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agrumes : La saison agrumicole 2015-2016 en Tunisie révèle une baisse notable de la production, passant de 440 mille tonnes lors de la campagne précédente à 380 mille tonnes pour la période concernée. Cette diminution, bien que conséquente, ne doit pas masquer les évolutions qualitatives observées, notamment une augmentation significative des fruits de grand calibre. Le ministère de l’Agriculture, des ressources hydrauliques et de la pêche a communiqué ces chiffres, soulignant une tendance qui mérite une analyse approfondie pour comprendre les facteurs en jeu et leurs implications pour le secteur des agrumes tunisiens.
Analyse de la production tunisienne d’agrumes et ses variations
La production d’agrumes en Tunisie a connu une réduction de près de 13.6% entre la saison 2014/2015 et la saison 2015/2016, passant de 440 mille tonnes à 380 mille tonnes. Cette baisse de rendement interpelle quant aux conditions de culture et aux aléas climatiques ou économiques qui auraient pu impacter la récolte. Néanmoins, un point positif émerge de ces statistiques : la proportion de fruits de grand calibre a doublé, passant de 30% à environ 50% de la production totale. Cette amélioration qualitative peut potentiellement compenser partiellement la baisse quantitative en termes de valeur ajoutée, à condition que le marché réagisse favorablement à cette qualité accrue des agrumes.
Géographiquement, la région du Cap Bon confirme son rôle prépondérant dans la production d’agrumes, concentrant 75% des superficies dédiées à cette culture en Tunisie. Le gouvernorat de Ben Arous suit avec 5%, tandis que Bizerte, Kairouan et Jendouba se partagent les 4% restants, chacun. Cette concentration géographique offre des avantages en termes de gestion des infrastructures et de coordination des efforts, mais soulève également des questions sur la diversification des zones de production et la résilience face aux risques localisés. La superficie totale consacrée aux agrumes s’élève à 27 mille hectares, décomposée en 17 mille hectares de plants productifs, 7 mille hectares d’arbres matures et 3 mille hectares de jeunes plantations. Cette répartition indique un secteur mature avec un potentiel de renouvellement et d’expansion.
Pressions mondiales et défis agronomiques pour le secteur des agrumes
Le secteur des agrumes à l’échelle mondiale est soumis à des pressions concurrentielles accrues. Les principaux pays producteurs, tels que l’Espagne, l’Italie, le Maroc, et plus récemment certains pays d’Amérique du Sud et d’Asie, développent constamment leurs capacités de production grâce à des investissements massifs dans la recherche et développement, l’amélioration des techniques de culture et la mécanisation. La Tunisie, pour maintenir sa compétitivité sur les marchés internationaux, doit non seulement veiller à la quantité de sa production, mais aussi à sa qualité, à sa régularité et à sa capacité à répondre aux normes sanitaires et environnementales internationales. Le respect des réglementations en matière de résidus de pesticides, de traçabilité et de conditions de production durables devient un impératif pour accéder aux marchés les plus rémunérateurs. La collaboration avec des organisations internationales comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture est essentielle pour se tenir informé des évolutions des marchés et des meilleures pratiques.
Les défis agronomiques sont également au cœur des préoccupations. La gestion de la ressource en eau, particulièrement critique dans des régions sujettes à la sécheresse comme certaines parties de la Tunisie, représente un enjeu majeur. Les techniques d’irrigation efficiente, la sélection de variétés plus résistantes à la sécheresse et l’adoption de pratiques culturales visant à conserver l’humidité du sol sont primordiales. Parallèlement, l’augmentation des coûts des intrants (engrais, produits phytosanitaires, main-d’œuvre) pèse sur la rentabilité des exploitations. Les producteurs de agrumes doivent trouver des solutions pour optimiser l’utilisation de ces ressources, que ce soit par l’agroécologie, la transition vers des produits de biocontrôle, ou encore par la mise en place de systèmes d’exploitation plus intégrés et économes.
Comprendre la dynamique du coût de production et du prix de vente des agrumes
La relation entre le coût de production et le prix de vente est un équilibre délicat, particulièrement sensible dans le secteur agricole. Pour les producteurs d’agrumes, le coût de production englobe une multitude de dépenses : l’achat des plants, la préparation des sols, les apports en fertilisants et amendements, la protection contre les maladies et ravageurs, l’irrigation, la main-d’œuvre pour la taille, la récolte, ainsi que les coûts liés à la récolte, au conditionnement et au transport. S’y ajoutent les charges fixes comme l’amortissement des équipements, les taxes et les frais administratifs.
Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par une combinaison de facteurs : l’offre et la demande sur les marchés locaux et internationaux, la qualité des fruits, la saisonnalité, les coûts logistiques et les marges des intermédiaires (grossistes, distributeurs). Une production abondante de fruits de qualité médiocre peut entraîner une chute des prix, rendant difficile la couverture des coûts de production, voire la réalisation d’un bénéfice. Inversement, une pénurie due à des aléas climatiques peut faire flamber les prix, mais cette hausse profite rarement pleinement aux producteurs si la récolte a été trop endommagée. La stratégie de valorisation des fruits de grand calibre, comme observé lors de la saison 2015-2016, vise à capter une part plus importante de la valeur ajoutée en ciblant des segments de marché prêts à payer un premium pour des produits de qualité supérieure. La mise en place de filières courtes, la vente directe ou le développement de produits transformés à base d’agrumes (jus, confitures) peuvent également contribuer à améliorer la rentabilité et à réduire la dépendance aux fluctuations des prix des fruits frais.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis persistants, les producteurs d’agrumes tunisiens explorent diverses stratégies pour sécuriser leurs revenus et assurer la pérennité de leurs exploitations. L’agroécologie offre des pistes prometteuses, en encourageant des pratiques qui renforcent la biodiversité, améliorent la santé des sols et réduisent la dépendance aux intrants chimiques. La diversification des cultures, en intégrant des espèces fruitières ou légumières complémentaires, permet de répartir les risques et de générer des revenus sur différentes périodes de l’année. Le développement de l’agritourisme, en proposant des visites de vergers, des ateliers de dégustation ou des séjours à la ferme, peut ouvrir de nouvelles sources de revenus et valoriser le patrimoine agricole local. Enfin, l’organisation en coopératives ou en groupements de producteurs renforce le pouvoir de négociation face aux acheteurs et facilite l’accès à des financements et à des formations pour l’amélioration des techniques de production et de commercialisation. Le ministère de l’Agriculture tunisien joue un rôle clé dans l’accompagnement de ces transitions, notamment via des programmes de soutien à l’innovation et à la modernisation des exploitations, en lien avec le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Hydrauliques et de la Pêche.
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Questions Fréquentes sur la Production d’Agrumes
- Pourquoi le prix de la agrumes augmente-t-il ?
Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des prix des agrumes. La réduction de la production due aux conditions climatiques défavorables (sécheresse, gelées tardives), l’augmentation des coûts de production (engrais, énergie, main-d’œuvre), la hausse des coûts de transport et la demande soutenue, voire croissante, des consommateurs peuvent tous contribuer à une hausse des prix. Parfois, la spéculation sur les marchés peut également jouer un rôle.
- Quels sont les principaux facteurs qui affectent la production d’agrumes en Tunisie ?
Les principaux facteurs incluent les conditions climatiques (sécheresse, températures extrêmes), la disponibilité et le coût de l’eau d’irrigation, la gestion des maladies et des ravageurs, le vieillissement de certains vergers, le coût des intrants agricoles, et les politiques agricoles nationales et internationales. L’évolution des marchés mondiaux et les exigences des consommateurs en matière de qualité et de durabilité sont également déterminantes.
- Comment la qualité des agrumes est-elle mesurée ?
La qualité des agrumes est généralement évaluée selon plusieurs critères : la taille des fruits, leur forme, la couleur de la peau, l’épaisseur de la peau, la teneur en jus, la teneur en sucres (Brix), l’acidité, l’absence de défauts (blessures, maladies, pourriture) et la date de récolte. L’augmentation de la proportion de fruits de grand calibre observée en Tunisie est un indicateur qualitatif positif.
- Quel est l’impact du changement climatique sur la production d’agrumes ?
Le changement climatique a des impacts significatifs : augmentation des périodes de sécheresse, vagues de chaleur plus intenses et fréquentes, modification des régimes de pluie, et augmentation du risque de phénomènes météorologiques extrêmes (grêle, tempêtes). Ces facteurs peuvent réduire les rendements, affecter la qualité des fruits, et rendre la production plus coûteuse et incertaine. L’adaptation des variétés et des pratiques culturales est donc essentielle.
- Comment les producteurs peuvent-ils améliorer leur rentabilité ?
Pour améliorer leur rentabilité, les producteurs peuvent diversifier leurs cultures, adopter des techniques d’agriculture durable et d’agroécologie, réduire leurs coûts d’intrants, améliorer la qualité de leurs produits pour viser des marchés à plus forte valeur ajoutée, développer la vente directe ou les circuits courts, et s’organiser en groupements pour renforcer leur pouvoir de négociation. L’innovation technologique, comme le recours à l’irrigation de précision ou aux nouvelles variétés, est également un levier important. HortiTecNews propose régulièrement des articles sur ces innovations.




