvre, intrants, énergie, amortissement du matériel, etc. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur le marché. Lorsque l’offre est excédentaire, comme c’est le cas actuellement avec l’afflux de tomates étrangères, le prix de vente peut chuter en dessous du prix de revient, entraînant des pertes pour les producteurs. Cette situation peut être particulièrement difficile pour les petites exploitations qui disposent de moins de leviers pour absorber les chocs économiques. L’intégration dans des filières plus courtes, la valorisation des circuits de proximité et le développement de produits à plus forte valeur ajoutée (transformés, bio, etc.) sont des pistes explorées par certains pour améliorer leur rentabilité. HortiTecNews suit attentivement ces évolutions et propose des analyses sur les innovations et les stratégies des professionnels du secteur.
FAQ sur la crise actuelle de la tomate
Pourquoi le prix de la tomate baisse-t-il autant ?
Le prix de la tomate baisse principalement en raison d’une offre excédentaire sur le marché européen. Cette surabondance est causée par des volumes d’importation importants en provenance de pays tiers comme le Maroc et la Turquie, qui bénéficient souvent de coûts de production plus bas. La compétition accrue, couplée à une demande qui ne suit pas toujours le rythme de l’offre, entraîne une chute des prix.
Comment la concurrence du Maroc et de la Turquie affecte-t-elle les producteurs espagnols ?
La concurrence de ces pays se traduit par une pression à la baisse sur les prix de vente des tomates espagnoles. Les producteurs espagnols, dont les coûts de production peuvent être plus élevés, peinent à maintenir leur rentabilité face à des concurrents qui proposent des produits similaires à des prix plus bas. Cela peut entraîner des pertes financières et mettre en péril la viabilité de certaines exploitations.
Quelles sont les alternatives pour les producteurs de tomate face à cette crise ?
Les producteurs peuvent explorer plusieurs pistes : diversifier leurs cultures pour réduire la dépendance à la tomate, se spécialiser dans des variétés à plus forte valeur ajoutée (bio, anciennes, tomates cerises haut de gamme), développer des circuits de vente courts (vente directe, marchés locaux), améliorer l’efficacité de leur production pour réduire les coûts, ou encore se rapprocher des distributeurs pour négocier de meilleurs contrats. L’innovation technologique et l’adoption de pratiques durables sont également des leviers importants.
Le consommateur bénéficie-t-il réellement de cette baisse des prix ?
Dans l’immédiat, le consommateur peut effectivement trouver des tomates à des prix plus bas. Cependant, cette situation n’est pas durable à long terme pour le secteur agricole. Si les producteurs ne parviennent plus à couvrir leurs coûts, cela peut entraîner une diminution de la production locale, une perte de savoir-faire et, à terme, une dépendance accrue aux importations, potentiellement moins stables et plus sujettes aux aléas géopolitiques ou climatiques. La durabilité de l’approvisionnement alimentaire repose sur un équilibre entre des prix abordables pour le consommateur et une rémunération juste pour le producteur.




