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Pasteques marocaines : Une analyse approfondie de leur performance sur le marché espagnol.
Les pasteques marocaines ont connu une évolution significative sur le marché espagnol au cours des quatre premiers mois de l’année en cours. La valeur des importations a enregistré une augmentation notable de 27,5 % par rapport à la même période de l’année précédente. Ces données, compilées par la Fédération espagnole des associations de producteurs et d’exportateurs de fruits, légumes, fleurs et plantes vivantes (FEPEX), proviennent du département des douanes et accises, soulignant la vitalité des échanges commerciaux entre le Maroc et l’Espagne dans ce secteur.
La croissance des pasteques marocaines en valeur et en volume sur le marché espagnol
L’analyse des chiffres révèle une tendance haussière constante pour les pasteques marocaines. Entre janvier et avril 2021, la valeur des importations espagnoles a grimpé de 27,5 %, témoignant d’une demande soutenue et d’une perception accrue de la qualité et de la valeur de ces fruits. En parallèle, le volume de ces importations a également progressé de 3 % durant la même période, atteignant 18,015 millions de kilos. Ces volumes ont été acquis auprès du Maroc pour une somme de 16,5 millions d’euros. Le prix moyen au kilo s’est ainsi établi à 0,91 euro. Cette performance contraste fortement avec la fin de campagne à Almeria, où les prix n’ont pas dépassé 0,40 euro par kilo même au plus fort de la production locale.
Si l’on étend l’analyse sur une période plus longue, les cinq dernières années (2016-2020), la tendance se confirme de manière encore plus spectaculaire. Les importations espagnoles de pasteques marocaines ont vu leur volume augmenter de 132 % et leur valeur de 163 %. Ces chiffres impressionnants totalisent 88,57 millions de kilos de fruits pour une valeur de 91,4 millions d’euros. Cette croissance soutenue sur plusieurs années positionne le Maroc comme un fournisseur clé de pasteques pour le marché espagnol, répondant à une demande de plus en plus importante des consommateurs.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte global de pression sur les marchés agricoles. La concurrence internationale s’intensifie, obligeant les producteurs à optimiser leurs coûts et à améliorer la qualité de leurs produits pour rester compétitifs. Les pasteques marocaines, grâce à leurs atouts climatiques et à leur savoir-faire agricole, parviennent à se distinguer, attirant les acheteurs européens.
Les facteurs influençant le prix des pasteques marocaines et la concurrence
Plusieurs facteurs expliquent la différence de prix observée entre les pasteques marocaines importées et celles produites localement en Espagne, notamment en Andalousie (Almeria). L’association Coexphal met en lumière la pression concurrentielle exercée par le Maroc sur les prix des fruits et légumes, y compris la pastèque et le melon de serre. Lorsque les prix sur le marché de gros espagnol tombent en dessous de 0,40 €/kg pour la pastèque et 0,25 €/kg pour le melon, même en pleine saison, cela indique une offre abondante et une concurrence intense. Le mauvais temps en Europe, durant les mois de mai et juin, a également eu un impact négatif sur la consommation, exacerbant cette pression sur les prix.
La différence de prix peut s’expliquer par plusieurs éléments. Premièrement, les conditions climatiques au Maroc, particulièrement favorables à la culture de la pastèque pendant une période plus étendue, permettent une production et une offre plus régulières. Deuxièmement, les structures de coûts de production peuvent différer. Si la demande pour les pasteques marocaines est forte, les producteurs peuvent se permettre d’offrir des prix plus élevés tout en restant compétitifs par rapport à d’autres origines, et en garantissant une certaine marge bénéficiaire. Inversement, les producteurs espagnols se retrouvent parfois contraints de vendre à des prix de déstockage pour écouler leurs stocks face à une offre pléthorique et une demande affaiblie.
Le “coût prix” est un élément crucial dans cette équation. Il englobe l’ensemble des dépenses liées à la production : semences, fertilisants, eau (une ressource de plus en plus coûteuse et rare dans de nombreuses régions), main-d’œuvre, traitements phytosanitaires, ainsi que les coûts énergétiques pour le chauffage des serres, les transports et la logistique. Le “prix de vente” doit impérativement couvrir ces coûts pour assurer la viabilité économique des exploitations. Lorsque la concurrence est forte, soit par une offre pléthorique d’autres pays producteurs, soit par une demande internationale en berne due à des facteurs climatiques ou économiques, le prix de vente peut descendre en dessous du coût de production, entraînant des pertes pour les agriculteurs.
Les alternatives pour les producteurs
Face à cette pression concurrentielle et aux fluctuations des prix, les producteurs doivent envisager des stratégies d’adaptation. L’optimisation des ressources, notamment l’eau et l’énergie, devient primordiale. L’adoption de techniques d’irrigation économes, l’utilisation de serres plus performantes thermiquement, et la diversification des cultures peuvent contribuer à réduire les coûts. La recherche de nouveaux marchés, la valorisation de produits à plus forte valeur ajoutée (variétés spécifiques, labels de qualité, emballages innovants) ou encore le développement de circuits courts, comme la vente directe ou la transformation, peuvent offrir des alternatives pour diversifier les revenus et réduire la dépendance aux marchés de gros traditionnels. Le soutien à la recherche agronomique, comme celui mené par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, peut également jouer un rôle clé dans le développement de pratiques durables et rentables.
L’innovation technique est également un levier essentiel. L’adoption de nouvelles technologies, qu’il s’agisse de systèmes d’irrigation connectés, de drones pour la surveillance des cultures, ou de variétés plus résistantes aux maladies et au stress hydrique, peut améliorer l’efficacité et réduire les pertes. La formation continue des agriculteurs et l’échange de bonnes pratiques, y compris avec des pays comme la Tunisie, où le secteur agricole est également un pilier économique (voir les initiatives du Ministère de l’Agriculture tunisien), permettent de rester à la pointe des évolutions du secteur.
FAQ sur la crise actuelle des prix des pasteques
Pourquoi le prix de la pasteques marocaines est-il souvent plus élevé à l’importation ?
Le prix des pasteques marocaines à l’importation peut être plus élevé en raison de plusieurs facteurs, notamment la qualité perçue, les coûts de transport et de logistique internationaux, les marges des intermédiaires, et la demande spécifique du marché espagnol qui valorise ces fruits. De plus, la période de disponibilité des pasteques marocaines peut coïncider avec une offre locale plus faible, permettant ainsi de maintenir des prix plus stables.
Qu’est-ce que le “prix coût” dans le contexte agricole ?
Le “prix coût” représente l’ensemble des dépenses engagées par un producteur pour cultiver et commercialiser un produit. Cela inclut les intrants (semences, engrais, pesticides), l’eau, l’énergie, la main-d’œuvre, les amortissements des équipements, les assurances, et les frais administratifs. C’est le seuil minimal que le prix de vente doit atteindre pour que l’exploitation soit rentable.
Quel est l’impact du mauvais temps sur la consommation de pasteques ?
Le mauvais temps, particulièrement frais et pluvieux pendant les mois d’été, réduit considérablement l’envie de consommer des fruits rafraîchissants comme la pastèque. Cela entraîne une baisse de la demande, qui, combinée à une offre abondante, fait chuter les prix sur le marché.
Comment les producteurs font-ils face à la concurrence du Maroc ?
Les producteurs font face à la concurrence marocaine en améliorant la qualité de leurs propres productions, en se concentrant sur des variétés à forte valeur ajoutée, en développant des labels de qualité, en optimisant leurs coûts de production grâce à des technologies innovantes (par exemple via des plateformes comme HortiTecNews), et en explorant des canaux de commercialisation alternatifs comme la vente directe ou les circuits courts.
La demande pour les pasteques marocaines va-t-elle continuer à croître ?
La demande pour les pasteques marocaines devrait continuer à croître, portée par la régularité de leur approvisionnement, leur qualité et leur prix compétitif sur le marché international. Les tendances de consommation, qui favorisent les produits frais et sains, jouent également en leur faveur.




