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terres agricoles : un enjeu majeur au cœur des préoccupations internationales. Le Niger se retrouve au centre d’une transaction foncière de grande envergure, où la société saoudienne Al Horaish for Trading & Industry envisage l’acquisition de 120 000 hectares de terres dans la région de Diffa. Cette opération, présentée par les autorités nigériennes comme une initiative visant à lutter contre l’insécurité alimentaire, suscite de vives inquiétudes au sein de la société civile locale. Ces dernières dénoncent un risque d’accaparement de terres agro-pastorales, essentielles à la subsistance des communautés qui y résident et cultivent depuis des générations.
L’accaparement des terres agricoles : un phénomène mondial aux multiples facettes
La situation au Niger n’est qu’un exemple parmi tant d’autres d’une tendance globale qui prend de l’ampleur : l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour les terres agricoles, particulièrement sur le continent africain. En 2013, la Banque Mondiale évaluait déjà le potentiel de ces terres à 202 millions d’hectares en Afrique. Ce phénomène, souvent qualifié de “land grabbing”, répond à plusieurs facteurs interdépendants. La pression démographique mondiale croissante exerce une demande exponentielle sur les ressources alimentaires, poussant les États et les entreprises à sécuriser des approvisionnements durables. Les pays développés, confrontés à des surfaces agricoles limitées et à des coûts de production élevés, cherchent à diversifier leurs sources et à réduire leur dépendance. Parallèlement, la volatilité des marchés des matières premières agricoles incite certains acteurs financiers à considérer les terres comme un actif d’investissement sûr, potentiellement plus rentable que d’autres secteurs économiques. Cette dynamique, bien que porteuse d’opportunités de développement en théorie, soulève d’importantes questions quant à la souveraineté alimentaire, aux droits des populations locales et à la durabilité environnementale des projets menés sur ces terres agricoles.
Le projet promu par Al Horaish for Trading & Industry au Niger, s’il venait à se concrétiser, promet des retombées économiques significatives. Les estimations font état de la création de 13 000 emplois, ce qui représente une perspective d’amélioration du niveau de vie pour de nombreux Nigériens. L’annonce inclut également la construction d’infrastructures sociales essentielles, telles que des écoles et des centres de santé, ainsi qu’une centrale électrique d’une capacité de 70 mégawatts. La région de Diffa bénéficierait, selon les termes du projet, d’une redevance annuelle comprise entre 500 millions et 1 milliard de francs CFA, d’un dividende de 15%, sans oublier les recettes fiscales qui alimenteraient le budget de l’État. Les études de faisabilité et d’identification des sites auraient déjà été réalisées, ne laissant en suspens que les études d’impact environnemental et social, étapes cruciales pour évaluer la viabilité à long terme du projet et ses conséquences potentielles sur l’écosystème local et les populations. Cet exemple souligne la complexité de ces transactions impliquant des terres agricoles, où les promesses de développement économique doivent être pesées face aux risques d’exclusion et de dégradation environnementale.
Les défis agronomiques et économiques des terres agricoles
Au-delà des aspects socio-économiques et politiques, l’exploitation intensive des terres agricoles présente des défis agronomiques considérables. Dans des régions comme celle de Diffa, le stress hydrique est souvent une réalité prégnante, nécessitant des techniques d’irrigation efficientes et une gestion rigoureuse de la ressource en eau. Les coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et les produits phytosanitaires, représentent également un poste de dépense important pour les producteurs. La viabilité d’un projet d’une telle ampleur dépendra donc de sa capacité à surmonter ces contraintes, potentiellement grâce à l’adoption de technologies modernes et de pratiques agricoles durables. La rentabilité d’une exploitation agricole ne se résume pas à la simple surface cultivée ; elle est le fruit d’un équilibre subtil entre les rendements obtenus, les coûts de production, et les prix de vente sur les marchés locaux et internationaux. L’écart entre le “coût de production” et le “prix de vente” est le cœur de la dynamique économique pour les terres agricoles.
Le “coût de production” englobe l’ensemble des dépenses engagées pour cultiver une parcelle : achat des semences, fertilisants, pesticides, carburant pour les machines, main-d’œuvre, location ou amortissement des terres, frais d’irrigation, et éventuellement coûts de stockage et de transport. Plus ces coûts sont élevés, plus la marge de profit se réduit. Le “prix de vente”, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés, la qualité du produit, et les accords commerciaux. Si le prix de vente est inférieur au coût de production, l’agriculteur subit une perte. Inversement, un prix de vente largement supérieur au coût de production assure une rentabilité confortable. Dans le cas d’acquisitions massives de terres agricoles par des acteurs étrangers, il est crucial de s’assurer que le modèle économique proposé ne repose pas sur une exploitation intensive et peu durable, ni sur des prix de vente artificiellement bas qui pénaliseraient les petits producteurs locaux, rendant ainsi leurs propres terres agricoles moins compétitives.
L’importance de la gouvernance des terres agricoles
La sécurisation des terres agricoles est une préoccupation centrale pour de nombreux gouvernements cherchant à assurer la sécurité alimentaire de leur population tout en attirant des investissements étrangers. Des cadres législatifs solides et une gouvernance transparente sont essentiels pour encadrer ces transactions. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) promeut des principes de gestion foncière responsable qui visent à garantir que l’accès et le contrôle des terres se fassent de manière équitable et durable, en tenant compte des droits des populations locales et des générations futures. La gestion des terres agricoles implique une vision à long terme, intégrant des considérations environnementales, sociales et économiques.
Pour les producteurs et les citoyens, comprendre les mécanismes qui régissent les terres agricoles est primordial. L’accès à l’information et la participation aux décisions concernant l’utilisation des terres sont des éléments clés d’une gouvernance démocratique et efficace. Des plateformes comme HortiTecNews jouent un rôle dans la diffusion de ces informations et dans le débat public.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis liés à l’acquisition de vastes étendues de terres agricoles par de grands investisseurs, les petits et moyens producteurs doivent impérativement repenser leurs stratégies pour assurer leur pérennité. L’optimisation des rendements sur des surfaces plus restreintes, grâce à l’intensification durable et à l’adoption de techniques agricoles innovantes, est une voie prometteuse. Cela peut inclure l’utilisation de variétés de cultures plus résistantes, des méthodes de fertilisation raisonnées, et une gestion plus fine de l’eau. Le développement de circuits courts et de filières de commercialisation locales permet de réduire les intermédiaires et d’améliorer la marge bénéficiaire des producteurs. La diversification des cultures et des productions animales peut également permettre de lisser les risques économiques et d’améliorer la résilience des exploitations. Enfin, le renforcement des organisations professionnelles et des coopératives offre aux producteurs un poids plus important dans les négociations avec les acheteurs et les pouvoirs publics, leur permettant ainsi de mieux défendre leurs intérêts et de sécuriser leur accès aux terres agricoles.
FAQ sur la crise actuelle des terres agricoles
Pourquoi le prix des terres agricoles augmente-t-il ?
Le prix des terres agricoles augmente en raison de plusieurs facteurs : la demande croissante pour les denrées alimentaires, la spéculation foncière, la réduction des terres disponibles dans certaines régions, et l’intérêt des investisseurs institutionnels pour ce secteur considéré comme relativement stable. L’évolution des politiques agricoles et des subventions peut également influencer ces prix.
Quels sont les risques pour les populations locales lors d’acquisitions de terres agricoles ?
Les risques incluent la perte d’accès aux terres traditionnellement cultivées ou utilisées pour le pâturage, la perturbation des modes de vie et des cultures locales, une marginalisation économique, ainsi que des conflits sociaux liés à la propriété et à l’utilisation des ressources naturelles. La dégradation environnementale due à des pratiques agricoles intensives et non durables est également une préoccupation majeure.
Quel rôle jouent les gouvernements dans la gestion des terres agricoles ?
Les gouvernements ont un rôle crucial à jouer en établissant des cadres législatifs clairs pour l’acquisition et l’utilisation des terres, en protégeant les droits des populations locales, en veillant à une répartition équitable des bénéfices, et en promouvant des pratiques agricoles durables. Ils sont également chargés de mener des études d’impact environnemental et social rigoureuses avant d’approuver de grands projets fonciers. Les ministères de l’agriculture, tels que le Ministère de l’Agriculture tunisien, sont souvent en première ligne pour définir et mettre en œuvre ces politiques.




