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tomates : une facture d’importation abyssale pour le Nigeria, des solutions émergent.
Le Nigeria, un géant africain aux ressources considérables, se retrouve paradoxalement étranglé par ses importations de tomates. Chaque année, le pays dépense la somme colossale de 1,5 milliard de dollars pour satisfaire sa demande en concentrés de tomates et autres produits dérivés. Cette dépendance, jugée inacceptable par les autorités nigérianes, pousse le gouvernement à agir fermement pour inverser la tendance et renforcer sa production nationale de tomates.
De nouvelles variétés de tomates pour un avenir plus autonome
Face à ce constat alarmant, le Conseil nigérian de développement des matières premières et de la recherche, par l’intermédiaire de son directeur général, le Dr Husaini Ibrahim, a pris des mesures significatives. L’institution s’apprête à introduire dans le pays des variétés améliorées et certifiées de tomates. Ces semences seront distribuées aux associations de producteurs disséminées à travers le territoire nigérian. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à revitaliser la filière tomate au Nigeria. L’objectif est clair : réduire la dépendance vis-à-vis des importations et permettre aux agriculteurs locaux de prospérer grâce à une production plus performante et diversifiée de tomates. La qualité et le rendement de ces nouvelles variétés de tomates promettent d’être un atout majeur dans cette démarche.
Cette volonté de relocalisation de la production de tomates n’est pas isolée. La Banque Centrale du Nigeria a déjà pris des mesures drastiques en cessant d’allouer des devises aux importateurs de ce fruit. Cette décision vise à rediriger les ressources financières vers les agriculteurs nationaux, tout en réalisant des économies substantielles pour le pays. Parallèlement, des acteurs privés majeurs, tels que le milliardaire Aliko Dangote, investissent massivement dans le secteur. La création d’une unité de transformation de tomates à Kano, qui s’annonce comme la plus grande d’Afrique, témoigne de l’ambition de développer une chaîne de valeur intégrée et compétitive pour les tomates.
Une analyse d’Ecobank a récemment souligné le potentiel de ce secteur, affirmant que le moment était particulièrement opportun pour y investir. Malgré son statut de premier producteur de tomates sur le continent africain, le Nigeria peine à répondre à la demande intérieure. Ce décalage entre l’offre et la demande crée une opportunité d’investissement significative pour les acteurs désireux de soutenir le développement de la filière tomate au Nigeria.
Le marché mondial des tomates sous pression et les défis agronomiques
La situation nigériane n’est qu’un reflet des pressions que subit le marché mondial des tomates. Les changements climatiques, avec leurs conséquences sur la disponibilité de l’eau et la recrudescence des événements météorologiques extrêmes, rendent la culture des tomates de plus en plus précaire dans de nombreuses régions. Le stress hydrique est un défi majeur, obligeant les agriculteurs à adopter des techniques d’irrigation plus efficientes, souvent coûteuses. De plus, l’augmentation des coûts des intrants agricoles – fertilisants, pesticides, carburant pour les machines – impacte directement la rentabilité de la production. Ces contraintes agronomiques et économiques poussent les producteurs à chercher des variétés plus résistantes et moins gourmandes en ressources, tout en optimisant leurs coûts de production pour que le prix des tomates reste abordable.
Comprendre la dynamique du “coût de revient” et du “prix de vente” dans la filière tomates
La problématique des importations massives de tomates au Nigeria est intrinsèquement liée à la dynamique entre le coût de revient d’une production locale et le prix de vente des produits importés. Le coût de revient comprend toutes les dépenses engagées par un agriculteur pour produire une tonne de tomates : semences, fertilisants, eau, main-d’œuvre, énergie pour le travail du sol et la récolte, transport, assurances, et même l’amortissement du matériel agricole. Dans un pays comme le Nigeria, où l’infrastructure peut être déficiente et les coûts logistiques élevés, ce coût de revient peut être significativement plus important que dans d’autres régions du monde, où les économies d’échelle et l’accès facilité aux intrants réduisent ces charges. Lorsque le coût de revient local est supérieur au prix auquel les tomates importées peuvent être acquises sur le marché mondial (souvent subventionnées ou produites dans des conditions de coût plus bas), les importateurs ont un avantage économique. Le gouvernement nigérian cherche donc à réduire ce coût de revient local par des mesures de soutien à l’agriculture et à la recherche, afin de rendre la production nationale de tomates plus compétitive. L’objectif est que le prix de vente final des tomates produites au Nigeria soit compétitif face aux importations, garantissant ainsi la souveraineté alimentaire du pays.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux défis actuels, les producteurs de tomates nigérians peuvent explorer plusieurs pistes pour améliorer leur situation. L’adoption de variétés de tomates plus résistantes aux maladies et aux conditions climatiques difficiles est primordiale. L’accès à des programmes de formation sur les bonnes pratiques agricoles, l’irrigation de précision et la gestion des sols peut également améliorer significativement les rendements et réduire les pertes. L’adhésion à des coopératives ou à des associations de producteurs permet de mutualiser les ressources, de négocier de meilleurs prix pour les intrants et d’accéder plus facilement aux marchés. Le développement de circuits de commercialisation courts et la transformation des produits (purées, sauces, produits séchés) peuvent également offrir des débouchés plus rémunérateurs et réduire la dépendance aux fluctuations du marché des tomates fraîches. L’investissement dans des technologies adaptées, comme les serres ou les systèmes de contrôle de l’environnement, bien que représentant un coût initial, peut assurer une production plus stable et de meilleure qualité tout au long de l’année.
FAQ sur la crise actuelle des tomates
Pourquoi le prix des tomates augmente-t-il ?
Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation du prix des tomates : des conditions climatiques défavorables affectant la production, une hausse des coûts des intrants agricoles (engrais, carburant), des problèmes logistiques et de transport, une demande accrue et, dans certains cas, une spéculation sur les marchés. Ces éléments se combinent pour rendre la production plus coûteuse et donc le prix de vente plus élevé.
Comment le Nigeria peut-il réduire sa dépendance aux importations de tomates ?
Le Nigeria peut réduire sa dépendance en investissant dans la recherche et le développement de variétés de tomates plus performantes et résistantes, en soutenant les agriculteurs locaux par des subventions et un accès facilité au crédit, en améliorant les infrastructures agricoles et logistiques, et en encourageant la transformation locale des tomates pour créer de la valeur ajoutée.
Quelle est l’importance de la recherche agronomique pour la filière tomates ?
La recherche agronomique est cruciale pour développer des variétés de tomates adaptées aux conditions locales, résistantes aux maladies et aux stress environnementaux, et offrant de meilleurs rendements. Elle permet également de proposer des solutions innovantes pour optimiser l’utilisation des ressources, notamment l’eau, et de réduire l’empreinte écologique de la culture.
Quel rôle les organisations internationales jouent-elles dans le soutien à la production de tomates ?
Des organisations comme l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) soutiennent souvent les pays en développement dans l’amélioration de leurs filières agricoles, y compris celle des tomates. Cela peut passer par des transferts de technologie, des formations, des projets de recherche ou des programmes d’aide alimentaire, contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire et l’autonomie des nations.
Pour des informations plus spécifiques sur le contexte nigérian et ses initiatives, le travail du Conseil nigérian de développement des matières premières et de la recherche est une référence clé. L’avenir de la production de tomates au Nigeria dépendra de la synergie entre les politiques gouvernementales, les innovations technologiques et l’engagement des producteurs, avec des plateformes comme HortiTecNews qui relaient ces avancées.




