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penurie tomates : une inquiétude grandissante en Tunisie. Le secteur agricole tunisien, pilier de l’économie nationale, traverse actuellement une période de turbulences qui pourrait bien se traduire par une raréfaction notable des tomates sur les étals. Le bureau exécutif du syndicat tunisien des agriculteurs, l’UTAP, a tiré la sonnette d’alarme cette semaine, annonçant que le pays frôlait une crise d’approvisionnement sans précédent pour ce légume essentiel. Cette situation, si elle n’est pas gérée avec la plus grande diligence, risque d’impacter significativement les ménages tunisiens et l’économie locale. L’importance de ce produit, bien que souvent sous-estimée, est comparable à celle d’autres denrées fondamentales comme le lait, les œufs et les viandes, soulignant ainsi la nécessité d’un soutien accru et d’une attention prioritaire de la part des pouvoirs publics.
En 2018, la production tunisienne de tomates avait atteint un volume honorable de 110 000 tonnes. La consommation mensuelle, quant à elle, se situait dans une fourchette stable, variant entre 9000 et 10 000 tonnes. Ces chiffres témoignent d’un marché relativement équilibré et d’une capacité de production qui, jusqu’à récemment, semblait suffisante pour répondre à la demande intérieure. Cependant, cette apparente stabilité a été mise à mal par des facteurs internes et externes qui ont progressivement érodé les stocks et fragilisé la chaîne d’approvisionnement.
« Jusqu’en janvier 2019, nous avions enregistré un stock entre 35 000 et 40 000 tonnes. Dans ce contexte, nous risquons de connaître un manque de tomates concentrées en avril, mai et juin 2019 », a mis en garde Midani Dhaoui, un représentant du syndicat, soulignant la fragilité de la situation. Cette déclaration confirme les craintes grandissantes quant à une prochaine penurie tomates, un scénario qui aurait des répercussions multiples.
Les causes profondes de la penurie tomates en Tunisie
Plusieurs facteurs expliquent cette détérioration de la situation, alimentant ainsi la menace de penurie tomates. D’une part, le syndicat met en lumière les « agissements malhonnêtes des accapareurs ». Ces acteurs, en se livrant à des pratiques spéculatives, contournent les circuits de distribution officiels, créant des pénuries artificielles et faisant flamber les prix. Ils achètent en grande quantité, parfois même avant la récolte, pour revendre à des prix exorbitants, privant ainsi le marché de produits disponibles et augmentant la pression sur les prix. D’autre part, la « mauvaise gestion des pouvoirs publics » est pointée du doigt. Au lieu de soutenir les producteurs locaux et de sécuriser la production nationale, les autorités semblent avoir privilégié des solutions externes, comme l’importation, sans pour autant garantir l’autosuffisance. Cet arbitrage, qui a conduit à importer du lait par exemple, illustre une déconnexion entre les besoins réels du secteur agricole et les politiques mises en place. Cette penurie tomates n’est donc pas un phénomène conjoncturel, mais le résultat d’une combinaison de facteurs structurels et de dysfonctionnements de gestion.
Pression du marché mondial et défis agronomiques
Au-delà des spécificités tunisiennes, il est important de contextualiser cette penurie tomates dans le cadre plus large des pressions sur le marché mondial des produits agricoles. Les changements climatiques, avec leurs corollaires de stress hydrique accru et d’événements météorologiques extrêmes plus fréquents, impactent la production de nombreuses cultures à travers le monde, y compris la tomate. En Tunisie, les défis agronomiques sont multiples : les coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et les pesticides, ont considérablement augmenté, grevant la rentabilité des exploitations. Le manque d’eau, quant à lui, constitue une menace permanente, nécessitant des investissements importants dans des systèmes d’irrigation plus économes et des variétés plus résistantes à la sécheresse. Ces contraintes techniques et économiques rendent la production plus coûteuse et plus risquée, poussant certains agriculteurs à réduire leurs superficies ou à abandonner purement et simplement la culture, contribuant ainsi à la potentielle penurie tomates.
La dynamique complexe du prix des tomates : Coût de production vs Prix de vente
La question du prix est au cœur de la problématique de la penurie tomates. Il existe une tension constante entre le “coût de production” et le “prix de vente”. Le coût de production englobe toutes les dépenses engagées par l’agriculteur pour cultiver ses tomates : achat des semences, préparation du sol, fertilisation, irrigation, protection phytosanitaire, main-d’œuvre, et enfin, la récolte et le conditionnement. Ce coût a connu une augmentation significative ces dernières années, comme mentionné précédemment.
Face à cela, le prix de vente est déterminé par une multitude de facteurs, dont l’offre et la demande, les coûts de distribution, la marge des intermédiaires (grossistes, détaillants) et, dans le cas de spéculation, les agissements des accapareurs. Lorsque l’offre diminue, soit en raison d’une mauvaise récolte, d’une réduction des surfaces cultivées, ou de manipulations du marché, la demande reste constante, ce qui entraîne mécaniquement une hausse des prix. La penurie tomates exacerbe cette dynamique : moins de tomates disponibles signifie une concurrence accrue entre les acheteurs, poussant les prix vers le haut. Les agriculteurs se retrouvent alors dans une position délicate : ils doivent couvrir leurs coûts de production croissants tout en étant confrontés à une pression sur les prix imposée par le marché. Si le prix de vente ne permet pas de dégager une marge bénéficiaire suffisante, l’agriculteur n’a d’autre choix que de réduire sa production, perpétuant ainsi le cercle vicieux de la pénurie et de l’augmentation des prix. La recherche d’un équilibre durable, où les agriculteurs sont justement rémunérés pour leur travail et où les consommateurs ont accès à des produits à des prix abordables, reste un défi majeur pour le secteur. Pour en savoir plus sur les enjeux de l’agriculture mondiale, consulter l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Solutions et alternatives pour surmonter la crise de la penurie tomates
Face à cette situation alarmante, des solutions doivent être envisagées pour pallier la penurie tomates et garantir la pérennité du secteur. Le syndicat des agriculteurs appelle à accorder au secteur l’importance qu’il mérite. Cela passe par des politiques agricoles plus ciblées et un soutien plus concret aux producteurs. L’investissement dans la recherche agronomique pour développer des variétés plus résistantes aux conditions climatiques difficiles et aux maladies est crucial. L’amélioration des techniques d’irrigation et la promotion de l’agriculture de précision peuvent aider à optimiser l’utilisation des ressources en eau.
Les alternatives pour les producteurs
Pour les producteurs, diversifier les cultures peut être une stratégie pertinente afin de ne pas dépendre exclusivement de la tomate et de réduire les risques économiques. L’exploration de cultures moins gourmandes en eau ou plus adaptées aux conditions locales peut offrir de nouvelles opportunités. Le soutien à la transformation des produits agricoles, notamment pour la production de concentrés de tomates, pourrait également permettre de valoriser davantage la production et de créer de la valeur ajoutée. Le développement des circuits courts et de la vente directe pourrait réduire le nombre d’intermédiaires et garantir une meilleure rémunération aux agriculteurs, tout en offrant aux consommateurs des produits frais et de qualité. Pour une veille technologique sur les innovations agricoles, il est conseillé de consulter des plateformes comme HortiTecNews.
FAQ sur la crise actuelle de la penurie tomates
Pourquoi le prix de la penurie tomates augmente-t-il ?
Le prix augmente principalement en raison de la réduction de l’offre par rapport à la demande. Cela peut être causé par de mauvaises récoltes dues aux conditions climatiques, une diminution des surfaces cultivées, une augmentation des coûts de production, et des pratiques spéculatives de la part des accapareurs. La combinaison de ces facteurs crée une rareté qui fait grimper les prix.
Quelles sont les conséquences de la penurie tomates pour les consommateurs tunisiens ?
Les consommateurs font face à une diminution de la disponibilité des tomates et à une augmentation significative de leur prix. Cela impacte leur pouvoir d’achat et modifie leurs habitudes alimentaires, les obligeant parfois à renoncer à ce légume essentiel.
Comment les pouvoirs publics peuvent-ils intervenir pour résoudre cette crise ?
Les pouvoirs publics peuvent intervenir en soutenant financièrement les agriculteurs, en subventionnant les intrants agricoles, en investissant dans la recherche et le développement de nouvelles variétés, en améliorant les infrastructures d’irrigation, et en luttant plus efficacement contre la spéculation et l’accaparement. Un suivi attentif du secteur et des politiques agricoles adaptées sont nécessaires. Le Ministère de l’Agriculture tunisien joue un rôle clé dans ces interventions : Ministère de l’Agriculture (Tunisie).
La Tunisie pourrait-elle devenir dépendante des importations de tomates ?
Si la situation n’est pas gérée adéquatement, la Tunisie risque de devenir plus dépendante des importations pour satisfaire sa demande en tomates. Cela représente un risque pour la souveraineté alimentaire du pays et une vulnérabilité accrue face aux fluctuations des marchés internationaux.
Quand peut-on s’attendre à un retour à la normale de l’approvisionnement en tomates ?
Le retour à la normale dépendra de l’efficacité des mesures prises par le gouvernement et les acteurs du secteur agricole. Une bonne saison agricole, un soutien accru aux producteurs et une régulation du marché seront nécessaires pour rétablir un équilibre. Les prévisions actuelles indiquent des difficultés persistantes pour les mois d’avril, mai et juin 2019, mais des améliorations pourraient être constatées avec des actions concertées.
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