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taux chômage : L’agriculture marocaine face à une crise : la sécheresse fait grimper le chômage à 10%.
La période de sécheresse qui a sévèrement affecté le secteur agricole au Maroc, pilier essentiel de l’économie nationale, a entraîné une augmentation notable du taux de chômage, atteignant 10% au cours du premier trimestre de 2016. Cette situation met en lumière la vulnérabilité d’un secteur stratégique face aux aléas climatiques et ses répercussions sur le marché du travail.
L’impact de la sécheresse sur le taux de chômage au Maroc
Selon les données publiées par le Haut Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage au Maroc s’est établi à 10% durant le premier trimestre de 2016. Cette augmentation, bien que légère en apparence avec une hausse de 0,1 point de pourcentage par rapport à la même période de l’année précédente, représente un chiffre absolu significatif de 1,16 million de personnes sans emploi, contre 1,15 million un an auparavant. Le HCP a précisé que 13 000 postes d’emploi ont été perdus en l’espace d’un an, contrastant fortement avec la création annuelle moyenne de 71 000 postes observée au cours des trois années précédentes. Cette détérioration est attribuable à la suppression de 28 000 emplois dans les zones rurales, tandis que seulement 15 000 postes ont été créés dans les zones urbaines. L’explication principale réside dans l’impact direct des conditions climatiques défavorables ayant marqué la campagne agricole.
Le phénomène n’épargne aucune catégorie de la population active. Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans a connu une progression significative, passant de 21,3% au premier trimestre de l’année précédente à 23% au premier trimestre de 2016. De même, le chômage parmi les diplômés universitaires a atteint 17,5%, contre 17,3% l’année d’avant. Par ailleurs, le taux de sous-emploi, qui reflète la situation des personnes travaillant moins d’heures que souhaité ou occupant des postes qui ne correspondent pas à leurs qualifications, a également augmenté d’un point, se situant à 10,9% au premier trimestre 2016, contre 9,9% à la même période en 2015. Ces chiffres témoignent d’une détérioration globale du marché du travail, dont le secteur agricole est un des principaux catalyseurs.
Défis agronomiques et pression sur le marché mondial
La situation vécue par le secteur agricole marocain n’est pas isolée. À l’échelle mondiale, le secteur agricole est soumis à de multiples pressions. Les changements climatiques, se traduisant par des épisodes de sécheresse plus fréquents et intenses, mais aussi par des inondations et des variations de température imprévisibles, constituent un défi majeur. Ces phénomènes extrêmes affectent directement les rendements, la qualité des récoltes et la disponibilité des terres cultivables. De plus, l’augmentation des coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et l’énergie, pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations. Les agriculteurs se retrouvent ainsi pris entre des coûts de production croissants et une volatilité des prix de vente, rendant la planification économique particulièrement complexe.
Sur le plan agronomique, le stress hydrique, accentué par la sécheresse, limite la capacité des sols à soutenir la croissance des cultures. Les méthodes d’irrigation traditionnelles deviennent moins efficaces, poussant à une réflexion sur des techniques plus économes en eau, comme le goutte-à-goutte, ou sur le choix de cultures moins gourmandes en ressources hydriques. La gestion des sols pour maintenir leur fertilité face à l’épuisement des nutriments et à l’érosion devient également cruciale. Ces défis techniques nécessitent des investissements importants en recherche et développement, ainsi qu’un accompagnement technique rapproché des producteurs, souvent à petite échelle, qui sont les plus exposés.
La dynamique “Coût de revient vs Prix de vente” : un cercle vicieux
La relation entre le coût de revient des produits agricoles et leur prix de vente est au cœur de la précarité de nombreux exploitants. Le coût de revient englobe l’ensemble des dépenses engagées par l’agriculteur pour produire ses fruits et légumes : achat des semences, engrais, pesticides, carburant pour la mécanisation, main-d’œuvre, eau, électricité, ainsi que l’amortissement du matériel et des terres. Lorsque la production est bonne et que l’offre est abondante, les prix de vente tendent à baisser, sous l’effet des lois du marché. Cependant, dans les années de sécheresse ou de mauvaises conditions climatiques, la récolte est réduite, ce qui peut, paradoxalement, ne pas suffire à compenser l’augmentation des coûts de production. La faible quantité récoltée se vend parfois à un prix qui ne couvre même pas les dépenses engagées, entraînant des pertes financières importantes.
Cette situation crée un cercle vicieux. Les agriculteurs, face à des revenus insuffisants, peinent à investir dans de meilleures techniques, dans du matériel plus performant ou dans des pratiques plus durables. Ils se retrouvent ainsi encore plus dépendants des aléas climatiques et des fluctuations du marché. L’impact se répercute inévitablement sur l’emploi. Les exploitations qui ne parviennent pas à dégager de marges suffisantes sont contraintes de réduire leur main-d’œuvre saisonnière, voire de licencier des employés permanents, contribuant ainsi à l’augmentation du taux de chômage, notamment dans les zones rurales où les alternatives sont limitées. La volatilité des prix rend également difficile l’accès au crédit bancaire, essentiel pour le développement des exploitations. Des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture travaillent à la mise en place de stratégies de résilience pour aider les pays et les producteurs à faire face à ces défis.
Vers des solutions durables : diversification et innovation
Face à cette situation, la diversification des cultures et l’adoption de technologies innovantes apparaissent comme des pistes cruciales pour l’avenir de l’agriculture marocaine. Le développement de cultures résistantes à la sécheresse, l’optimisation de l’utilisation de l’eau grâce à des systèmes d’irrigation intelligents, ou encore la promotion de l’agroécologie, peuvent contribuer à réduire la dépendance aux conditions climatiques. L’investissement dans la recherche agronomique, le transfert de technologies et la formation des agriculteurs sont également des leviers essentiels. Pour le Maroc, comme pour d’autres nations dont l’économie repose fortement sur l’agriculture, la mise en place de politiques publiques adaptées, incluant des mesures de soutien aux agriculteurs en difficulté et des stratégies de gestion des risques climatiques, est primordiale. L’innovation au sein du secteur, potentiellement soutenue par des plateformes comme HortiTecNews, peut jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de la compétitivité et de la durabilité.
Dans le contexte régional, les défis sont similaires. Par exemple, en Tunisie, le secteur agricole est également un pilier de l’économie et fait face à des enjeux climatiques et économiques comparables. Le travail du Ministère de l’Agriculture tunisien, tout comme celui de ses homologues marocains, vise à renforcer la résilience du secteur face à ces pressions. La recherche de solutions partagées et la coopération régionale pourraient offrir des perspectives intéressantes pour relever collectivement ces défis.
FAQ sur la crise actuelle du secteur agricole et le taux de chômage
Pourquoi le taux de chômage augmente-t-il dans le secteur agricole marocain ?
Le taux de chômage augmente principalement en raison de la sécheresse et des conditions climatiques défavorables qui ont un impact direct sur les récoltes. Cela entraîne une réduction de l’activité agricole, la perte d’emplois saisonniers et permanents, ainsi qu’une diminution des revenus pour les exploitations, qui peuvent être amenées à réduire leur main-d’œuvre.
Quel est l’impact de la sécheresse sur la création d’emplois ?
La sécheresse réduit considérablement la capacité du secteur agricole à créer de nouveaux emplois. Au lieu de la création annuelle moyenne observée précédemment, on constate une perte nette de postes, particulièrement dans les zones rurales où l’agriculture est la principale source d’emploi.
Comment les jeunes sont-ils affectés par cette situation ?
Le taux de chômage chez les jeunes, déjà élevé, s’aggrave avec la crise agricole. Les jeunes diplômés ou à la recherche de leur premier emploi ont de plus en plus de mal à trouver des opportunités stables dans un secteur fragilisé, ce qui les pousse parfois à émigrer ou à se tourner vers d’autres secteurs moins touchés.
Quelles sont les solutions pour atténuer l’impact sur le taux de chômage ?
Les solutions incluent la diversification des cultures pour moins dépendre des conditions d’une seule récolte, l’adoption de techniques agricoles résilientes au climat (irrigation efficace, cultures résistantes), le soutien aux agriculteurs par des politiques publiques adaptées, et l’investissement dans l’innovation et la recherche agronomique. La promotion de l’agro-industrie et des filières de valorisation des produits agricoles peut également créer des emplois hors exploitation.
Le problème du chômage agricole est-il spécifique au Maroc ?
Non, le problème du chômage agricole lié aux aléas climatiques et aux défis économiques est une préoccupation majeure dans de nombreux pays, en particulier ceux dont l’économie est fortement dépendante de l’agriculture et qui sont vulnérables aux changements climatiques, comme le Maroc.




