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Teigne tomate : 37 tonnes de tomates marocaines bloquées au port de Saint-Pétersbourg suite à une infestation de Tuta absoluta.
L’actualité du commerce international de fruits et légumes a été marquée récemment par un incident significatif : 37 tonnes de tomates d’origine marocaine se retrouvent bloquées dans le port de Saint-Pétersbourg, en Russie. Cette situation, relayée par le média russe spécialisé Portnews, met en lumière les enjeux sanitaires cruciaux dans les échanges agroalimentaires mondiaux. L’organe de contrôle sanitaire russe, Rosselkhoznadzor, a en effet pris la décision de suspendre les importations de tomates provenant du Maroc après la découverte de spécimens vivants de la redoutable teigne tomate. Cette mesure, drastique mais justifiée par la nécessité de protéger l’agriculture nationale, souligne la vigilance des autorités face aux risques phytosanitaires.
La confirmation de la présence de ce ravageur n’a pas tardé. Selon le service presse du port, citant le journal Portnews, des experts du Leningrad Interregional Veterinary Laboratory ont formellement identifié la teigne tomate. En application de la législation russe en vigueur, les 37 tonnes de produits considérés comme contaminés sont destinées soit à être retournées à leur expéditeur, soit à être détruites, soit à faire l’objet d’un processus de décontamination. Cette décision illustre la politique stricte adoptée par la Russie pour prévenir l’introduction et la dissémination de parasites susceptibles de causer des dégâts considérables aux cultures locales.
Les origines et le cycle de vie de la teigne tomate (Tuta absoluta)
La désignation scientifique de ce fléau est *Tuta absoluta*. Il s’agit d’un minuscule papillon originaire d’Amérique du Sud, dont le cycle de vie présente des caractéristiques particulièrement préoccupantes pour les producteurs de tomates à travers le monde. Les chenilles de la teigne tomate sont voraces et polyphages, c’est-à-dire qu’elles se nourrissent de diverses parties de la plante de tomate : elles creusent des galeries dans le feuillage, les tiges et, de manière particulièrement dommageable, dans les fruits eux-mêmes. Cette activité souterraine ou interne rend le contrôle visuel difficile et l’intervention tardive. La capacité de *Tuta absoluta* à se propager activement est impressionnante. Elle a déjà conquis une grande partie de l’Amérique du Sud, s’est étendue en Europe et affecte désormais de nombreux pays méditerranéens, dont le Maroc, un exportateur majeur de tomates. Le réchauffement climatique et l’intensification des échanges commerciaux internationaux ont sans doute contribué à sa dissémination rapide, faisant de la teigne tomate un problème phytosanitaire d’envergure mondiale.
Les conséquences économiques de l’infestation par la teigne tomate peuvent être désastreuses pour les agriculteurs. Les pertes de productivité et de qualité des récoltes sont souvent substantielles, allant, selon diverses estimations, de 35% à 100% dans les cas les plus graves. Cela signifie que des exploitations entières peuvent voir leur production anéantie, mettant en péril leur viabilité économique. La pression exercée par la teigne tomate sur les marchés mondiaux est donc considérable, poussant les pays importateurs à renforcer leurs contrôles sanitaires pour protéger leurs propres filières agricoles.
Les défis agronomiques et économiques de la production de tomates face à la teigne tomate
Au-delà de la menace directe que représente la teigne tomate, les producteurs de tomates sont confrontés à une série de défis agronomiques et économiques de plus en plus complexes. La lutte contre ce ravageur nécessite souvent des interventions phytosanitaires coûteuses et répétées, qui s’ajoutent aux autres contraintes de production. La gestion de l’eau, par exemple, devient un enjeu majeur, surtout dans les régions soumises à un stress hydrique croissant. L’optimisation de l’irrigation, l’utilisation de techniques économes en eau et le choix de variétés plus résistantes à la sécheresse sont autant d’éléments qui pèsent sur les coûts de production. De plus, les coûts des intrants (engrais, produits phytosanitaires, énergie pour les serres chauffées) ne cessent d’augmenter, exerçant une pression constante sur la marge des producteurs.
La dynamique entre le “coût de production” et le “prix de vente” est au cœur de la rentabilité des exploitations maraîchères. Pour la tomate, un produit périssable dont la production est saisonnière et souvent intensive, cette équation est particulièrement sensible. Le coût de production englobe tous les éléments nécessaires à la culture : main-d’œuvre, semences, engrais, eau, énergie, produits de protection des cultures (y compris ceux nécessaires pour lutter contre la teigne tomate), emballage, transport, etc. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés nationaux et internationaux, ainsi que par la qualité et la présentation des produits. Lorsque les coûts de production augmentent significativement – comme c’est souvent le cas avec la nécessité de traitements phytosanitaires plus fréquents pour contrer la teigne tomate – et que les prix de vente stagnent ou diminuent, la marge bénéficiaire se réduit, voire disparaît. Cet épisode de blocage à Saint-Pétersbourg, bien que spécifique à un lot de tomates, illustre la fragilité de cette chaîne d’approvisionnement et les risques financiers encourus par les producteurs face à des aléas sanitaires et réglementaires imprévus.
La teigne tomate : un enjeu de sécurité alimentaire et de commerce international
La prolifération de la teigne tomate n’est pas seulement une préoccupation pour les agriculteurs et les autorités sanitaires nationales ; elle représente un enjeu majeur pour la sécurité alimentaire mondiale et la stabilité du commerce international de fruits et légumes. Des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’investissent activement dans la recherche et la diffusion de méthodes de lutte durables contre ce ravageur. Les stratégies de gestion intégrée des nuisibles (GIN) sont encouragées, combinant des approches biologiques, culturales et chimiques raisonnées pour minimiser l’impact environnemental et les risques pour la santé humaine. Le Maroc, en tant qu’acteur important sur le marché européen et russe, est particulièrement attentif à ces problématiques. L’absence de réponse efficace à la menace de la teigne tomate pourrait avoir des répercussions importantes sur sa capacité à exporter ses productions. D’autres pays producteurs, comme la Tunisie, dont le Ministère de l’Agriculture déploie des plans de lutte spécifiques, sont également confrontés à des défis similaires. Ces efforts coordonnés sont essentiels pour maintenir la confiance dans la qualité et la sécurité des produits exportés et pour assurer la fluidité des échanges commerciaux, comme ceux qui pourraient être facilités par des plateformes telles que HortiTecNews.
FAQ sur la crise actuelle de la teigne tomate
Pourquoi le prix de la teigne tomate augmente-t-il ?
Il est important de clarifier que la “teigne tomate” elle-même n’a pas de prix. C’est plutôt le coût de la lutte contre ce ravageur qui impacte le prix final de la tomate. Les mesures de contrôle, les traitements phytosanitaires, les pertes de récolte dues aux infestations, et le renforcement des contrôles sanitaires par les pays importateurs engendrent des coûts supplémentaires pour les producteurs. Ces coûts additionnels se répercutent inévitablement sur le prix de vente de la tomate sur les marchés.
Quelles sont les conséquences du blocage de 37 tonnes de tomates marocaines ?
Ce blocage a plusieurs conséquences. Pour les producteurs et exportateurs marocains, cela représente une perte financière directe due à la marchandise non vendue et potentiellement détruite. Pour les importateurs russes, cela peut entraîner des pénuries temporaires ou une augmentation des prix sur le marché local. Sur le plan phytosanitaire, cela souligne la nécessité de renforcer les contrôles à la source et de partager des informations sanitaires entre les pays pour prévenir la propagation des ravageurs.
Comment les producteurs peuvent-ils lutter efficacement contre la teigne tomate ?
La lutte efficace contre la teigne tomate repose sur une approche intégrée. Cela inclut l’utilisation de pièges à phéromones pour surveiller et capturer les adultes, la mise en place de barrières physiques (filets anti-insectes), la rotation des cultures, l’emploi de prédateurs naturels (insectes auxiliaires), et, si nécessaire, l’application ciblée de produits phytosanitaires homologués et respectueux de l’environnement. L’adoption de pratiques culturales qui favorisent la santé des plantes est également cruciale.
Quels sont les risques pour les consommateurs suite à une infestation de teigne tomate ?
Les risques directs pour les consommateurs liés à la teigne tomate sont généralement faibles, surtout lorsque les produits sont soumis à des contrôles sanitaires rigoureux. Les chenilles peuvent consommer les fruits, mais les méthodes de nettoyage et de préparation culinaire permettent d’éliminer d’éventuels résidus. Le principal risque réside dans la présence potentielle de résidus de produits phytosanitaires si les traitements n’ont pas été effectués dans le respect des doses et des délais avant récolte. Les réglementations strictes visent justement à garantir la sécurité des aliments.





1 Comment
La decouverte, probablement de lavves de Tutta absoluta dans le fruit, proviendrait d’un manque de contrôle dans la chaîne de conditionnement. Un contrôle à proori peut être fait par lrs ouvriers lors de la récolte.