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Pesticides : une révolution naturelle s’annonce ! Face aux défis croissants de l’agriculture moderne, la recherche innove pour proposer des solutions plus respectueuses de l’environnement. Le centre national de technologie d’Estrémadure (CTAEX), en collaboration avec la société EAL, a récemment dévoilé les résultats prometteurs d’une étude visant à développer des pesticides à base de produits naturels. Ce projet européen, baptisé « LIFE + Savecrops », explore l’utilisation des déchets issus de cultures courantes comme l’ail, le brocoli, le chou-fleur, ainsi que du lactosérum, un sous-produit de la fabrication du fromage, pour créer des ingrédients actifs aux propriétés biocides. L’objectif ? Offrir aux agriculteurs des alternatives efficaces pour lutter contre un large éventail d’agents phytopathogènes, réduisant ainsi la dépendance aux produits chimiques de synthèse.
De nouveaux pesticides pour une agriculture durable
Le marché mondial des pesticides est sous tension. Les préoccupations croissantes concernant la santé humaine et l’impact environnemental des produits phytosanitaires conventionnels poussent les autorités et les consommateurs à exiger des pratiques agricoles plus durables. L’Union Européenne, par exemple, a mis en place des réglementations strictes visant à réduire l’utilisation des pesticides les plus dangereux. Cette pression réglementaire, couplée à une sensibilisation accrue du public aux questions écologiques, crée une demande forte pour des alternatives plus vertes. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet « LIFE + Savecrops ». Il ne s’agit pas simplement de trouver de nouveaux produits, mais de repenser l’ensemble du cycle de vie des intrants agricoles, en valorisant les ressources souvent considérées comme des déchets. L’initiative du CTAEX et de EAL illustre parfaitement cette tendance, en transformant des sous-produits agricoles en précieux alliés pour la protection des cultures.
Les défis agronomiques auxquels sont confrontés les producteurs sont multiples. Outre la pression des maladies et des ravageurs, ils doivent composer avec la gestion de l’eau, de plus en plus précieuse, et la volatilité des coûts des intrants. Les engrais et les pesticides conventionnels représentent une part significative des dépenses d’exploitation. L’augmentation des prix de ces produits, souvent liés aux fluctuations des marchés mondiaux de l’énergie et des matières premières, peut mettre à mal la rentabilité des exploitations. Le projet « LIFE + Savecrops » répond indirectement à cette problématique en proposant des solutions potentiellement plus abordables, issues de ressources locales et renouvelables. La recherche d’une capacité biocide à partir de déchets permet de réduire la dépendance aux marchés internationaux et de stabiliser les coûts de production pour les agriculteurs.
Le processus développé par les chercheurs est particulièrement ingénieux. Après avoir identifié les agents pathogènes ciblés, une méthode d’extraction et de développement a été mise au point. Cette méthode est conçue pour être applicable directement sur le terrain, offrant une flexibilité précieuse aux agriculteurs. Les essais ont déjà été menés avec succès sur des cultures clés telles que la tomate, les oliviers et la vigne, démontrant ainsi la polyvalence de ces nouveaux pesticides naturels. La capacité à contrôler un large spectre d’agents phytopathogènes à partir d’ingrédients dérivés de l’ail, du brocoli et du lait est une avancée majeure. Cela ouvre la voie à une réduction significative de l’utilisation des pesticides chimiques, avec tous les bénéfices que cela implique pour l’environnement, la biodiversité et la santé des consommateurs.
L’intégration de ces travaux dans le cadre du projet européen « LIFE + Savecrops » souligne l’importance stratégique de ces recherches à l’échelle continentale. Les résultats ont été officiellement présentés le 10 septembre à l’office espagnol de la science et de la technologie (SOST), une plateforme reconnue pour la diffusion des innovations scientifiques et technologiques. Cette communication permet de partager les avancées avec la communauté scientifique et les professionnels du secteur, favorisant ainsi leur adoption et leur développement ultérieur. Il est essentiel de noter que ces recherches s’alignent sur les objectifs de développement durable promus par des organisations internationales telles que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui milite pour des systèmes alimentaires plus résilients et écologiques.
Les alternatives pour les producteurs
Face à l’évolution du marché et aux exigences croissantes en matière de durabilité, les agriculteurs sont à la recherche d’alternatives viables aux pesticides conventionnels. Les solutions développées dans le cadre du projet « LIFE + Savecrops » représentent une voie prometteuse. L’utilisation d’ingrédients issus de l’ail, du brocoli et du lactosérum offre un potentiel de protection des cultures tout en valorisant des sous-produits agricoles. Ces approches s’inscrivent dans une démarche d’économie circulaire, où les déchets d’une filière deviennent les ressources d’une autre. L’innovation ne s’arrête pas là. D’autres pistes sont explorées, comme l’utilisation de biopesticides à base de micro-organismes (bactéries, champignons), d’extraits de plantes spécifiques, ou encore le recours à des auxiliaires de culture qui combattent naturellement les ravageurs. Les pratiques culturales elles-mêmes évoluent, avec un intérêt croissant pour l’agriculture de précision, la gestion intégrée des ravageurs (IPM) et l’agroécologie, qui visent à optimiser l’utilisation des intrants et à renforcer la résilience des écosystèmes agricoles. Pour les producteurs tunisiens, par exemple, s’informer sur les directives du Ministère de l’Agriculture et suivre les innovations locales et internationales est crucial pour s’adapter à ces nouvelles exigences.
La dynamique entre le coût de production et le prix de vente est un élément central dans la décision d’adoption de nouvelles technologies ou de nouveaux produits par les agriculteurs. Les pesticides conventionnels ont souvent un coût de production relativement élevé, dicté par les processus de synthèse chimique, les réglementations complexes et les coûts des matières premières. Cependant, leur efficacité reconnue et leur facilité d’application ont historiquement justifié leur prix de vente, qui reste un poste de dépense important pour les exploitations. L’enjeu pour les nouveaux pesticides naturels est double : d’une part, il faut que leur coût de production soit compétitif, en tirant parti de la valorisation des déchets. D’autre part, leur prix de vente doit être perçu comme justifié par leur efficacité et les bénéfices qu’ils apportent, qu’ils soient environnementaux, sanitaires ou même économiques à long terme (par exemple, en préservant la fertilité des sols). La recherche d’un équilibre optimal entre ces deux facteurs est essentielle pour le succès de ces innovations. La diffusion de tels produits, potentiellement à travers des plateformes comme HortiTecNews, jouera un rôle clé dans leur adoption par le grand public et les professionnels du secteur.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix des pesticides augmente-t-il ?
L’augmentation du prix des pesticides est généralement due à plusieurs facteurs interdépendants. Premièrement, les coûts des matières premières nécessaires à leur fabrication, souvent dérivés du pétrole, peuvent fluctuer considérablement. Deuxièmement, les processus de production chimique sont énergivores, et donc sensibles à la hausse des prix de l’énergie. Troisièmement, les réglementations environnementales et sanitaires de plus en plus strictes imposent des contraintes coûteuses en matière de recherche, de développement et de production. Enfin, la demande mondiale et les aléas géopolitiques peuvent également influencer les prix.
Quelles sont les alternatives aux pesticides chimiques traditionnels ?
Il existe plusieurs catégories d’alternatives aux pesticides chimiques. On trouve les biopesticides (à base de micro-organismes, d’extraits de plantes), les auxiliaires de culture (insectes ou acariens prédateurs), ainsi que des méthodes de lutte physique ou mécanique. L’agroécologie et les pratiques culturales raisonnées, comme la rotation des cultures, l’utilisation d’engrais verts, et la gestion intégrée des ravageurs, visent également à réduire la dépendance aux pesticides.
Comment ces nouveaux pesticides issus de l’ail et du brocoli sont-ils fabriqués ?
Ces nouveaux pesticides sont développés à partir des déchets de cultures comme l’ail, le brocoli, le chou-fleur, et du lactosérum issu de la production laitière. Un procédé industriel d’extraction est utilisé pour isoler les composés ayant une capacité biocide. Ces extraits sont ensuite formulés pour pouvoir être appliqués sur le champ, offrant une solution naturelle pour le contrôle des maladies des plantes.
Quel est l’intérêt du projet européen « LIFE + Savecrops » ?
Le projet « LIFE + Savecrops » vise à développer et à tester des solutions innovantes et durables pour la protection des cultures. Il s’inscrit dans une démarche de réduction de l’utilisation des pesticides chimiques, en valorisant les sous-produits agricoles pour créer des ingrédients actifs naturels. L’objectif est de proposer aux agriculteurs des alternatives efficaces, économiques et respectueuses de l’environnement, contribuant ainsi à une agriculture plus résiliente.




