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Le Maroc, pionnier des énergies renouvelables en Afrique, renforce son ambition solaire grâce à un partenariat stratégique avec des acteurs français de renom. Cette collaboration vise à structurer et dynamiser le secteur, depuis la formation des professionnels jusqu’à l’accompagnement des entreprises innovantes, s’inscrivant pleinement dans la vision ambitieuse du Royaume pour un avenir énergétique durable.
Le solaire marocain : un potentiel colossal soutenu par l’expertise française
Mustapha Bakkoury, président de la Moroccan Agency for Solar Energy (Masen), société maîtresse d’œuvre du Plan Solaire National, a récemment scellé un accord d’importance capitale avec deux institutions françaises d’excellence : le pôle de compétitivité énergie et réseaux Savoie Technolac et l’Ines Formation et Évaluation. Cette convention, d’une durée de trois ans, marque une étape significative dans la structuration de la filière solaire au Maroc et témoigne de la confiance accordée à l’expertise française pour accompagner le développement de ce secteur stratégique.
L’objectif principal de cet accord est multiple et s’articule autour de plusieurs axes majeurs visant à créer un écosystème vertueux autour de l’énergie solaire. D’une part, il prévoit un accompagnement approfondi du premier Cluster solaire marocain, une initiative lancée en avril 2014 qui rassemble les différents acteurs de la chaîne de valeur de l’énergie solaire. Ce cluster joue un rôle essentiel dans la mise en réseau, le partage d’expériences et la définition de stratégies communes pour le développement du secteur.
D’autre part, la convention s’engage à soutenir la création d’un business incubateur à Rabat. Cette structure aura pour mission d’identifier, d’accompagner et de favoriser l’émergence de jeunes entreprises et de projets innovants dans le domaine du solaire. L’incubateur fournira un soutien technique, financier et managérial aux entrepreneurs, contribuant ainsi à dynamiser l’innovation et à créer de nouvelles opportunités d’emploi.
Enfin, un volet formation est au cœur de cet accord. Un plan d’action de formation sera déployé pour les professionnels du secteur solaire. Cette initiative est cruciale pour répondre aux besoins croissants en compétences qualifiées, nécessaires à la conception, à l’installation, à la maintenance et à l’exploitation des infrastructures solaires. Le transfert de savoir-faire et le renforcement des capacités locales sont des piliers fondamentaux pour assurer la pérennité et la compétitivité du solaire marocain.
Une vision nationale ambitieuse pour les énergies renouvelables
Ces avancées s’inscrivent dans le cadre de la stratégie énergétique ambitieuse du Royaume du Maroc. Le pays s’est fixé pour objectif de couvrir 42% de ses besoins en électricité par des énergies renouvelables d’ici 2020, soit une capacité de 2 000 MW. Cette trajectoire ambitieuse positionne le Maroc comme un leader africain dans la transition énergétique et une référence mondiale en matière de développement des énergies propres.
Le complexe solaire de Ouarzazate, véritable fleuron de cette stratégie, illustre parfaitement cette dynamique. La première centrale de 160 MW, utilisant la technologie CSP (Concentrated Solar Power), a vu sa mise en service débuter dès l’été 2015. Ce projet d’envergure est appelé à se développer considérablement, avec une capacité qui devrait atteindre 500 MW en 2016, grâce à l’intégration progressive d’autres technologies, notamment la centrale solaire à tour et le photovoltaïque. Ce développement diversifié garantit une production d’énergie plus stable et plus flexible, répondant ainsi aux exigences du réseau électrique national.
L’engagement du Maroc dans le solaire ne se limite pas à la production d’électricité. Il s’agit d’une véritable stratégie de développement économique et social, visant à créer une industrie solaire nationale forte, à attirer les investissements étrangers et à renforcer l’indépendance énergétique du pays. Le partenariat avec la France, via Savoie Technolac et l’Ines, est une manifestation concrète de cette ouverture et de cette volonté de collaborer avec les acteurs internationaux les plus compétents.
Impacts et perspectives pour le secteur agricole
L’essor du solaire marocain a des implications directes et indirectes pour le secteur agricole, un pilier de l’économie nationale. L’accès à une énergie propre et abordable est un levier majeur pour moderniser les exploitations agricoles, améliorer l’irrigation et réduire les coûts de production. L’utilisation de pompes solaires pour l’irrigation, par exemple, permet de réduire la dépendance aux énergies fossiles et de minimiser l’empreinte carbone des activités agricoles.
De plus, le développement d’une industrie solaire locale crée des opportunités d’emploi et de développement pour les zones rurales, souvent confrontées à des défis économiques. Les compétences acquises dans le domaine du solaire peuvent être mises à profit pour installer et maintenir des systèmes d’énergie renouvelable au sein des exploitations agricoles, mais aussi pour développer de nouvelles activités liées à l’agri-voltaïsme, combinant production agricole et production d’énergie solaire sur une même parcelle.
Pour les acteurs du secteur agricole, qu’ils soient producteurs, importateurs ou exportateurs, il est essentiel de se tenir informés des avancées technologiques et des opportunités offertes par le développement des énergies renouvelables. Des structures comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), qui suit de près les évolutions agricoles au Maroc, et les agences de régulation comme l’Office National de Sécurité Sanitaire des produits Alimentaires (ONSSA), bien que n’étant pas directement liées à l’énergie, contribuent à façonner le cadre réglementaire et les standards qui peuvent influencer l’adoption de nouvelles technologies.
Le soutien apporté par des partenaires français à la filière solaire marocaine est un signal fort de la confiance dans le potentiel du Royaume et de sa capacité à devenir un acteur majeur des énergies renouvelables à l’échelle mondiale. Cette collaboration stratégique devrait accélérer la transition énergétique du Maroc et ouvrir de nouvelles perspectives de développement économique et environnemental, dont le secteur agricole bénéficiera pleinement.
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Source : challenge.ma




