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serres d’Almeria ravagées par des orages violents : un coup dur pour le marché horticole mondial.
Lundi 7 septembre, la région d’Almeria, en Espagne, a été le théâtre d’orages d’une rare violence, laissant derrière eux un paysage dévasté. Entre 800 et 1000 hectares de serres, véritables poumons de la production horticole européenne, ont subi des dommages considérables. Les zones les plus touchées, Adra et El Ejido, ont vu leurs exploitations transformées en étendues d’eau et de débris. Des municipalités voisines, comme Berja, n’ont pas été épargnées, témoignant de l’étendue de la catastrophe qui frappe ces importantes serres agricoles.
Les impacts dévastateurs sur les cultures sous serres
Les premières estimations dressées par les professionnels sont alarmantes. Andrés Góngora, secrétaire provincial de COAG Almeria, a souligné la gravité de la situation : “les cultures sont complètement inondées.” Le poivron précoce, une culture phare de la région, est la plus sévèrement touchée, mais les courgettes et les aubergines n’ont pas été épargnées par les dégâts. La plupart de ces cultures étaient encore à un stade précoce de plantation, ce qui rend le pronostic vital des plantes encore plus incertain. Les producteurs sont confrontés à la perspective douloureuse de devoir replanter une grande partie de leurs exploitations, une perspective coûteuse et chronophage.
L’incident s’est produit en début de matinée, coïncidant avec un jour férié, ce qui a eu la conséquence heureuse de ne pas faire de victimes humaines. Cependant, les conséquences économiques sont d’ores et déjà considérables. Les agriculteurs estiment qu’il faudra plusieurs jours pour parvenir à drainer l’eau accumulée dans les serres endommagées. L’ampleur des dégâts est telle que M. Góngora anticipe une réduction significative de la superficie dédiée au poivron, potentiellement de l’ordre de 400 hectares, impactant directement le démarrage de la saison. Cette perturbation aura des répercussions sur l’approvisionnement et les prix à l’échelle européenne, voire mondiale.
Les défis agronomiques et économiques des serres d’Almeria
La production sous serres, bien que permettant une maîtrise des conditions environnementales et une optimisation des rendements, n’en reste pas moins vulnérable aux aléas climatiques extrêmes. Ces événements soulignent les défis agronomiques auxquels sont confrontés les producteurs. L’accumulation d’eau peut entraîner des maladies racinaires, une asphyxie des sols et une dégradation de la qualité des fruits et légumes. Au-delà des dégâts directs, ces intempéries viennent s’ajouter à une conjoncture déjà tendue. La pression constante pour maintenir des prix de vente compétitifs face à la concurrence internationale, couplée à une hausse des coûts des intrants (énergie, engrais, main-d’œuvre), rend la marge de manœuvre des producteurs de plus en plus étroite. La fragilité des infrastructures de certaines serres, bien que souvent modernes, est également mise en lumière par ces catastrophes naturelles.
Le modèle économique basé sur le “coût de production” face au “prix de vente” est un équilibre délicat dans le secteur des fruits et légumes sous serres. Les producteurs doivent non seulement couvrir leurs charges fixes et variables (semences, plants, fertilisation, irrigation, protection phytosanitaire, main-d’œuvre, énergie pour le chauffage et la lumière si nécessaire, emballage, transport), mais aussi réaliser un bénéfice leur permettant d’investir et de pérenniser leur activité. Or, les aléas climatiques, comme les orages récents, entraînent des pertes directes (destruction de récoltes, dommages aux infrastructures) mais aussi des coûts indirects (remplacement de matériel, replantation, recours à des expertises). Ces surcoûts, dans un contexte où les prix de vente sont souvent dictés par la demande mondiale et la concurrence, peuvent mettre en péril la viabilité financière de nombreuses exploitations. La résilience de ces systèmes agricoles dépend donc non seulement de leur capacité à s’adapter aux conditions météorologiques, mais aussi de mécanismes de soutien et de régulation des marchés plus robustes.
Les alternatives pour les producteurs
Face à de tels événements, il devient crucial pour les producteurs de diversifier leurs cultures, d’investir dans des infrastructures plus résistantes et d’explorer de nouveaux marchés. La mise en place de systèmes d’alerte précoce et de plans d’urgence peut également aider à minimiser les dégâts. L’exploration de nouvelles techniques de culture, moins dépendantes des aléas climatiques, ainsi que le développement de variétés plus résistantes aux conditions extrêmes, représentent des pistes d’avenir. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) œuvre d’ailleurs à promouvoir des pratiques agricoles durables et résilientes face aux changements climatiques. La coopération internationale et le partage des bonnes pratiques, comme ceux promus par des plateformes telles que HortiTecNews, sont essentiels pour aider les agriculteurs à surmonter ces défis.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la serres augmente-t-il après de tels événements ?
Lorsque des événements comme les orages d’Almeria ravagent des hectares de serres, la conséquence directe est une réduction de l’offre de fruits et légumes sur le marché. Avec moins de produits disponibles pour répondre à la demande, les prix ont tendance à augmenter. De plus, les coûts de réparation des serres endommagées et de remplacement des cultures perdues se répercutent souvent sur les prix finaux. Le coût de production augmente, ce qui pousse les prix de vente à la hausse.
Quelles cultures sont les plus touchées par ce type de catastrophe ?
Dans la région d’Almeria, les cultures les plus couramment cultivées sous serres et donc les plus vulnérables aux intempéries sont le poivron, la tomate, la courgette et l’aubergine. Ce sont des productions qui demandent des conditions spécifiques et qui sont souvent plantées en début de saison, rendant les jeunes plants particulièrement fragiles face aux inondations et aux destructions matérielles.
Comment les producteurs peuvent-ils se prémunir contre ces événements climatiques ?
La prévention passe par plusieurs axes : l’investissement dans des serres plus robustes et mieux conçues pour résister aux vents forts et aux pluies intenses, la mise en place de systèmes de drainage efficaces, le recours à des assurances agricoles adaptées, et la diversification des cultures pour ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Le suivi des prévisions météorologiques et la mise en place de plans d’urgence sont également cruciaux. Par exemple, l’agriculture en Tunisie, bien que différente, rencontre des défis similaires et le Ministère de l’Agriculture tunisien propose souvent des mesures de soutien et de conseil.




