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tomate marocaine : Une réévaluation des prix à l’exportation se profile. La Fédération espagnole des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (FEPEX) met la pression sur les instances européennes pour une meilleure régulation des importations, notamment celles provenant du Maroc. Une réunion cruciale est prévue le 4 juin prochain pour analyser la situation et proposer des ajustements significatifs aux valeurs d’importation de la tomate marocaine.
L’enjeu de la double valeur d’importation pour la tomate marocaine
La FEPEX a clairement exprimé son intention, lors de la prochaine rencontre du groupe de travail dédié, de demander l’instauration de deux valeurs d’importation distinctes pour les tomates. Jusqu’à présent, une valeur unique était appliquée, englobant toutes les variétés. La FEPEX estime que cette approche globale est insuffisante pour appréhender les spécificités du marché et pour appliquer efficacement les mesures de sauvegarde prévues par l’accord de partenariat entre l’Union Européenne et le Maroc. L’organisation souhaite désormais une distinction claire entre les tomates rondes, pour lesquelles une valeur d’importation existait déjà, et les tomates cerises, une catégorie qui connaît une croissance significative en termes de volume et de valeur à l’export. Cette segmentation vise à permettre un suivi plus précis des flux commerciaux et à mieux anticiper les déséquilibres du marché, garantissant ainsi une concurrence plus équitable pour les producteurs européens et contribuant à la stabilité du prix de la tomate marocaine sur les marchés cibles.
L’une des raisons principales de cette requête réside dans la pression concurrentielle exercée par les importations de tomate marocaine. La FEPEX souligne que le marché espagnol a subi une baisse significative de ses prix en 2014, avec une diminution de 14,5% par rapport à l’année précédente. Cette conjoncture est directement attribuée à l’afflux massif de tomates provenant de pays tiers, dont le Maroc. La fédération espagnole cherche donc à rétablir un équilibre commercial plus favorable à ses membres, en adaptant les règles d’importation aux réalités du marché actuel.
Pression sur les prix et demande de prix de retrait spécifiques pour la tomate marocaine
Au-delà de la simple révision des valeurs d’importation, la FEPEX compte également soulever la question du prix de retrait. Actuellement, les tomates cerises bénéficient d’une subvention de 18,30 euros par 100 kilos, financée à 50% par les Organisations de Producteurs (OP). La FEPEX considère ce montant comme insuffisant face à la crise que traverse le marché, une crise exacerbée par la concurrence accrue des importations, notamment de la tomate marocaine. La demande d’un prix de retrait spécifique pour les tomates cerises vise à offrir un filet de sécurité plus robuste aux producteurs espagnols, leur permettant de mieux absorber les fluctuations du marché et de maintenir une rentabilité acceptable. Cette mesure est perçue comme un moyen de pallier les effets négatifs de la concurrence internationale et d’assurer la viabilité du secteur.
La réunion du groupe de travail ne se limitera pas à ces points. Elle sera également l’occasion de dresser un bilan complet de la saison hivernale 2014/2015 pour la tomate, d’analyser les performances et les défis rencontrés, et d’élaborer des prévisions pour la campagne d’été 2015. De plus, les pratiques commerciales déloyales au sein de la chaîne alimentaire feront l’objet de discussions approfondies. Ces échanges visent à promouvoir une transparence accrue et à instaurer des règles du jeu équitables pour tous les acteurs, de la production à la distribution, en passant par l’importation de produits tels que la tomate marocaine.
Le contexte international et la pression sur la tomate marocaine
Le marché mondial de la tomate est de plus en plus interconnecté et compétitif. La tomate marocaine bénéficie de conditions climatiques favorables et de coûts de production potentiellement plus bas, ce qui lui confère un avantage compétitif sur les marchés européens. Cette situation met une pression constante sur les prix des producteurs européens, qui doivent faire face à des charges plus élevées, notamment en termes de main-d’œuvre, de normes environnementales et de coûts énergétiques. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) a d’ailleurs documenté ces dynamiques complexes qui façonnent l’agriculture mondiale.
Les défis agronomiques auxquels sont confrontés les producteurs, qu’ils soient espagnols ou d’autres origines, sont également importants. La gestion de la ressource en eau, particulièrement critique dans les régions méditerranéennes, ainsi que l’augmentation des coûts des intrants (fertilisants, produits phytosanitaires) pèsent sur la rentabilité. Ces facteurs, combinés à la pression concurrentielle, rendent la gestion des exploitations agricoles de plus en plus complexe et nécessitent des stratégies adaptées pour maintenir la compétitivité, que ce soit pour la production nationale ou pour la gestion des importations de produits comme la tomate marocaine.
Comprendre la dynamique Prix de Revient vs Prix de Vente
La problématique centrale réside dans la capacité des producteurs à couvrir leurs coûts de production par leurs prix de vente. Le “prix de revient” englobe toutes les dépenses liées à la culture de la tomate : semences, engrais, eau, énergie, main-d’œuvre, protection des cultures, emballage, et même l’amortissement du matériel et des infrastructures. Le “prix de vente”, quant à lui, est le montant auquel le producteur parvient à vendre sa production sur le marché. Lorsque la demande est faible ou l’offre trop abondante, notamment à cause d’importations massives de tomate marocaine ou d’autres origines, le prix de vente peut chuter en dessous du prix de revient. C’est dans ces situations que les mécanismes de soutien, comme les prix de retrait, deviennent essentiels pour éviter des pertes économiques catastrophiques pour les agriculteurs. La FEPEX cherche donc à ajuster le cadre réglementaire pour que le prix de vente reflète plus fidèlement le coût réel de production, tout en tenant compte des réalités du marché international.
La concurrence internationale et l’impact sur la production locale
La discussion autour de la tomate marocaine est emblématique des enjeux auxquels est confrontée l’agriculture européenne dans un contexte de mondialisation. La capacité des pays tiers à proposer des prix plus bas, souvent en raison de différences structurelles en matière de coûts de production, pose un défi majeur aux agriculteurs européens qui s’efforcent de maintenir des standards de qualité, de sécurité alimentaire et de respect de l’environnement élevés. L’instauration de valeurs d’importation plus précises et potentiellement plus élevées pourrait permettre de rééquilibrer cette concurrence, en s’assurant que les produits importés respectent un certain seuil de valorisation, et en incitant les producteurs étrangers à adopter des pratiques plus durables. L’Union Européenne et ses partenaires, comme le Maroc, collaborent sur divers accords, dont l’accord de partenariat économique, qui visent à faciliter le commerce tout en prévoyant des mécanismes de régulation pour éviter les perturbations majeures des marchés, comme l’illustre cette affaire concernant la tomate.
La situation actuelle met en lumière la nécessité d’une vigilance constante et d’une adaptation stratégique de la part des autorités européennes et des organisations professionnelles. La pérennité de l’agriculture locale, face à la concurrence de produits comme la tomate marocaine, dépendra de la capacité à mettre en place des politiques commerciales qui favorisent une concurrence saine et équitable, tout en soutenant les producteurs nationaux face aux aléas du marché mondial. Des plateformes comme HortiTecNews jouent un rôle crucial dans la diffusion d’informations et l’analyse des tendances du secteur.
FAQ sur la crise actuelle de la tomate
Pourquoi le prix de la tomate marocaine (et d’autres importations) peut-il impacter les prix locaux ?
L’augmentation des volumes de tomates importées, comme la tomate marocaine, à des prix souvent plus bas en raison de différences de coûts de production, peut saturer l’offre sur les marchés européens. Cette surabondance pousse les prix à la baisse pour l’ensemble des produits disponibles, y compris ceux de production locale.
Qu’est-ce qu’une “valeur d’importation” ou “valeur en douane” ?
Il s’agit d’une valeur monétaire fixée par les autorités douanières pour l’évaluation des marchandises importées. Elle sert de base pour le calcul des droits de douane et peut également être utilisée comme un outil de régulation pour s’assurer que les produits importés ne sont pas sous-évalués et ne créent pas une concurrence déloyale.
Quel est l’objectif d’un “prix de retrait” ?
Un prix de retrait est un mécanisme de soutien qui permet aux producteurs de retirer du marché les produits invendus qui ne peuvent être vendus à un prix jugé rentable. L’Union Européenne intervient en achetant ces produits, souvent destinés à des dons ou à la transformation, afin de stabiliser les prix sur le marché et d’éviter que la surproduction ne fasse chuter les prix au point de déstabiliser l’ensemble du secteur agricole.




