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psylle. La lutte contre ce ravageur tenace, responsable de la transmission de la redoutable maladie du Greening des agrumes (également connue sous le nom de HuanLongBing, ou HLB), constitue un défi phytosanitaire majeur pour les producteurs d’agrumes à l’échelle mondiale. Cependant, une lueur d’espoir émerge des laboratoires de recherche : un piège sonore expérimental, fruit d’une collaboration scientifique prometteuse, pourrait redéfinir les stratégies de contrôle environnemental et économique de ce parasite.
Le psylle : un fléau mondial et le défi de sa gestion
Le psylle des agrumes, de son nom scientifique *Diaphorina citri*, est bien plus qu’un simple nuisible. Il est le vecteur principal d’une bactérie phytopathogène responsable du Huanglongbing (HLB), l’une des maladies les plus dévastatrices pour les vergers d’agrumes. Cette maladie, incurable à ce jour, entraîne un dépérissement rapide des arbres, une chute prématurée des fruits et une diminution drastique de leur qualité, menaçant ainsi la survie même de nombreuses exploitations. Les coûts engendrés par le HLB sont astronomiques, affectant non seulement les agriculteurs mais aussi l’ensemble de la chaîne de valeur des agrumes, de la transformation à la distribution, en passant par les marchés internationaux. La pression sur les marchés mondiaux est d’autant plus forte que la demande en agrumes reste soutenue, accentuant la nécessité de trouver des solutions de lutte efficaces et durables. Face à cette urgence, les scientifiques du service de la recherche agronomique redoublent d’efforts pour développer de nouvelles approches.
Un piège sonore innovant pour cibler le psylle
Dans ce contexte, des chercheurs du département de l’agriculture des États-Unis (USDA), menés par l’entomologiste Richard Mankin basé en Floride, ont développé une technologie révolutionnaire : un piège sonore. Fort de son expertise dans l’étude des mécanismes de perception sensorielle des insectes – odorat, vue, ouïe – Mankin s’est penché sur les modes de communication du psylle. En collaboration étroite avec des étudiants de l’Université de Floride (UFL), il a réussi à décoder les signaux acoustiques émis par ces insectes. Ces signaux, des vibrations subtiles produites par les ailes lors des interactions sociales, ont été transcrits électroniquement. Le piège ainsi conçu est capable de reproduire ces sons, créant un leurre acoustique spécifiquement adapté au psylle.
Les méthodes de lutte traditionnelles contre les insectes nuisibles reposent souvent sur l’utilisation d’attractifs chimiques ou de phéromones. Bien que ces approches puissent être efficaces à faibles doses, des concentrations élevées risquent de saturer l’environnement olfactif, rendant plus difficile pour les insectes la localisation de la source du signal. Le piège sonore, quant à lui, propose une alternative radicalement différente. Il mime la communication naturelle des psylles, imitant les vibrations sonores que les mâles et les femelles émettent pour se trouver mutuellement. En milieu naturel, au sein des vergers d’agrumes, le mâle psylle émet des vibrations qui suscitent une réponse vibratoire de la femelle. Le piège sonore, tel un prédateur acoustique sophistiqué, “écoute” ces signaux et y répond, en une fraction de seconde (environ un dixième de seconde), avant la femelle. Cette réponse leurre le mâle psylle, l’attirant irrésistiblement vers un appât collant où il est capturé.
Les enjeux agronomiques et économiques de la lutte contre le psylle
La prolifération du psylle et la propagation du HLB engendrent des défis agronomiques considérables. Les arbres affectés sont affaiblis, leur productivité chute drastiquement, et la qualité des fruits se dégrade. Cette situation exerce une pression économique intense sur les producteurs. Le coût des intrants, qu’il s’agisse des produits phytosanitaires pour tenter de contenir le psylle, de l’eau pour pallier le stress hydrique accentué par la maladie, ou de la main-d’œuvre nécessaire aux interventions, ne cesse d’augmenter. Dans le même temps, la valeur des récoltes diminue, creusant l’écart entre le “coût prix” (les dépenses engagées pour produire) et le “prix de vente” (les revenus générés par la vente des fruits). Ce déséquilibre met en péril la rentabilité des exploitations, poussant certains agriculteurs à abandonner leurs cultures. La recherche d’une solution de lutte efficace et économiquement viable, comme ce nouveau piège sonore, est donc cruciale pour la pérennité du secteur des agrumes.
Les alternatives et le regard de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
Face aux limites des méthodes de lutte conventionnelles, l’innovation prend une place centrale. Le piège sonore représente une avancée significative, offrant une alternative prometteuse et respectueuse de l’environnement. Il s’inscrit dans une démarche globale de gestion intégrée des ravageurs, visant à minimiser l’utilisation de produits chimiques. D’autres stratégies sont également explorées, telles que l’utilisation d’ennemis naturels du psylle, l’amélioration des pratiques culturales pour renforcer la résistance des arbres, ou encore le développement de variétés d’agrumes plus tolérantes à la maladie. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) suit de près ces développements, soulignant l’importance de partager les connaissances et les bonnes pratiques à l’échelle internationale pour faire face à des enjeux sanitaires qui dépassent les frontières. La coopération et l’échange d’informations, par exemple via des plateformes comme HortiTecNews, sont essentiels pour accélérer la diffusion des innovations.
FAQ sur la crise actuelle du psylle
Pourquoi le prix de la production d’agrumes est-il affecté par le psylle ?
Le psylle transmet le HLB, une maladie qui dégrade la qualité des fruits et réduit les rendements. Cela entraîne une diminution des revenus pour les producteurs, tout en augmentant les coûts liés à la lutte contre le ravageur et à la gestion des arbres malades. L’écart entre les coûts de production et le prix de vente des agrumes s’en trouve creusé.
Le piège sonore est-il disponible pour les producteurs ?
Actuellement, le piège sonore est encore en phase d’expérimentation et d’affinement. L’équipe de Richard Mankin prépare des essais en plein champ pour l’été. Sa disponibilité commerciale dépendra des résultats de ces essais et des autorisations réglementaires.
Quelles sont les autres solutions pour lutter contre le psylle en dehors du piège sonore ?
Les alternatives incluent la lutte biologique (utilisation d’ennemis naturels), les pratiques culturales améliorées (irrigation, fertilisation), la sélection de variétés résistantes, et l’utilisation raisonnée d’autres méthodes de lutte chimique ou biochimique, dans le cadre d’une approche de lutte intégrée.
Quelle est l’importance de la recherche pour résoudre le problème du psylle ?
La recherche est fondamentale. Elle permet de mieux comprendre le comportement du psylle, d’identifier de nouveaux vecteurs potentiels de maladies, et de développer des outils de lutte innovants et durables, comme le piège sonore, qui offrent des alternatives aux méthodes conventionnelles souvent coûteuses et potentiellement nocives pour l’environnement.
L’équipe de Mankin est optimiste quant à l’avenir de cette technologie, qui promet de constituer une arme précieuse dans l’arsenal des producteurs d’agrumes face à la menace persistante du psylle et du HLB.




