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Plan Maroc Vert : La Banque Africaine de Développement injecte 132 millions de dollars pour dynamiser l’agriculture marocaine.
La Banque Africaine de Développement soutient activement le Plan Maroc Vert
Dans un effort concerté pour moderniser et renforcer son secteur agricole, le Maroc bénéficie d’un soutien financier significatif de la Banque Africaine de Développement (BAD). Le conseil d’administration de cette institution panafricaine, lors de sa réunion à Abidjan le 14 octobre, a donné son approbation pour un financement de 132 millions de dollars au profit du Plan Maroc Vert (PMV). Ce programme ambitieux, lancé il y a sept ans, s’étendant sur une période de douze ans (2008-2020), a pour objectif principal de consolider la compétitivité du secteur agricole marocain tout en favorisant une croissance économique qui profite à l’ensemble de la population. L’importance du secteur agricole pour l’économie marocaine ne peut être sous-estimée ; en 2014, il représentait à lui seul 14,6 % du Produit Intérieur Brut (PIB) du pays et assurait environ 39 % de l’emploi total, un chiffre qui s’élève à 75 % en milieu rural. Ce financement de la BAD vient s’ajouter à un soutien antérieur, puisque la banque panafricaine avait déjà alloué une enveloppe de 105 millions d’euros en 2012 pour soutenir le programme d’appui au Plan Maroc Vert. Ces engagements cumulés témoignent de la confiance et de l’importance que la BAD accorde au développement agricole du Royaume, essentiel pour la sécurité alimentaire et le développement socio-économique.
Le Plan Maroc Vert est véritablement un projet phare pour le Royaume, mobilisant des investissements annuels colossaux, estimés à environ 10 milliards de dirhams (soit 911 millions d’euros). Ces fonds sont destinés à la mise en œuvre de 1506 projets stratégiques. Les prévisions des autorités marocaines indiquent que le Plan Maroc Vert devrait générer la création de 1,5 million d’emplois supplémentaires et, de manière cruciale, permettre une augmentation du revenu agricole de 2 à 3 fois pour une population rurale estimée à 3 millions de personnes. Ce nouveau financement de la BAD, dont l’exécution est prévue d’octobre 2015 à fin décembre 2016, représente donc une étape clé dans la concrétisation des objectifs ambitieux du PMV. Fin septembre, les engagements totaux de la BAD au Maroc atteignaient près de 2,31 milliards de dollars, répartis sur 31 opérations en cours de déploiement, illustrant la profondeur de la coopération entre les deux entités.
Les défis globaux et techniques du Plan Maroc Vert
Le Plan Maroc Vert opère dans un contexte international de plus en plus complexe pour le secteur agricole. Les pressions exercées par le changement climatique, la volatilité des marchés mondiaux des produits agricoles, ainsi que la nécessité d’accroître la production pour répondre à une demande croissante, mettent les systèmes agricoles sous tension. Le Maroc, avec sa dépendance aux aléas climatiques, particulièrement la pluviométrie, est particulièrement exposé à ces défis. Le Plan Maroc Vert s’est donc positionné comme une stratégie d’adaptation et de résilience. Sur le plan technique, les défis agronomiques sont considérables. Le stress hydrique, une préoccupation majeure dans de nombreuses régions marocaines, impose une gestion plus efficiente de l’eau, le recours à des techniques d’irrigation économes, et le développement de cultures moins gourmandes en eau. L’augmentation des coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et l’énergie, représente une autre contrainte significative pour les agriculteurs, impactant directement leur rentabilité. Le PMV vise à adresser ces problématiques par le biais de programmes de recherche et développement, d’incitations à l’adoption de technologies modernes et de soutien à l’accès aux financements pour les petits exploitants. L’objectif est de transformer le secteur agricole d’une activité de subsistance vers un modèle d’entreprise plus durable et rentable, en ligne avec les orientations de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture).
L’impact économique : Prix de revient, prix de vente et rentabilité
Au cœur de la viabilité économique de tout projet agricole, et donc du succès du Plan Maroc Vert, se trouve la dynamique entre le prix de revient et le prix de vente. Le prix de revient englobe l’ensemble des dépenses engagées par un agriculteur pour produire une quantité donnée. Il inclut les coûts directs tels que les semences, les engrais, les pesticides, l’eau, l’énergie pour l’irrigation et la mécanisation, la main-d’œuvre, ainsi que les coûts indirects comme l’amortissement du matériel, les assurances, les frais de gestion et, le cas échéant, le coût de la location des terres. L’augmentation des prix des intrants, accentuée par les tensions sur les marchés mondiaux et les coûts logistiques, fait grimper ce prix de revient. Parallèlement, le prix de vente est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés locaux et internationaux, les politiques de prix, les accords commerciaux, et la puissance de négociation des différentes parties prenantes. Pour que l’activité agricole soit rentable et durable, il est impératif que le prix de vente soit supérieur au prix de revient, dégageant ainsi une marge bénéficiaire. C’est là qu’intervient le rôle structurant du Plan Maroc Vert. En visant à améliorer la productivité, la qualité des produits, la diversification des cultures, et l’accès à des marchés plus rémunérateurs, le PMV cherche à augmenter les prix de vente potentiels tout en optimisant les coûts de production. Le soutien apporté par la BAD et d’autres partenaires vise également à alléger le fardeau financier des investissements nécessaires à cette modernisation, permettant aux agriculteurs de se concentrer sur l’amélioration de leur rendement et de leur compétitivité. Une analyse approfondie des chaînes de valeur est essentielle pour identifier les points de blocage et les opportunités d’amélioration de la marge pour l’agriculteur, garantissant ainsi une rémunération juste de son travail et de ses investissements. Des initiatives comme celles promues par HortiTecNews jouent un rôle clé dans la diffusion des bonnes pratiques et des innovations qui peuvent aider à améliorer cette balance économique.
Le Plan Maroc Vert et les exemples internationaux
L’ambition du Plan Maroc Vert résonne avec les stratégies de développement agricole mises en place dans d’autres pays confrontés à des défis similaires. Par exemple, des pays comme la Tunisie s’efforcent également de moderniser leur agriculture pour renforcer leur sécurité alimentaire et leur position sur les marchés internationaux. Le Ministère de l’Agriculture tunisien, par le biais de ses politiques, cherche à soutenir les agriculteurs face aux contraintes climatiques et économiques, en encourageant l’adoption de techniques durables et l’amélioration de la valeur ajoutée des productions locales. Ces programmes visent souvent à structurer les filières, à développer l’agro-industrie, et à promouvoir les exportations. La compréhension de ces dynamiques comparatives permet d’identifier les meilleures pratiques et les stratégies les plus efficaces pour le contexte marocain, en s’inspirant des succès et des écueils rencontrés ailleurs dans des contextes similaires. Le soutien de la BAD au Plan Maroc Vert s’inscrit dans cette logique de partage d’expériences et de renforcement des capacités à l’échelle continentale et mondiale.
Questions Fréquentes sur le Plan Maroc Vert
### Pourquoi le Plan Maroc Vert est-il si important pour le Maroc ?
Le Plan Maroc Vert est crucial car l’agriculture est un pilier de l’économie marocaine, représentant une part significative du PIB et de l’emploi, particulièrement en milieu rural. Il vise à moderniser le secteur, à améliorer les revenus des agriculteurs et à assurer la sécurité alimentaire du pays.
### Comment le financement de la BAD contribue-t-il concrètement au Plan Maroc Vert ?
Le financement de la BAD est utilisé pour soutenir la mise en œuvre de projets agricoles spécifiques, l’amélioration des infrastructures, le développement de nouvelles techniques agricoles, et l’octroi de subventions ou de prêts aux agriculteurs pour faciliter leurs investissements et leur modernisation.
### Quels sont les principaux défis rencontrés par le Plan Maroc Vert ?
Les principaux défis incluent le changement climatique (sécheresse, variabilité des pluies), la volatilité des prix des intrants, la nécessité d’améliorer la gestion de l’eau, et la garantie d’une juste rémunération des agriculteurs face aux fluctuations du marché.
### Le Plan Maroc Vert prend-il en compte l’impact environnemental ?
Oui, le Plan Maroc Vert intègre des préoccupations environnementales, notamment par la promotion de pratiques agricoles durables, une gestion optimisée des ressources naturelles (eau, sols), et le développement de filières respectueuses de l’environnement.
### Quel est l’impact attendu du Plan Maroc Vert sur l’emploi et les revenus ruraux ?
Le programme ambitionne de créer 1,5 million d’emplois supplémentaires et de doubler, voire tripler, le revenu agricole pour environ 3 millions de ruraux, contribuant ainsi à la réduction de la pauvreté et à l’amélioration des conditions de vie dans les zones rurales.




