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cerises : la récolte turque subit une perte significative, impactant le marché mondial.
La province d’Afyonkarahisar, poumon de la production de cerises en Turquie, fait face à une saison difficile. Un gel tardif, survenu à un moment crucial du développement des fruits, a causé des dégâts considérables, estimé à environ 30% de la récolte attendue. Cette situation, malheureusement familière aux producteurs de la région qui ont déjà connu des revers similaires par le passé, notamment en 2015 où le gel avait divisé la production par deux, met en lumière la fragilité de cette culture face aux aléas climatiques. Bien que la durée du gel n’ait été que de quelques heures, il a suffi à compromettre la floraison et la formation des fruits, d’autant plus que la production cette année était en avance d’environ quinze jours par rapport à la normale.
Les conséquences d’un gel sur la production de cerises
Afyonkarahisar n’est pas seulement un centre de production de cerises ; c’est une région agricole florissante où 120 000 décares (environ 12 000 hectares) sont dédiés aux vergers sur une surface cultivable totale de 160 000 décares. La production annuelle moyenne de cerises s’élève habituellement à environ 30 000 tonnes. Cette saison, les prévisions tablaient sur 25 000 tonnes avant le sinistre. Les estimations actuelles suggèrent une perte de près de 30% sur cette prévision, ramenant la quantité disponible à un niveau inférieur aux attentes. Au-delà des cerises, la région cultive également d’autres fruits, tels que les guignes (environ 10 000 tonnes), les pommes (10 000 tonnes) et les abricots (environ 2000 tonnes). Les premières évaluations indiquent que ces cultures ne sont pas épargnées, subissant également des pertes estimées à environ 30%. Cette situation complexe affecte non seulement les producteurs locaux mais a également des répercussions sur le marché international des cerises.
L’importance des cerises turques sur la scène mondiale ne cesse de croître. Les exportateurs turcs plaçaient de grands espoirs dans l’ouverture du marché chinois cette année, espérant diversifier leurs débouchés et bénéficier d’une demande nouvelle et potentiellement lucrative. L’accord récent entre la Turquie et la Chine sur l’exportation de cerises visait à dynamiser le commerce de ce fruit emblématique. Cependant, les pertes subies en raison du gel menacent directement la capacité de la Turquie à répondre à cette demande accrue, potentiellement frustrant les efforts diplomatiques et commerciaux déployés pour accéder à ce nouveau marché stratégique. L’impact économique de ces pertes est donc double : une réduction des revenus pour les producteurs et potentiellement une opportunité manquée pour le développement des exportations turques de cerises.
Défis agronomiques et économiques pour les producteurs de cerises
Au-delà des aléas climatiques directs, les producteurs de cerises font face à une série de défis agronomiques et économiques qui complexifient leur activité. La gestion de l’eau, bien que moins directement mentionnée dans le contexte du gel, reste une préoccupation constante, surtout dans un contexte de changement climatique qui peut entraîner des périodes de sécheresse plus fréquentes ou intenses. De plus, le coût des intrants agricoles – engrais, produits phytosanitaires, main-d’œuvre – ne cesse d’augmenter, érodant les marges bénéficiaires des agriculteurs. La dynamique entre le prix de revient et le prix de vente est donc cruciale. Un prix de revient élevé, combiné à des rendements incertains dus aux conditions météorologiques, peut rendre la culture des cerises financièrement périlleuse. Lorsque le prix de vente ne parvient pas à couvrir ces coûts de production accrus, les agriculteurs se retrouvent dans une situation de précarité, voire de déficit. Par exemple, si le coût de production d’un kilogramme de cerises atteint 130 millimes (une unité monétaire hypothétique pour illustrer le coût), et que le prix de vente ne dépasse pas 162 millimes, la marge bénéficiaire est minime, laissant peu de place aux imprévus ou aux investissements.
Ces difficultés poussent certains producteurs à rechercher des alternatives ou à adopter des pratiques culturales plus résilientes. L’investissement dans des systèmes d’irrigation plus efficaces, l’utilisation de variétés de cerises plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques extrêmes, ou encore la diversification vers d’autres cultures moins sensibles pourraient être envisagés. La recherche et le développement dans le secteur agricole jouent un rôle essentiel pour fournir aux producteurs les outils et les connaissances nécessaires pour s’adapter. L’innovation dans les techniques de protection contre le gel, telles que les systèmes d’aspersion ou l’utilisation de bâches, pourrait également offrir des solutions pour limiter les pertes futures, bien que leur mise en œuvre représente un investissement conséquent. La collaboration avec des organismes tels que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture peut aider à diffuser les bonnes pratiques et à soutenir les initiatives de recherche.
Le marché mondial des cerises sous tension
La production de cerises est une activité qui dépend fortement des conditions météorologiques, rendant les marchés mondiaux intrinsèquement volatils. Lorsque des événements climatiques majeurs touchent des régions productrices clés comme la Turquie, l’impact se fait rapidement sentir au niveau international. La Turquie, en tant qu’exportateur majeur, influence la disponibilité des cerises sur les étals des pays importateurs. Une baisse significative de la production turque peut entraîner une raréfaction de l’offre et, par conséquent, une hausse des prix pour les consommateurs dans d’autres régions du monde. Cette situation peut également ouvrir des opportunités pour d’autres pays producteurs, mais ces derniers doivent alors être en mesure de compenser le déficit. Par exemple, si le marché tunisien, connu pour sa production de fruits, devait également faire face à des difficultés, la pression sur les prix mondiaux des cerises s’accentuerait. Il est donc essentiel pour les pays importateurs de surveiller de près les conditions de production dans les grandes régions exportatrices. Le Ministère de l’Agriculture de pays comme la Tunisie, par exemple, joue un rôle crucial dans le suivi des productions locales et des marchés internationaux afin d’anticiper les fluctuations et de soutenir les filières agricoles.
L’importance des exportations de fruits frais est considérable pour l’économie turque. Les cerises, en particulier, représentent une source de revenus non négligeable. Les relations commerciales entretenues avec divers pays, y compris les efforts pour pénétrer de nouveaux marchés comme la Chine, témoignent de l’ambition du secteur. La perte actuelle pourrait freiner cette dynamique, nécessitant des stratégies d’adaptation pour maintenir la compétitivité des cerises turques. L’article original mentionne également des pertes sur d’autres productions comme les pommes et les abricots, ce qui souligne la vulnérabilité de l’ensemble du secteur fruitier turc face aux conditions climatiques adverses.
Dans ce contexte, la plateforme HortiTecNews suit attentivement ces développements et leurs implications pour l’industrie horticole.
FAQ sur la crise actuelle des cerises
Pourquoi le prix de la cerise augmente-t-il ?
Le prix de la cerise peut augmenter pour plusieurs raisons, souvent interconnectées. Premièrement, une réduction de l’offre due à des conditions météorologiques défavorables (gel, grêle, sécheresse), des maladies ou des ravageurs, comme c’est le cas en Turquie actuellement, diminue la disponibilité du produit sur le marché. Deuxièmement, une augmentation de la demande, par exemple due à l’ouverture de nouveaux marchés ou à des campagnes promotionnelles réussies, peut également faire grimper les prix. Enfin, l’augmentation des coûts de production (intrants, main-d’œuvre, transport) oblige les producteurs à répercuter ces charges sur le prix de vente pour maintenir leur rentabilité.
Quel est l’impact des conditions climatiques sur la production de cerises ?
Les conditions climatiques sont le facteur le plus déterminant dans la production de cerises. Les températures trop basses durant la floraison peuvent empêcher la pollinisation et la formation des fruits, comme l’a montré le récent gel en Turquie. Les fortes pluies au moment de la maturation peuvent provoquer l’éclatement des cerises. La grêle peut endommager les fruits et les rendant invendables. Les périodes de sécheresse prolongée peuvent réduire la taille et la qualité des cerises. Un climat trop chaud peut accélérer la maturation, mais aussi favoriser certaines maladies.
Quelles sont les alternatives pour les producteurs turcs face à ces pertes ?
Face à ces pertes récurrentes, les producteurs turcs peuvent explorer plusieurs pistes. La diversification des cultures peut permettre de répartir les risques. L’investissement dans des technologies de protection des cultures, comme les filets anti-grêle ou les systèmes de chauffage des vergers, bien que coûteux, peut réduire la vulnérabilité. L’adoption de variétés de cerises plus résistantes aux conditions climatiques extrêmes et aux maladies est également une stratégie pertinente. La formation continue et l’accès à des conseils agronomiques personnalisés peuvent aider les producteurs à mieux adapter leurs pratiques. Enfin, le développement de circuits de commercialisation plus courts et la transformation des fruits (confitures, jus, fruits secs) peuvent offrir des débouchés moins dépendants des aléas du marché frais.




