
Les mandarines Tango peuvent déjà être commercialisées 8 mois par an
1 November 2017
Onzième édition du Festival International du safran de Taliouine
8 November 2017
Production dattes marocaines : une année sous le signe de la déclin, impactant les exportations et le marché intérieur.
Cette année, le Maroc fait face à une diminution notable de sa production dattes marocaines, atteignant seulement 112 000 tonnes, un chiffre en deçà des 128 000 tonnes enregistrées en 2016. Cette baisse significative est principalement attribuée à un déficit pluviométrique persistant dans les principales régions agricoles dédiées à la culture du palmier dattier. Cette situation met en lumière la vulnérabilité de cette filière stratégique face aux aléas climatiques et soulève des interrogations quant à sa capacité à répondre à la demande croissante, tant sur le marché intérieur qu’à l’export.
Analyse approfondie de la baisse de la production dattes marocaines
Le Maroc s’enorgueillit d’une présence considérable dans le paysage mondial des producteurs de dattes, avec plus de 5 millions d’arbres dattiers répartis sur une superficie de 50 000 hectares. Cette densité de palmiers le positionne fièrement au 7ème rang mondial et au 3ème rang au sein du Maghreb. Face aux défis climatiques et dans une optique de renforcement de sa capacité de production, le royaume a initié un programme ambitieux de restauration et de restructuration de ses palmeraies. L’objectif fixé est la plantation de 3 millions d’arbres supplémentaires d’ici 2020. À ce jour, un progrès notable a été accompli avec la mise en terre de 1,8 million de nouveaux palmiers, témoignant d’un engagement fort envers l’avenir de cette culture.
Cependant, la consommation locale de dattes au Maroc reste significative, avec une moyenne de 3,25 kg par habitant et par an. Ce chiffre, bien qu’élevé comparé à la consommation européenne (environ 300g par personne en France, par exemple), ne place pas le Maroc parmi les pays les plus grands consommateurs mondiaux de dattes. La production nationale, bien que substantiale en termes de volume, est encore loin de rivaliser avec les géants du secteur. L’Algérie détient ainsi 12% du marché mondial, et la Tunisie 3%. L’Égypte, quant à elle, domine le marché avec une part impressionnante de 19%.
Défis agronomiques et pressions du marché mondial sur la production dattes marocaines
La diminution de la production dattes marocaines cette année n’est pas seulement le fruit d’une météo défavorable. Les défis agronomiques auxquels sont confrontés les producteurs sont multiples. Le stress hydrique, exacerbé par la raréfaction des précipitations, impose une gestion de l’eau toujours plus rigoureuse et coûteuse. Les coûts des intrants, qu’il s’agisse d’engrais, de produits phytosanitaires ou même de main-d’œuvre qualifiée pour la taille et la récolte, sont en constante augmentation. Ces facteurs conjugués grèvent la rentabilité des exploitations et rendent la production moins compétitive face à celle d’autres pays bénéficiant de conditions plus favorables ou de soutiens publics plus importants. La pression exercée par le marché mondial, avec des prix fluctuants et une concurrence accrue, oblige les producteurs marocains à optimiser leurs coûts et à améliorer la qualité de leurs produits pour maintenir leur compétitivité.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est un enjeu crucial pour la pérennité de la filière. Le coût de production d’un kilogramme de dattes marocaines prend en compte une multitude de dépenses : l’achat ou la location des terres, la plantation et l’entretien des jeunes arbres, l’irrigation (coût de l’eau, énergie pour le pompage), les fertilisants, les traitements contre les ravageurs et maladies, la main-d’œuvre pour la taille, l’éclaircissage, la pollinisation et bien sûr la récolte. À cela s’ajoutent les coûts de conditionnement, de transport et de commercialisation. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande, la qualité des dattes (variété, calibre, absence de défauts), la concurrence des autres pays producteurs et les marges des intermédiaires. Lorsque les coûts de production augmentent plus rapidement que les prix de vente, la marge bénéficiaire des agriculteurs se réduit, pouvant même devenir négative dans les cas les plus extrêmes. Cette situation peut décourager les investissements futurs et mener à un abandon progressif des cultures, affectant ainsi la production dattes marocaines à long terme.
Les alternatives pour les producteurs et l’importance de l’innovation
Face à cette conjoncture difficile, les producteurs de dattes marocaines explorent diverses stratégies pour pallier les baisses de rendement et améliorer leur situation économique. L’une des voies privilégiées est la diversification des variétés de dattes cultivées. Certaines variétés sont plus résistantes à la sécheresse et aux maladies, tandis que d’autres offrent des débouchés plus rémunérateurs sur le marché grâce à leurs qualités organoleptiques supérieures ou à leur potentiel de transformation. L’adoption de techniques d’irrigation économes en eau, telles que le goutte-à-goutte, devient une nécessité pour optimiser l’utilisation de cette ressource précieuse. Le recours à des intrants organiques et à des pratiques agroécologiques peut non seulement réduire les coûts mais aussi améliorer la qualité du sol et des fruits, répondant ainsi aux attentes croissantes des consommateurs en matière de produits sains et respectueux de l’environnement. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) met régulièrement à disposition des guides et des programmes de soutien pour encourager ces pratiques durables. L’innovation technologique, comme l’utilisation de drones pour la surveillance des palmeraies ou l’amélioration des méthodes de stockage et de conservation des dattes, joue également un rôle clé pour réduire les pertes post-récolte et prolonger la durée de vie des fruits. Les programmes de formation et d’accompagnement technique, tels que ceux proposés par HortiTecNews, sont essentiels pour diffuser ces nouvelles connaissances et compétences auprès des agriculteurs.
FAQ sur la crise actuelle de la production dattes marocaines
Pourquoi le prix de la production dattes marocaines augmente-t-il ?
L’augmentation des prix de la production dattes marocaines peut être attribuée à plusieurs facteurs interconnectés. Premièrement, la baisse de la production due aux conditions climatiques défavorables réduit l’offre disponible sur le marché. Lorsque l’offre diminue alors que la demande reste stable ou augmente, les prix ont tendance à s’élever. Deuxièmement, les coûts de production ont augmenté. Les prix des intrants agricoles (engrais, pesticides, énergie pour l’irrigation) sont en hausse, tout comme les coûts de la main-d’œuvre. Enfin, l’inflation générale impacte l’ensemble de la chaîne de valeur, des coûts de transport au conditionnement.
Quelles sont les principales variétés de dattes produites au Maroc ?
Le Maroc cultive une grande diversité de variétés de dattes, chacune ayant ses caractéristiques gustatives et ses périodes de maturité. Parmi les plus réputées, on trouve la variété ‘Deglet Nour’, appréciée pour sa texture translucide et son goût sucré, ‘M’châab’ est également très populaire, tout comme la ‘Boufeggous’, reconnue pour sa richesse en sucre et sa consistance charnue. D’autres variétés locales comme l”Aseela’ ou la ‘Aziza’ contribuent à la richesse du patrimoine oasien marocain.
Comment le Maroc gère-t-il la problématique de l’eau pour ses palmeraies ?
La gestion de l’eau est une priorité absolue pour la filière dattière marocaine. Les autorités agricoles et les agriculteurs mettent en œuvre diverses stratégies pour optimiser l’usage de cette ressource. Cela inclut le développement et l’extension des systèmes d’irrigation goutte-à-goutte, qui permettent une distribution précise de l’eau directement aux racines des arbres, minimisant ainsi les pertes par évaporation. La collecte et le stockage des eaux de pluie, ainsi que l’utilisation d’eaux usées traitées pour l’irrigation dans certaines régions, sont également des pratiques encouragées. La recherche vise également à identifier et à sélectionner des variétés de palmiers dattiers plus résistantes à la sécheresse.
Quel est l’impact de la baisse de la production de dattes marocaines sur les exportations ?
Une baisse de la production dattes marocaines a un impact direct et négatif sur les exportations. Moins de dattes disponibles signifie moins de volume à exporter, ce qui peut entraîner une réduction des revenus pour le pays et pour les producteurs. Les marchés d’exportation peuvent se tourner vers d’autres fournisseurs si la demande n’est pas satisfaite, ce qui peut affaiblir la position du Maroc sur la scène internationale des dattes. Les contrats d’exportation peuvent être plus difficiles à honorer, affectant la réputation des exportateurs marocains.
Quelle est la position du Maroc par rapport aux autres pays producteurs de dattes comme la Tunisie ?
Par rapport à la Tunisie, qui détient environ 3% du marché mondial, le Maroc se positionne légèrement différemment. Si la Tunisie a une présence établie sur certains marchés d’exportation, le Maroc, avec une production plus importante en volume, vise à consolider sa place et à accroître sa part de marché. Les défis climatiques auxquels sont confrontés les deux pays sont similaires, mais les stratégies de développement et les programmes de soutien à l’agriculture peuvent varier. Le Ministère de l’Agriculture tunisien travaille activement au soutien de sa filière, de même que les institutions marocaines veillent à la dynamisation de leur production.




