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en marche : Au cœur de l’Afrique, le Nigéria vient de franchir une étape capitale dans sa quête d’autosuffisance alimentaire et de développement industriel. La plus grande unité de transformation de tomates du continent africain, située dans l’État de Kano, est officiellement entrée en fonctionnement ce lundi 15 mars. Cet événement marque la concrétisation d’un projet ambitieux, mûri durant cinq années, dont l’objectif principal est de réduire drastiquement la dépendance du pays à l’importation de pâte de tomate, une dépendance qui pèse lourdement sur sa balance commerciale. L’investissement colossal de 20 millions de dollars injecté dans cette infrastructure témoigne de la volonté du Nigéria de maîtriser sa chaîne de valeur agricole et de transformer ses vastes ressources naturelles en produits à forte valeur ajoutée.
La nouvelle ère de la production de tomate au Nigéria est enfin en marche
Cette nouvelle usine, d’une capacité de production impressionnante de 430 000 tonnes par an, est stratégiquement implantée à proximité de vastes champs irrigués s’étendant sur 170 000 hectares. L’approvisionnement en matière première est assuré par un réseau de 50 000 fermiers locaux, un maillage qui promet de dynamiser l’économie rurale et d’offrir de nouvelles perspectives aux agriculteurs. Selon les déclarations d’Abdulkareem Kaita, directeur exécutif de Dangote Farms Ltd, l’engagement auprès des agriculteurs locaux est une priorité absolue. L’unité de transformation vise à les accompagner dans l’amélioration de leurs rendements, grâce à un accès facilité à des infrastructures modernes, et surtout à réduire les pertes post-récolte, un fléau qui a longtemps entravé le potentiel agricole du pays. La Banque Centrale du Nigéria, consciente des enjeux, a également joué un rôle crucial en facilitant l’accès au crédit pour les agriculteurs, leur permettant ainsi d’acquérir des semences de qualité et des intrants essentiels.
Le Nigéria se positionne d’ores et déjà parmi les premiers producteurs mondiaux de tomates, avec une production annuelle avoisinant les 1,5 million de tonnes. Cependant, malgré ce potentiel considérable, le pays a longtemps été contraint d’importer son concentré de tomate, principalement en provenance de Chine. Cette situation paradoxale souligne le besoin criant d’unités de transformation performantes capables de valoriser cette production locale. L’entrée en service de cette nouvelle usine devrait ainsi inverser la tendance, permettant au Nigéria de satisfaire sa demande intérieure et, potentiellement, de se positionner comme un exportateur de pâte de tomate transformée. Le marché mondial de la tomate transformée est en constante évolution, marqué par une demande croissante des pays émergents et par des pressions sur les chaînes d’approvisionnement globales. L’initiative nigériane s’inscrit donc dans un contexte favorable pour capter une part de ce marché dynamique.
Les défis et opportunités de l’industrie agroalimentaire en marche
L’implémentation d’une telle unité industrielle ne se fait pas sans défis. Les défis agronomiques, notamment la gestion de l’eau dans un contexte de stress hydrique potentiel et l’optimisation des coûts des intrants agricoles, restent des préoccupations majeures pour assurer une production durable et compétitive. La volatilité des prix des semences, des engrais et des produits phytosanitaires peut impacter directement le coût de production. Il est essentiel pour les agriculteurs de pouvoir bénéficier de conseils techniques et d’un accompagnement pour adopter des pratiques culturales efficientes et résilientes face aux aléas climatiques. L’innovation dans les techniques d’irrigation, l’utilisation de variétés de tomates adaptées aux conditions locales et la diversification des sources d’approvisionnement en intrants sont autant de leviers pour améliorer la rentabilité. La collaboration avec des institutions internationales telles que l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) peut apporter un soutien précieux dans ces domaines.
Sur le plan économique, la dynamique entre le “coût prix” et le “prix de vente” est un élément clé de la viabilité de l’industrie. Le coût prix englobe toutes les dépenses engagées pour produire la tomate : achat de semences, fertilisants, eau, main-d’œuvre, transport, assurance, et amortissement des équipements. L’efficacité opérationnelle de l’usine de transformation, sa capacité à minimiser les pertes, à optimiser la consommation d’énergie et à gérer sa logistique, impacte directement ce coût prix. Le prix de vente, quant à lui, est déterminé par l’offre et la demande sur les marchés nationaux et internationaux, la qualité du produit fini, et la stratégie commerciale de l’entreprise. Dans un marché où la concurrence des importations peut être forte, comme celle de la Chine, il est crucial que le coût prix soit suffisamment bas pour permettre une compétitivité du prix de vente. La mise en place de mécanismes de stabilisation des prix ou de soutien à la production locale peut aider à équilibrer cette équation.
Le Nigéria en marche vers l’autosuffisance et l’exportation
Cette nouvelle usine représente un pas de géant pour le Nigéria, non seulement en termes de souveraineté alimentaire, mais aussi en matière de création d’emplois et de développement économique. En transformant localement ses tomates, le pays réduira ses sorties de devises liées aux importations et pourra potentiellement générer des revenus supplémentaires grâce à l’exportation de produits transformés. Le succès de ce projet dépendra de sa capacité à maintenir une production de tomates de qualité constante, à innover dans ses procédés de transformation et à conquérir de nouveaux marchés. La collaboration entre le secteur public et le secteur privé, ainsi que l’implication continue des agriculteurs, seront essentielles pour pérenniser cette dynamique positive. Le Nigéria est désormais en marche pour transformer son agriculture et sa place dans l’économie mondiale.
Les alternatives pour les producteurs
Face aux fluctuations du marché et aux défis de production, les agriculteurs nigérians disposent de plusieurs pistes pour diversifier leurs revenus et assurer leur prospérité. L’une des plus prometteuses est l’intégration dans les chaînes de valeur à plus forte valeur ajoutée. L’exemple de la nouvelle usine de transformation de Kano est une illustration parfaite de cette tendance. En s’associant avec de telles structures, les producteurs peuvent sécuriser des débouchés pour leur production et bénéficier de contrats d’approvisionnement stables. Par ailleurs, le développement de coopératives agricoles peut renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs, leur permettant d’obtenir de meilleurs prix et de mutualiser les coûts d’achat d’intrants et de vente de leurs produits. La diversification des cultures est également une stratégie clé pour réduire la dépendance à un seul produit et limiter les risques. La formation continue sur les techniques agricoles innovantes, l’utilisation de semences à haut rendement et la gestion des maladies des plantes, notamment grâce aux conseils d’experts ou aux plateformes comme HortiTecNews, sont indispensables pour maintenir une compétitivité accrue.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la pâte de tomate transformée peut-il augmenter ?
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à une augmentation du prix de la pâte de tomate transformée. Les variations climatiques peuvent affecter le rendement des récoltes de tomates, entraînant une rareté de la matière première et donc une hausse de son coût. Les coûts des intrants agricoles, tels que les engrais, les semences et l’eau, peuvent également augmenter. Les coûts énergétiques pour le fonctionnement des usines de transformation, ainsi que les coûts de transport et de logistique, jouent un rôle significatif. Enfin, la demande accrue sur les marchés nationaux et internationaux, combinée à une offre limitée, peut exercer une pression haussière sur les prix.
Quels sont les principaux défis pour les producteurs de tomates au Nigéria ?
Les producteurs de tomates au Nigéria font face à plusieurs défis majeurs. Parmi eux, on retrouve l’accès limité à des intrants de qualité (semences améliorées, engrais, pesticides efficaces et abordables), les aléas climatiques (sécheresses, inondations), le manque d’infrastructures d’irrigation adéquates, et les pertes post-récolte considérables dues à un manque d’installations de stockage et de transformation appropriées. La volatilité des prix sur les marchés et la concurrence des produits importés peuvent également rendre la production moins rentable.
Comment l’usine de Kano va-t-elle impacter l’économie locale ?
L’entrée en production de la plus grande unité de transformation de tomates en Afrique à Kano est susceptible d’avoir un impact économique profond et positif. Elle va créer des milliers d’emplois directs et indirects, allant de la culture de la tomate à la production industrielle, en passant par la logistique et la distribution. Elle va stimuler l’économie rurale en offrant des débouchés stables aux 50 000 fermiers partenaires. De plus, en réduisant la dépendance aux importations, l’usine contribuera à économiser des devises étrangères pour le Nigéria et à améliorer sa balance commerciale. Elle stimulera également le développement d’industries connexes, telles que la fabrication d’emballages.




