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teigne de tomate : un nom qui suscite l’inquiétude dans le monde de l’agriculture, et particulièrement pour les exportateurs de tomates. Récemment, près de 93 tonnes de tomates marocaines se sont retrouvées bloquées dans le port de Saint-Pétersbourg en Russie, un incident qui met en lumière les défis sanitaires et économiques auxquels le secteur est confronté. La raison invoquée ? La découverte de la teigne de tomate, un ravageur redoutable dont la présence peut compromettre la totalité d’une récolte.
L’impact dévastateur de la teigne de tomate sur les cultures
La teigne de tomate, dont le nom scientifique est Tuta absoluta, est un papillon originaire d’Amérique du Sud. Ses chenilles sont particulièrement voraces et s’attaquent à toutes les parties de la plante de tomate : les feuilles, les tiges, et surtout les fruits. Elles creusent des galeries qui rendent les fruits impropres à la consommation et à la commercialisation. Ce petit insecte a une capacité de reproduction et de dissémination impressionnante, lui permettant de s’établir rapidement dans de nouvelles régions. Son expansion est une préoccupation majeure pour l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui déploie des efforts considérables pour limiter sa propagation à travers le monde. La présence de la teigne de tomate dans un lot de fruits destinés à l’exportation entraîne automatiquement le refus de la cargaison, comme ce fut le cas pour ces 93 tonnes de tomates marocaines. Les pertes économiques peuvent être considérables, non seulement en raison du rejet de la marchandise, mais aussi des coûts liés aux traitements phytosanitaires et aux mesures de prévention qui s’avèrent souvent complexes et onéreuses.
Le marché russe, comme de nombreux marchés d’importation, impose des normes sanitaires strictes pour protéger sa propre agriculture et ses consommateurs. La détection de parasites, même en faible quantité, est suffisante pour entraîner des mesures d’interdiction. Cet incident souligne l’importance cruciale de la certification phytosanitaire et des contrôles rigoureux à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, de la production à l’exportation. Les agriculteurs doivent redoubler de vigilance et mettre en œuvre des stratégies de lutte intégrée pour minimiser les risques liés à la teigne de tomate.
Défis agronomiques et pression sur les coûts de production
Au-delà de la menace directe de la teigne de tomate, les producteurs sont confrontés à une multitude de défis agronomiques qui pèsent sur leur rentabilité. Les conditions climatiques fluctuantes, les périodes de stress hydrique accentuées par le changement climatique, et la nécessité d’investir dans des intrants de plus en plus coûteux (fertilisants, produits de protection des cultures, énergie) créent une pression constante sur les marges. Les coûts de production ne cessent d’augmenter, rendant la compétitivité sur les marchés internationaux de plus en plus difficile. Par exemple, l’irrigation représente un poste de dépense majeur, surtout dans les régions où l’eau se fait rare. De même, les traitements contre les maladies et les ravageurs, dont la teigne de tomate fait partie, nécessitent l’utilisation de produits souvent coûteux et dont l’efficacité peut être limitée dans le temps en raison de l’adaptation des insectes.
Cette situation oblige les producteurs à optimiser chaque aspect de leur exploitation. L’innovation technologique, l’adoption de pratiques culturales durables, et une gestion rigoureuse des ressources sont devenues indispensables. Le recours à des serres modernes, des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, et des méthodes de lutte biologique sont des pistes explorées pour réduire la dépendance aux produits chimiques et améliorer la résilience des cultures. L’investissement dans la recherche et le développement est également essentiel pour trouver des solutions plus efficaces et respectueuses de l’environnement.
Le dilemme du “coût prix” : quand le prix de vente peine à couvrir les dépenses
La problématique de la teigne de tomate s’inscrit dans un contexte économique plus large où le différentiel entre le coût de production et le prix de vente devient de plus en plus problématique pour les agriculteurs. Le “coût prix”, terme qui englobe l’ensemble des dépenses nécessaires pour produire un bien agricole, ne cesse de grimper. D’un côté, nous avons l’augmentation des charges : coût des semences, des fertilisants, de l’eau, de l’énergie, de la main-d’œuvre, et des traitements phytosanitaires pour lutter contre des ravageurs comme la teigne de tomate. De l’autre côté, le prix de vente des tomates, fixé sur les marchés mondiaux, est soumis à des fluctuations importantes, influencées par l’offre et la demande, les conditions météorologiques dans les pays producteurs, et les politiques commerciales. Lorsque le prix de vente est inférieur au coût de production, les agriculteurs se retrouvent dans une situation intenable, incapables de rentabiliser leurs efforts et de réinvestir dans leurs exploitations. Cet événement de blocage en Russie illustre parfaitement cette fragilité : non seulement la cargaison est perdue, mais elle représente un coût irrécupérable pour le producteur ou l’exportateur. L’absence de débouchés ou le rejet de la marchandise en raison de problèmes sanitaires comme ceux causés par la teigne de tomate aggrave cette situation.
Pour faire face à ce déséquilibre, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. La diversification des cultures peut aider à répartir les risques. Le développement de circuits courts et la vente directe aux consommateurs permettent parfois d’obtenir de meilleurs prix. La mise en place de contrats d’approvisionnement à long terme avec des distributeurs peut offrir une certaine stabilité des prix. L’innovation et l’amélioration de la qualité des produits pour se différencier sur le marché sont également des leviers importants. Les producteurs qui parviennent à produire des tomates de haute qualité, répondant aux exigences des marchés les plus exigeants, sont mieux placés pour négocier des prix plus rémunérateurs. L’intégration de la chaîne de valeur, par exemple en se rapprochant des transformateurs ou des distributeurs, peut également permettre de capter une meilleure part de la valeur ajoutée. Il est aussi crucial de se renseigner sur les aides et subventions disponibles auprès des ministères de l’agriculture ou des organisations professionnelles comme celles que l’on trouve dans des pays comme la Tunisie, où le Ministère de l’Agriculture joue un rôle clé dans le soutien au secteur agricole.
La lutte contre la teigne de tomate : un enjeu mondial
La lutte contre la teigne de tomate ne concerne pas seulement les agriculteurs individuellement, mais représente un enjeu mondial majeur pour la sécurité alimentaire. La FAO, par exemple, met en œuvre des programmes de coopération internationale pour aider les pays à développer des stratégies de gestion des risques et à renforcer leurs systèmes de surveillance phytosanitaire. Le partage d’informations et de bonnes pratiques entre pays est essentiel. Sur le site de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, on peut trouver de nombreuses ressources sur la gestion des ravageurs et des maladies des cultures. Des initiatives comme celle proposée par HortiTecNews contribuent également à diffuser les dernières avancées technologiques et les meilleures méthodes de lutte.
Pour les producteurs, cela implique d’être à l’affût des nouvelles recommandations techniques, d’investir dans la formation continue et d’adopter une approche proactive en matière de protection des cultures. L’adoption de variétés de tomates plus résistantes, lorsque cela est possible, et l’application de mesures de biosécurité rigoureuses sont également des éléments clés pour se prémunir contre l’infestation par la teigne de tomate.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des tomates a-t-il tendance à augmenter ?
L’augmentation du prix des tomates est souvent liée à une combinaison de facteurs : une offre réduite due à des conditions météorologiques défavorables, des maladies ou des ravageurs comme la teigne de tomate, une augmentation des coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), et une demande soutenue. Les blocages de cargaisons, comme celui observé en Russie, réduisent l’offre disponible sur le marché, ce qui peut entraîner une hausse des prix.
Quelles sont les conséquences d’une infestation de teigne de tomate pour un producteur ?
Les conséquences peuvent être désastreuses : perte totale ou partielle de la récolte, impossibilité de commercialiser les fruits, coûts supplémentaires liés aux traitements, amendes et refus de cargaison à l’exportation. La teigne de tomate peut causer des pertes allant de 35% à 100% de la production.
Quelles sont les alternatives pour les producteurs face aux ravageurs comme la teigne de tomate ?
Les producteurs peuvent se tourner vers la lutte biologique (utilisation d’ennemis naturels du ravageur), l’utilisation de phéromones pour piéger les insectes, la rotation des cultures, la sélection de variétés résistantes, l’amélioration des conditions de culture pour renforcer la plante, et le recours à des produits phytosanitaires homologués et utilisés avec parcimonie, dans le cadre d’une stratégie de lutte intégrée. L’innovation technologique, comme les pièges connectés et les drones de surveillance, offre également de nouvelles perspectives.




