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agrumes : une production en déclin historique aux États-Unis, source d’inquiétudes et de réflexions sur l’avenir du secteur.
Les États-Unis, acteur majeur sur le marché mondial des agrumes, traversent une période difficile. Les dernières prévisions du Département Américain de l’Agriculture (USDA) dessinent un tableau sombre pour la saison 2014-2015, annonçant un volume de production qui n’avait pas été atteint depuis un demi-siècle. Au total, la production est estimée à 112,35 millions de caisses, un chiffre alarmant qui rappelle les 89,82 millions de caisses enregistrés lors de la saison 1963/64. Cette baisse généralisée touche l’ensemble des variétés d’agrumes, semant le doute quant à la résilience de ce secteur vital pour l’économie agricole américaine et pour l’approvisionment mondial.
Les oranges et pamplemousses américains : un coup de frein historique pour la production d’agrumes
La récolte d’oranges pour la saison 2014-15 s’annonce particulièrement maigre, surtout en Floride, l’État emblématique de la production d’agrumes outre-Atlantique. Les prévisions font état de 96,4 millions de caisses, ce qui représente une diminution de 8% par rapport à la saison précédente. Ce chiffre est le plus bas depuis la saison 1965/66, où 95,9 millions de caisses avaient été produites. Cette tendance baissière ne concerne pas uniquement les oranges. Les pamplemousses enregistrent également un déclin spectaculaire : seulement 12,95 millions de caisses sont attendues, soit une chute de 17% par rapport à l’année précédente. Il faut remonter à la saison 1935/36 pour trouver un volume aussi faible, avec 11,5 millions de caisses. La saison 2004/05, avec 12,8 millions de caisses, constituait déjà un plancher historique, désormais dépassé. Les mandarines et autres variétés d’agrumes ne sont pas en reste, avec une récolte prévue de 3 millions de caisses, le plus faible volume enregistré depuis 73 ans, la saison 1941/42 affichant 2,65 millions de caisses. Cette conjonction de baisses sur l’ensemble des types d’agrumes crée une pression sans précédent sur les marchés et soulève des questions quant à la capacité de l’industrie à répondre à la demande.
La situation actuelle aux États-Unis met en lumière les défis majeurs auxquels le secteur des agrumes est confronté à l’échelle mondiale. Au-delà des facteurs climatiques qui peuvent influencer les récoltes d’une année sur l’autre, des problématiques plus profondes émergent. La pression concurrentielle internationale, avec l’augmentation de la production dans d’autres régions du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique du Nord, exerce une influence significative sur les prix et la rentabilité des exploitations américaines. Les accords commerciaux, les subventions agricoles accordées à d’autres pays, et les fluctuations des devises contribuent également à complexifier le paysage économique. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces évolutions, car elles ont un impact direct sur la sécurité alimentaire mondiale et sur les revenus de millions de producteurs.
Les défis agronomiques et le “Citrus Greening” : un fléau pour les agrumes
L’une des raisons principales de ce déclin dramatique, particulièrement marquée en Floride, est la propagation d’une maladie dévastatrice connue sous le nom de « citrus greening ». Découverte en 2005, cette bactérie transmise par un insecte a eu des conséquences désastreuses sur la santé des arbres et la qualité des fruits. Les agrumes infectés présentent une croissance ralentie, une coloration anormale des fruits, qui restent acides et amers, rendant leur commercialisation impossible. Avant l’apparition du citrus greening, la Floride produisait en 2003-04 environ 291,8 millions de caisses d’oranges, de pamplemousses et d’autres agrumes. Ce chiffre colossal contraste fortement avec les prévisions actuelles, illustrant la gravité de l’impact de cette maladie. Au-delà du citrus greening, les producteurs d’agrumes font face à une multitude de défis agronomiques. Le stress hydrique, exacerbé par des conditions climatiques parfois extrêmes, demande des investissements considérables dans les systèmes d’irrigation. La gestion des parasites et des maladies demande une vigilance constante et l’utilisation de produits phytosanitaires, dont les coûts ne cessent d’augmenter. L’épuisement des sols et la nécessité de maintenir une fertilité optimale impliquent également des dépenses significatives en fertilisants et amendements. L’ensemble de ces contraintes agronomiques pèse lourdement sur la rentabilité des exploitations et la pérennité de la production d’agrumes.
La dynamique complexe du coût de production face aux prix de vente des agrumes
La problématique du coût de production par rapport au prix de vente est au cœur des difficultés rencontrées par les producteurs d’agrumes. Dans un contexte de baisse des rendements, les coûts fixes, tels que l’entretien des vergers, la main-d’œuvre, l’irrigation et les charges d’exploitation, demeurent élevés, voire augmentent. Le coût de production d’une caisse d’agrumes se compose de nombreux éléments : les intrants (engrais, pesticides, eau), la main-d’œuvre qualifiée pour la taille, la récolte, le conditionnement, les frais de transport, les coûts d’emballage, et les amortissements des équipements. Lorsque la quantité produite diminue drastiquement, comme c’est le cas actuellement aux États-Unis, le coût unitaire de production par caisse a tendance à s’envoler. Les prix de vente, quant à eux, sont déterminés par l’offre et la demande sur les marchés nationaux et internationaux. Une offre plus faible ne garantit pas automatiquement une hausse des prix suffisante pour compenser l’augmentation des coûts. D’autres facteurs entrent en jeu, tels que le pouvoir d’achat des consommateurs, les politiques commerciales, et la concurrence d’autres pays producteurs. Cette dissociation entre un coût de production en hausse et des prix de vente fluctuants, voire stagnants, peut rapidement mener à une situation où la production d’agrumes devient non rentable, menaçant ainsi la survie des exploitations.
Quel avenir pour la production d’agrumes face à ces défis ?
Face à cette crise sans précédent, l’industrie des agrumes cherche des solutions innovantes. La recherche agronomique joue un rôle crucial dans le développement de variétés plus résistantes aux maladies, à l’image des efforts menés pour lutter contre le citrus greening. L’optimisation des pratiques culturales, l’adoption de technologies d’agriculture de précision pour réduire l’utilisation d’eau et d’intrants, et la diversification des cultures pourraient offrir des pistes de diversification et de résilience. L’exploration de nouveaux marchés et le développement de produits à plus forte valeur ajoutée, tels que les jus d’agrumes premium ou les produits transformés, sont également des stratégies envisagées. Les producteurs tunisiens, par exemple, s’efforcent de maintenir une production de qualité tout en explorant de nouvelles voies de commercialisation. Le Ministère de l’Agriculture en Tunisie travaille activement à soutenir les producteurs dans ces démarches. Le lien vers le Ministère de l’Agriculture tunisien témoigne de cet engagement. Pour comprendre l’importance de ces productions dans une perspective globale, consulter les rapports de HortiTecNews est une excellente démarche.
FAQ sur la crise actuelle des agrumes
Pourquoi le prix des agrumes augmente-t-il ?
L’augmentation du prix des agrumes peut être attribuée à plusieurs facteurs interconnectés : une baisse significative de la production due aux maladies (comme le citrus greening), aux conditions climatiques défavorables, à l’augmentation des coûts des intrants agricoles (engrais, eau, main-d’œuvre), et à une demande qui reste soutenue. Lorsque l’offre diminue tandis que la demande reste stable ou augmente, les prix ont tendance à flamber.
Le citrus greening est-il une menace pour tous les pays producteurs d’agrumes ?
Oui, le citrus greening est une menace sérieuse pour tous les pays producteurs d’agrumes, bien que son impact puisse varier en fonction des mesures de lutte mises en place et des conditions environnementales. Des pays comme le Brésil, la Chine et l’Afrique du Sud sont également concernés par cette maladie dévastatrice.
Quelles sont les alternatives pour les producteurs d’agrumes qui souffrent de ces baisses de production ?
Les alternatives incluent la diversification des cultures vers des fruits ou légumes moins sensibles aux maladies, l’adoption de pratiques agricoles plus durables et résistantes, le développement de variétés d’agrumes plus robustes, la transformation des fruits en produits à valeur ajoutée (jus, confitures, huiles essentielles), ou encore l’orientation vers des marchés de niche (produits bio, fruits anciens).
Source : fructidor.fr




