
Mobilisation des français pour sauver l’agriculture nationale
29 April 2020
Les surfaces 2020 de melons en baisse partout, en particulier en France
30 April 2020
myrtille culture : l’insécurité plane sur le marché, une situation préoccupante pour les producteurs et les consommateurs.
Le marché de la myrtille, un fruit de plus en plus populaire, traverse actuellement une période d’une grande fragilité. Fred Douven, un acteur majeur du secteur chez AbbGrowers de Horst, tire la sonnette d’alarme. L’une des causes principales de cette instabilité réside dans la pénurie de main-d’œuvre chez les producteurs, que ce soit en Espagne ou au Maroc. Cette raréfaction des bras disponibles affecte directement la disponibilité des fruits sur le marché, rendant la planification des programmes de livraison et de commercialisation extrêmement complexe et incertaine.
La saison chilienne s’est achevée ce printemps dans des conditions jugées satisfaisantes. Cependant, l’arrivée soudaine du Coronavirus a eu un impact dévastateur sur les saisons espagnole et marocaine. Face à une telle crise sanitaire et économique, les producteurs ayant des cultures diversifiées, telles que les fraises et les myrtilles, ont été contraints de faire des choix stratégiques. Ils ont tendance à privilégier la culture qui, à ce moment précis, offre le meilleur retour sur investissement. Parallèlement, le coût du transport a connu une augmentation significative, bien que Fred Douven note une relative stabilisation de ces tarifs actuellement. Cette volatilité des coûts logistiques ajoute une couche supplémentaire d’incertitude à une chaîne d’approvisionnement déjà sous tension.
Les défis de la myrtille culture face à la demande croissante
Il est crucial de souligner que le problème ne vient pas d’une faible demande. Au contraire, la demande en myrtilles est actuellement très forte. Les statistiques de consommation montrent une appétence croissante pour ce super-aliment riche en antioxydants. Chaque semaine, des myrtilles sont proposées sur les étals de vente dans tous les pays du nord-ouest de l’Europe. Néanmoins, l’incertitude généralisée sur le marché rend la planification de promotions commerciales particulièrement ardue. Comment lancer des campagnes marketing percutantes lorsque l’on ne peut garantir la disponibilité des stocks ? Cette impossibilité de planifier influence directement la stratégie des distributeurs et des détaillants.
Face à ces contraintes, Fred Douven anticipe une augmentation continue des prix des myrtilles. Bien que les tarifs soient actuellement jugés raisonnables, l’instabilité du marché et les difficultés d’approvisionnement sont susceptibles de faire grimper les coûts. L’ensemble du marché de la myrtille culture s’est transformé en une sorte de marché au comptant, où les transactions se font au jour le jour, sans visibilité à long terme. À cela s’ajoutent les aléas climatiques. La météo en Espagne, par exemple, n’a pas été favorable ces derniers temps, impactant négativement les rendements et la qualité des fruits.
La gestion de la myrtille culture exige une attention constante aux détails agronomiques et aux conditions externes. Les défis ne se limitent pas à la main-d’œuvre. Le stress hydrique, de plus en plus fréquent dans de nombreuses régions productrices, impose des stratégies d’irrigation optimisées et, potentiellement, des investissements coûteux dans des technologies d’économie d’eau. De plus, l’augmentation des coûts des intrants, qu’il s’agisse des engrais, des produits phytosanitaires ou des matériaux d’emballage, pèse lourdement sur les marges des producteurs. Ces facteurs combinés rendent la rentabilité de la myrtille culture plus précaire que jamais.
La dynamique du coût de revient face au prix de vente
La relation entre le coût de revient d’un produit et son prix de vente est au cœur de la problématique actuelle de la myrtille culture. Le coût de revient englobe toutes les dépenses engagées par le producteur, de la plantation à la récolte, en passant par l’entretien des cultures, la fertilisation, la protection contre les maladies et ravageurs, la gestion de l’eau, la main-d’œuvre et le conditionnement. La crise actuelle a vu une envolée de plusieurs de ces composantes : le coût de la main-d’œuvre augmente en raison de sa rareté, les coûts de transport grimpent, et l’énergie nécessaire aux serres ou aux systèmes d’irrigation devient plus onéreuse. Lorsque ces coûts augmentent drastiquement, le prix de vente doit suivre pour que l’exploitation reste viable. Cependant, le marché, influencé par l’offre et la demande, ne permet pas toujours de répercuter intégralement ces hausses. La crainte est donc de se retrouver dans une situation où le prix de vente est inférieur au coût de revient, entraînant des pertes financières pour les agriculteurs. Cette dynamique fragile met en péril la pérennité de nombreuses exploitations spécialisées dans la myrtille culture.
L’approvisionnement mondial et les enjeux de la myrtille culture
Actuellement, l’approvisionnement en myrtilles dépend encore largement des pays situés dans l’hémisphère sud. La société AbbGrowers, comme mentionné, prévoit de prolonger la saison des fruits rouges dès la semaine 23 avec l’arrivée des baies de Serbie, suivies par les productions hollandaises et polonaises. L’espoir est sincère que ces nouvelles régions ne connaîtront pas les mêmes difficultés de récolte. Les défis logistiques et climatiques peuvent frapper n’importe quelle région productrice. L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) s’inquiète régulièrement de la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement agroalimentaires mondiales face aux crises sanitaires, économiques et climatiques. Une meilleure résilience est nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire et économique des producteurs partout dans le monde. Les programmes de développement agricole, comme ceux menés par le Ministère de l’Agriculture dans certains pays, visent à diversifier les cultures et à renforcer les pratiques durables pour mieux anticiper ces chocs.
Quand la myrtille culture rencontre des obstacles
L’ensemble du marché de la myrtille culture est donc dans une situation délicate. Fred Douven exprime une préoccupation légitime quant à la suite des événements. Les aléas climatiques en Espagne ne font qu’aggraver une situation déjà tendue. L’incertitude règne, rendant la visibilité sur le marché quasi nulle. Cela a des répercussions directes sur la planification des campagnes promotionnelles, un levier essentiel pour stimuler la consommation et écouler les volumes. Les prix, actuellement à un niveau jugé raisonnable par certains observateurs, sont sous la menace d’une hausse significative due à ces facteurs combinés.
Les alternatives pour les producteurs
Face à ces difficultés, certains producteurs de myrtille culture explorent diverses stratégies. La diversification des cultures reste une option privilégiée pour réduire le risque. L’exploration de nouveaux marchés, moins touchés par ces problématiques spécifiques, est également envisagée. L’investissement dans des technologies agricoles de pointe, permettant d’optimiser l’utilisation des ressources et de réduire la dépendance à la main-d’œuvre, gagne en importance. Enfin, la coopération entre producteurs, que ce soit au sein de coopératives ou d’associations, permet de mutualiser les risques, de négocier de meilleurs tarifs d’achat et de vente, et de partager les bonnes pratiques.
FAQ sur la crise actuelle
Pourquoi le prix de la myrtille culture augmente-t-il ?
Plusieurs facteurs expliquent cette hausse : une pénurie de main-d’œuvre dans les principaux pays producteurs (Espagne, Maroc), une augmentation des coûts de transport, des aléas climatiques qui affectent les rendements, et une demande toujours forte. L’ensemble de ces éléments crée une pression haussière sur les prix.
La pénurie de main-d’œuvre est-elle un problème nouveau pour la myrtille culture ?
Si la disponibilité de main-d’œuvre a toujours été un enjeu pour les cultures fruitières exigeant de nombreuses heures de travail manuel, la crise actuelle a exacerbé cette difficulté, notamment en raison des restrictions liées à la pandémie et à une migration de travailleurs.
Que peut faire le consommateur face à cette situation ?
Le consommateur peut chercher à acheter local lorsque cela est possible, privilégier les circuits courts, et être informé de la saisonnalité des fruits. Comprendre les raisons de la hausse des prix peut également encourager une consommation plus consciente et responsable.




