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penurie main doeuvre : Des tonnes d’agrumes australiens condamnées à la poubelle. Cette situation alarmante, survenue dans la région de North Burnett, au Queensland, le cœur battant de la production d’agrumes australienne, met en lumière les conséquences dévastatrices d’une penurie main doeuvre persistante. Des parcelles entières de mandarines, citrons et pamplemousses, autrefois synonymes d’abondance et de prospérité, finissent par pourrir sur le sol, considérées comme invendables. L’image est frappante : des fruits mûrs, prêts à la consommation, gâchés par l’incapacité des producteurs à les récolter et à les acheminer vers les marchés.**penurie main doeuvre** affecte durement l’industrie.
La pénurie de main-d’œuvre, un cercle vicieux pour la production d’agrumes
Bevan Young, un producteur d’agrumes expérimenté, explique le mécanisme de cette crise. La penurie main doeuvre au début de la saison de récolte a contraint à un décalage temporel de celle-ci. Ce retard a engendré une accumulation de fruits sur pied, une offre excédentaire qui, combinée à la concurrence des fruits provenant d’autres régions australiennes, a saturé les marchés. La conséquence directe ? Une surabondance de fruits que les supermarchés ne peuvent ou ne veulent pas absorber. M. Young anticipe avec amertume devoir jeter la moitié de sa récolte, une perte économique et un gâchis alimentaire sans précédent. « Les rendements sont les plus mauvais que j’aie jamais vus », confie-t-il, soulignant l’ampleur de la détresse ressentie par les agriculteurs. La penurie main doeuvre est la cause principale.
Cette crise ne se limite pas à l’Australie. À l’échelle mondiale, de nombreux secteurs agricoles sont confrontés à des défis similaires. La penurie main doeuvre dans l’agriculture est un phénomène complexe, souvent lié à des facteurs tels que le vieillissement de la population agricole, le manque d’attrait des métiers agricoles pour les jeunes générations, les politiques migratores restrictives, et parfois même des conditions de travail perçues comme difficiles. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) alerte régulièrement sur l’impact de ces pénuries sur la sécurité alimentaire mondiale et la stabilité des marchés agricoles. Les chaînes d’approvisionnement alimentaires, déjà fragilisées par d’autres crises mondiales, subissent de plein fouet les répercussions d’une offre insuffisante et d’une logistique perturbée par le manque de personnel qualifié.
Les défis agronomiques et économiques de la pénurie main doeuvre
Au-delà de la simple absence de bras pour la récolte, la penurie main doeuvre a des répercussions plus profondes sur les pratiques agricoles elles-mêmes. Les cultures nécessitent une attention constante, de l’irrigation à la fertilisation, en passant par la protection contre les maladies et les ravageurs. Un manque de personnel qualifié peut entraîner des retards dans ces interventions essentielles, exacerbant d’autres problématiques agronomiques comme le stress hydrique ou l’efficacité des intrants. Si le texte source ne détaille pas ces aspects, il est plausible que la difficulté à gérer des opérations complexes sous contrainte de main-d’œuvre ait pu influencer la qualité des fruits ou augmenter les coûts de production. Les coûts des intrants, tels que les engrais et les produits phytosanitaires, ont également connu une flambée ces dernières années, ajoutant une pression financière supplémentaire sur les producteurs qui peinent à rentabiliser leurs exploitations.
La dynamique du “coût de revient versus prix de vente” est au cœur de la détresse des producteurs d’agrumes australiens. Le coût de revient d’une production agricole est l’ensemble des dépenses engagées pour cultiver, récolter et préparer les fruits pour la vente. Cela inclut les coûts des semences ou des plants, des engrais, des produits de protection des cultures, de l’eau, de l’énergie, de la maintenance des équipements, mais aussi, et de manière cruciale dans ce contexte, les coûts liés à la main-d’œuvre. La penurie main doeuvre entraîne inévitablement une augmentation des salaires et des coûts de recrutement, voire la nécessité de recourir à des travailleurs saisonniers venant de l’étranger, impliquant des frais de transport et d’hébergement. D’autre part, le prix de vente est déterminé par l’offre et la demande sur le marché. Lorsque l’offre est trop importante, comme c’est le cas ici avec l’excédent de fruits invendus, les prix chutent drastiquement. Si le prix de vente ne parvient pas à couvrir, ou du moins à s’approcher, du coût de revient, la production devient non rentable. Dans ce scénario, même si les fruits sont de qualité, ils sont tout simplement invendables au prix leur permettant de couvrir les dépenses, menant au triste constat de leur destruction.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la récolte est-il si bas alors que les coûts de production augmentent ?
La situation actuelle est principalement due à une surabondance de fruits sur le marché. La penurie main doeuvre a entraîné un décalage de la récolte, créant une concentration des approvisionnements. Cette offre excessive, combinée à une demande qui ne suit pas, fait chuter les prix à des niveaux où ils ne couvrent plus les coûts de production, incluant les salaires plus élevés dus à la pénurie de main-d’œuvre.
Quelles sont les alternatives pour les producteurs face à la pénurie de main-d’œuvre ?
Les producteurs explorent diverses pistes. Le soutien gouvernemental pour le développement d’installations de quarantaine pour les travailleurs saisonniers est une priorité, comme le souligne Nathan Hancock de Citrus Australia. L’idée est de faciliter et de sécuriser l’arrivée de travailleurs étrangers qualifiés. À plus long terme, la création de centres régionaux dédiés pourrait mutualiser les ressources et améliorer la gestion de la main-d’œuvre pour l’ensemble des producteurs d’un État, voire de plusieurs. L’investissement dans des technologies d’automatisation pour certaines tâches pourrait également être une solution, bien que cela nécessite des investissements initiaux importants. Les producteurs espèrent aussi une meilleure planification de la main-d’œuvre saisonnière.
Quel est l’impact de cette situation sur les consommateurs ?
À court terme, les consommateurs pourraient bénéficier de prix plus bas pour les agrumes tant que le surplus persiste. Cependant, sur le long terme, si la rentabilité de la production n’est pas assurée, cela pourrait entraîner une réduction de l’offre et, paradoxalement, une hausse des prix. De plus, la destruction de nourriture pose des questions éthiques et environnementales importantes. La penurie main doeuvre est un problème qui a des répercussions sur toute la chaîne alimentaire.
Existe-t-il des solutions structurelles à la pénurie de main-d’œuvre agricole ?
Les solutions structurelles sont complexes et nécessitent une approche multi-facettes. Cela inclut des politiques d’immigration agricole mieux ciblées, des programmes de formation et de valorisation des métiers agricoles pour attirer les jeunes générations, et des incitations pour améliorer les conditions de travail. Le soutien à l’innovation technologique dans le secteur agricole est également crucial. Des organisations comme HortiTecNews jouent un rôle important dans la diffusion d’informations et de solutions pour relever ces défis.
Les producteurs d’agrumes, bien que découragés par la saison actuelle, gardent espoir pour l’année prochaine, à condition d’obtenir le soutien nécessaire. « À long terme, nous aimerions voir un centre régional qui pourrait desservir au moins cet État (Queensland), mais aussi d’autres États », souhaite Nathan Hancock de Citrus Australia, soulignant l’importance d’une vision stratégique pour surmonter la penurie main doeuvre.




