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Souss-Massa paie le prix fort après les intempéries de fin février 2026
La filière marocaine de la myrtille traverse un épisode particulièrement difficile après les violentes tempêtes qui ont touché la région de Souss-Massa les 26 et 27 février 2026. Selon des estimations relayées par l’International Blueberry Organization (IBO), la campagne 2026 pourrait enregistrer une baisse de production comprise entre 15 % et 25 %, avec des pertes pouvant dépasser 50 % chez certaines exploitations.
La zone de Chtouka Aït Baha, pilier de la production et de l’export maraîcher et fruitier du Maroc, a été particulièrement affectée. Les intempéries ont combiné vents violents, inondations, faible luminosité et chute des températures, provoquant des dégâts sur les serres, des difficultés d’accès à certaines parcelles et un ralentissement net de la récolte.
Des volumes bien en dessous des attentes
Avant cet épisode climatique, les opérateurs tablaient sur une progression d’environ 13 % de la production totale par rapport à la saison précédente. Mais la réalité du terrain a rapidement contredit ces prévisions. À la semaine 9, les volumes récoltés n’avaient atteint qu’environ 15 000 kilos, contre 21 000 kilos à la même période l’an dernier, signe d’un net recul de la dynamique de campagne.
Au-delà du simple volume, la tempête a également affecté la qualité commerciale. Le manque de lumière et les températures basses ont entraîné une réduction du calibre des fruits, un point sensible sur les marchés export où les exigences de présentation, de fermeté et d’homogénéité restent élevées.
Des impacts très inégaux selon les exploitations
L’un des éléments les plus marquants de cette crise est son caractère très hétérogène. Certaines entreprises semblent avoir relativement bien résisté, tandis que d’autres subissent de lourdes pertes. Cette disparité s’explique notamment par la localisation des sites, le niveau de protection des infrastructures, l’exposition au vent, la gestion du drainage et la capacité d’intervention rapide après les pluies.
Pour les petites et moyennes exploitations, la question de la reprise devient centrale. Les coûts de réparation des serres, de remise en état des parcelles et de reconstitution du potentiel productif pourraient être particulièrement lourds pour les structures disposant de peu de réserves financières.
Un signal fort pour toute l’agriculture marocaine
Cet épisode dépasse le seul cadre de la myrtille. Il rappelle avec force la vulnérabilité croissante de l’agriculture aux aléas climatiques, y compris dans des bassins historiquement très performants comme le Souss-Massa. D’après la source citée par FreshFruitPortal, cette région représente près de 85 % des exportations marocaines de fruits et légumes, ce qui signifie que toute perturbation majeure dans cette zone a un effet immédiat sur les chaînes d’approvisionnement destinées aux marchés européens et moyen-orientaux.
Pour la filière baie, la leçon est claire : la compétitivité ne dépend plus seulement des variétés, du rendement ou du calendrier de production. Elle dépend de plus en plus de la capacité des exploitations à investir dans des infrastructures résilientes, des systèmes de drainage performants, des protections adaptées contre le vent, et une gestion technique capable de réagir rapidement à des événements extrêmes.
Entre tension sur l’offre et nécessité d’adaptation
À court terme, la baisse des volumes marocains pourrait entraîner une tension sur l’offre export, surtout sur les fenêtres où le Maroc joue un rôle stratégique sur les marchés internationaux. Mais à moyen et long terme, l’enjeu principal est ailleurs : il s’agit d’adapter durablement les systèmes de production à une nouvelle réalité climatique.
Le développement de la myrtille au Maroc a suscité de gros investissements ces dernières années, portés par l’arrivée de nouvelles génétiques et par la forte demande internationale. Les tempêtes de février 2026 montrent toutefois que la rentabilité future dépendra aussi de la résistance physique des exploitations face aux chocs climatiques.
Conclusion
Les tempêtes qui ont frappé le Souss-Massa fin février 2026 constituent un tournant pour la filière marocaine de la myrtille. Au-delà des pertes immédiates, elles posent une question stratégique : comment sécuriser la croissance d’un secteur export en pleine expansion dans un contexte climatique de plus en plus instable ?
Pour les producteurs, exportateurs, investisseurs et acheteurs, le message est limpide : la performance future passera autant par la résilience que par la productivité.




